‹ William le MousseChapitre 49 sur 78 · LES EAUX ÉPAISSES · texte numérisé non relu

LES EAUX ÉPAISSES

Les morceaux les plus délicats des requins ayant été séparés de leurs os et coupés en tranches bien minces, furent soumis à la cuisson sur un feu de spermaceli.

Comme nous l’avons déjà dit, le combustible ne manquait plus. La « case » du cachalot en contenait assez pour faire cuire tout ce qui se trouvait de re< quins à dix milles à la ronde, et, selon toute apparence, on aurait pu les compter par centaines. La mer dans ces parages est quelquefois couverte de poissons de toutes espèces, tandis que l’air est rempli d’oiseaux.

On se demandera pourquoi des créatures de natures si différentes se trouvent agglomérées sur un môme point, et quelle nourriture elles, peuvent trouver si loin de la terre.

Ces espèces subsistent l’une par l’autre. Dans cette eau, en apparence claire et pure, il y a un continuel enchaînement de production et de destruction.

Mais l’Océan n’est pas si peuplé dans toutes ses parties ; il existe de vastes étendues où oiseaux et poissons sont extrêmement rares, et où l’on pourrait naviguer plusieurs jours, faire des centaines de milles, sans rencontrer aucune créature vivante. La mer a aussi ses déserts.

Il ne faut pas chercher la cause de cette inégalité dans le plus ou le moins de profondeur de l’eau : chacun sait que les grands océans sont traversés par des courants ; ces courants ne sont pas formés par des orages temporaires, mais par des vents ayant une direction constante et régulière, comme les « trades » ou vents alisès dans l’Atlantique et le Pacifique, les a moussons » dans l’océan Indien, les « pamperos » de l’Amérique du Sud, et les € northers » du golfe de Mexique.

Il arrive souvent que deux courants se rencontrent ; alors de grandes quantités de substances végétales, détritus de toutes sortes, épaves de rivages éloignés, oiseaux et poissons morts, se trouvent rassemblés ; ces débris forment la nourriture incessamment renouvelée de certaines espèces inférieures, destinées elles-mêmes à devenir la proie d’esDèces suDérieures.

DE TEliRE ET DE MER

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