‹ William le MousseChapitre 53 sur 78 · DN DUEL REFUSE · texte numérisé non relu

DN DUEL REFUSE

Il régnait un silence profond ; on n’entendait que le bruit des vagues qui se heurtaient aux barils. Les deux ennemis se regardaient d’un air de défi ; leurs camarades faisaient cercle autour d'eux.

— Je propose, dit tout à coup l'Irlandais, de remplacer le tirage par une lutte ; approuvez-vous compagnons ?

La proposition bien qu’inattendue trouva des partisans.

L’équipage qui n’était plus maintenant influencé par un intérêt personnel, pouvait juger impartialement; or l’idée de O’Gorman n’était point contraire à la justice. s

Les amis t de Legros restaient silencieux, attendant pour se prononcer que leur chef eût parlé.

Personne cependant ne doutait que le Français n’acceptât.

Il n’en fut rien. Il montra au contraire un désir très-arrêté de s’en remettre au sort ; mais ses yeux et son maintien cachaient une arrière-pensée qui n’eût pas échappé à un observateur sagace.

Le seul individu qui songeât à le surveiller était celui qui y avait intérêt, lui seul remarqua la rapide pression de main échangée entre Legros et un des hommes de sa bande, ou du moins si d’autres la virent, ils l’attribuèrent à un témoignage de sympathie bien naturel dans un pareil njoment.

Il s'était en effet passé quelque chose qui aurait pu expliquer cette subite indifférence.

— Pardieu ! monsieur l’Irlandais, cria-t-il, vous ne supposez pas, j’espère, que votre proposition me fasse peur ? Personne n’a cette pensée, j’imagine! mais je veux m’en rapporter au sort : malgré les mauvais tours qu’il m’a joués jusqu’à présent, vous ne me paraissez pas très-bien avec lui non plus... nos chances sont égales. Interrogeonsde encore... ce sera au moins la dernière fois que l’un de nous aura à se plaindre de lui !

Ces paroles furent dites d’un ton do bonhomie, de franchise, qui gagna les esprits : une clameur générale demanda la continuation de la loterie.

A ce moment une nouvelle discussion s’éleva; il s’agissait de savoir celui qui tirerait; quelqu’un proposa de faire tenir le sac par un tiers, mais Legros s’y opposa disant qu’on lui avait donné une mission, et qu’il prétendait la remplir jusqu’au bout, que d’ailleurs il n’y avait aucun avantage, ainsi que les faits le prouvaient.

Ce discours produisit l’effet désiré. La majorilé se prononça en faveur du Français ; il fut décidé qu’il continuerait à tenir le sac; l’Irlandais s’approcha aardimentet amena..,, le bouton noirl

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