‹ William le MousseChapitre 45 sur 78 · AVEN T U U E S · texte numérisé non relu

AVEN T U U E S

d'huile. Quant à la quantité, peu leur importait, car ils n’avaient ni de quoi faire fondre l’huile ni rien pour la contenir.

Mais la tête du cachalot renferme une liqueur qui n’a besoin d’aucune préparation et que l’on peut se procurer en défonçant le crâne ; là se trouve une cavité qui contient la valeur de dix ou douze grands barils du plus pur spermaceti.

C’était plus qu’il n’en fallait pour les besoins de l’équipage : le quart devait suffire à procurer à ces pauvres gens une grande douceur.

Jusqu’alors le manque de feu les avait empêchés de faire cuire leurs aliments ; le spermaceti extrait du cachalot allait leur fournir un combustible qui ne serait pas de longtemps épuisé.

Les braves marins avaient remarqué avec quelle répugnance la petite Laly partageait leurs repas de chair crue ; aussi se réjouissaient-ils, surtout pour elle, de leur heureuse découverte.

Ben, aidé du nègre et de William, s’occupa d’ouvrir le crâne avec la hache , et y plongea ensuite un pot d’étain qu’il retira plein de la précieuse liqueur.

Un bout de corde goudronnée et défilée fut mis dans l’huile, et le pot se trouva converti en une laippe ouverte qu’on n’eut plus qu’à allumer. Mais un vieux fumeur comme Ben Brace ne pouvait pas se trouver au dépourvu ; il tira de sa caisse briquet

Ho! du vaisseau! Ho! du vaisseau!

et amadou, le tout s’était heureusement conservé sec.

Le pot jeta aussitôt une flamme claire et vive ; une énorme tranche de poisson ayant été placée au dessus, se trouva cuite en très-peu de temps, et pour là première fois depuis l’incendie de la Pan dora, les quatre naufragés purent manger sans dégoût:

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