A LA MER
Au moment où William allait se précipiter pour sauver Laly, le boute-hors remonta rapidement, et le frappant à son tour sur lesjambes, l’envoya tomber par-dessus les épaules de Ben, dans le coffre ouvert devant lequel le marin était agenouillé.
En entendant le cri de William et le clapotement de l’eau produit par la chute de la petite Portugaise, Ben fit un rapide effort pour se relever ; mais il retomba abasourdi parle choc du mousse sur son dos.
— Qu’est-ce qu’il y a, garçon? qui est à l’eau? Ce n’est pas vous, je suppose?
— Oh ! Ben, cria le jeune homme en essayant de Jortir de la caisse, secourez-lal secourez-lal
Un rapide coup d’œil jeté sur le radeau fit comjrendre au marin ce qui se passait.
Et le remous de l’eau lui montrait la place où Laly ' était tombée.
Le brave homme n’avait pas besoin de celte prière ; d’un bond, il se jeta par-dessus le bord. La jeune fille était déjà remontée à la surface de l’eau qu’elle battait de ses petites mains ; malheureusement la chute de William avait fait perdre un temps précieux. Prévenu quelques secondes plus tôt, il n’eût fallu à Ben qu’une vingtaine de brassées pour atteindre l’enfant, tandis que durant le court intervalle qui s’était passé, le radeau avait fait ün chemin assez considérable.
Cependant tout pouvait étrô réparé, si la jeune fille parvenait à se maintenir sur l’eau ; mais ne sachant pas nager, elle était à chaque instant menacée de couler.
Ben se dirigea vers elle de toute la force de ses membres musculeux.
Pendant ce temps, William s’était remis de son étourdissement ; il se hâta de sortir de la caisse, courut à l’arrière du Catamaran , monta vivement sur la tonne de la proue et s’y mit à califourchon, regardant tour à tour, dans une agitation fiévreuse, Laly et le capitaine.
Boule*de-Neige dormait toujours ; Ben nageait en
silence, tandis que les cris de l’enfant devenaient de
plus en plus faibles.
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