‹ William le MousseChapitre 30 sur 78 · RETOUR AU RADEAU · texte numérisé non relu

RETOUR AU RADEAU

Dès que William eut reconnu ses compagnons, il abandonna le mdt afin de ne rien négliger pour leur porter secours ; ayant pris la rame, il recommença à pagayer, espérant mener le Catamaran contre le vent : chaque brasse qu’il gagnait était un effort de moins pour ses amis, et, dans l’état de fatigue et d’épuisement où ils se trouvaient, c’était leur sauver la vie.

Le mousse, soutenu par cette pensée, ramait avec énergie ; heureusement la brise devenait de plus en plus douce, et poussait le radeau dans la direction qu’il désirait lui faire prendre.

Au bout de quelques minutes, il eut la satisfaction de voir les deux épaves se rapprocher de plus en

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plus des naufragés ; évidemment la caisse, qui se trouvait en avant, avait dû être rencontrée par eux; en effet il aperçut bientôt Laly couchée sur le couvercle, et plus bas, de chaque côté, ses deux compagnons.

William jugea dès lors ses amis sauvés ; car la distance qui le séparait d’eux diminuait à vue d’œil ; il reprit la rame avec courage et s’en servit sans lever les yeux. Quelle fut sa surprise, en les relevant, de ne plus voir que la tête de Ben et celle de Laly, aisément reconnaissables à leurs cheveux longs et plats. Qu’était devenu Boule-de-Neige ?

Celte disparition subite inquiétait William qui se demandait si le pauvre noir n’avait pas coulé, lorsqu’il le vit à cheval sur la tonne, un peu en avant des autres naufragés.

Le mousse ramait depuis quelque temps, quand tout à coup une exclamation se fit entendre près du radeau. Quelle fut sa joie en apercevant la face noire du Coroman ! Il roulait des yeux effarés, aussi blancs que l’écume qui dégouttait de ses oreilles et de ses lèvres épaisses.

— Par ici ! dit-il, lorsqu’il fut assez près pour être entendu, ramez vers moi, William, je n’en peux plus ; encore un peu et je coule !

Cet appel désespéré donna une nouvelle force au mcusse, et après quelques secondes, Boule-de-Neige, aidé par lui, se retrouvait à bord du Catamaran.

Sans perdre un instant le noir prit la secondu rame, et imprima une telle rapidité au radeau qu’il rejoignit presque immédiatement la caisse.

Et les trois naufragés furent enfin en sûreté, après avoir échappé à une mort qui paraissait infaillible I

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