‹ William le MousseChapitre 28 sur 78 · SOUS LE VENT · texte numérisé non relu

SOUS LE VENT

Ils n’avaient pas fait beaucoup de chemin qu’une nouvelle exclamation de Laly leur fit suspendre leurs mouvements.

— Quoi est-ce, enfant? demanda le noir en dressant l’oreille, être le Catamaran?

— Non, seulement une tonne flottant sur l’eau.,

— Quelle sorte? vous pouvoir dire peut-être.

— Je pense que c’est une de celles que vous avez attachées au radeau; je vois les cordes.

— C’est ma foi vrai, fit Ben qui s’était soulevé et venait d'apercevoir la nouvelle épave, voici encore un tour de William ; il a coupé les cordes et nous l’envoie au cas nous n’aurions pas rencontré la caisse. Ce garçon est prudent; brave petit!

— Nous bien faire de nager vers le tonneau ; cela ne pas nuire que de l’avoir aussi ; si le vent souffler, la caisse pas beaucoup secours pour nous ; lui, juste ce que falloir.

— Vous avez raison, Boule-de-Neige.

Cinq minutes après, les marins étaient près du tonneau, bien reconnaissable à ses cordes comme l’un de ceux attachés au Catamaran. Ben vit au premier coup d’oail que ces cordes avaient été coupées à l’aide d’un couteau ou de quelque autre instrument tranchant et pour ainsi dire hachées*

— Ah I je ne me trompais pas : brave petit William ! Ilourrah pour lui! s’écria Ben.

— Du calme I fit le nègre. Vous tenir la caisse pendant que moi grimper sur la tonne pour tâcher de découvrir quelque chose.

— Bien dit, noiraud, répondit le capitaine, faites !

Le Coroman dégagea son bras de Danse de cuir, et après quelques efforts, parvint à son but.

Il fallait une grande adresse pour empêcher l’épave de rouler ou d’enfoncer, mais Boule-de-Neige excellait dans la gymnastique aquatique, et presque aussitôt il se trouva balancé sur son siège, jetant un regard perçant à l’horizon.

Le marin avait suivi les mouvements de non camarade avec un vif intérêt; il s’attendait à une bonne nouvelle,, aussi ne fut-il pas extrêmement

surpris d’une exclamation joyeuse du Coroman.

— Le radeau I le radeau! cria-t-il avec une sorte de délire.

— Où, demanda Ben, sous le vent?

— Juste.

— Et à quelle distance? à quelle distance?

— A trois ou quatre encâblures au plus.

— Que pensez-vous que nous devions faire maintenant?

— Le mieux est d’essayer de l’atteindre. Comme vous dire, la voile être à bas, et le radeau pas aller plus vite qu’un tronc d’acajou par un calme des tropiques ; avec l’aide du garçon qui devoir ramer vers nous, nous le rattraper bientôt.

— Vous croyez pouvoir arriver jusqu’à lui, camarade?

— Moi être certain. Vous rester ici avec la fillette, vous retenir à la caisse, et ne rien craindre, moi bientôt ramener le Catamaran; pas être long à regagner le bord !

Et le nègre donna une poussée à la tonne, puis un dernier avertissement au marin pour l’engager à se maintenir d’ans la direction où il se trouvait, et allongeant ses membres nerveux de toute leur longueur, il s’éloigna en reniflant comme quelque robuste cétacé de la tribu des mysticeti.

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