‹ William le MousseChapitre 39 sur 78 · DÉCOURAGEMENT · texte numérisé non relu

DÉCOURAGEMENT

Une fois revenus de la surprise causée par ces différents incidents, les marins s’occupèrent de visiter leur radeau, afin de s’assurer qu’aucun dommage ne résultait de la forte secousse qu’il avait reçue.

La planche percée par l’épée était intacte, à l’exception du trou dans lequel la lame restait solidement enfoncée, et ils n’essayèrent point de l’en extraire, sa présence ne pouvant en aucune façon compromettre la sûreté du Catamaran.

Us rejetèrent ensuite leurs lignes à la mer, mais le soleil s’abaissa sans qu’ils eussent rien pris ; ni oiseau ni poisson d’aucune espèce ne se montrèrent plus, et le soleil continua de descendre lentement sur

DE T Eli RE ET DE MER

les eaux silencieuses et calmes qu’il teignit enfin de la pourpre du crépuscule.

Les événements qui s’étaient si rapidement succédé durant le jour n’avaient pas laissé aux marins le loisir de la réflexion. A cette heure de recueillement et d’inaction, leurs pensées se reportèrent naturellement sur les dangers qui les entouraient de toutes parts et sur le douteux espoir qui leur ôtait laissé d’échapper à cette situation extraordinaire.

Us regardèrent tristement du côté où le soleil avait disparu ; c’était vers ce point, à l'ouest, qu’ils eussent voulu aller .. c’était la terre... Le calme profond qui régnait autour d’eux augmentait encore leur découragement ; pas une brise ne ridait l’Océan, et les myriades d'étoiles qui brillaient au ciel se reflétèrent bientôt dans un miroir sans fin.

L’obscurité, le silence, tout contribuait à les impressionner.

JJn autre motif d’inquiétude, c’était la perte d’une grande partie du poisson séché. Us avaient été peu préoccupés de cet accident tant qu’ils avaient eu eu vue le banc d’albaçores, mais, depuis leur disparition, ils se sentaientmoins tranquilles, et se demandaient s’ils pourraient rènouveler leurs provisions.

Leurs pensées devenaient de plus en plus sombres à mesure que la nuit augmentait. Tous quatre ils gardaient un silence aussi absolu que celui qui régnait sur le reste de l’Océan.

LU

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