LB MARQUIS WELLESLEY A M. PITT
tt Patna, 6 octobre 1801 .
» Mon cher Pitt,
» Bien que vous ayez été cruellement paresseux, et que vous ne m'ayez pas adressé une seule ligne au sujet des changements inouïs qui ont récemment eu lieu dans le ministère, je ne puis laisser partir ce paquebot
* Répété par lord Eldon lui-même à M. Rose, 24 février 1801.
sans vous renouveler la sincère assurance de mon inaltê* rable attachement, et de Tintérôt vraiment affectueux que je prendrai toujours aux événements qui peuvent agir s ur votre bonheur auquel tiennent, de près ou de loin, notre grandeur et notre honneur national. J*espérais que vous m*auriez expliqué les causes et que vous m'auriez préparé aux conséquences probables des nouveaux arrangements, en me faisant savoir nettement le rôle que vous désiriez me voir jouer dans celte crise. Je compte assez sur le témoignage de mon propre cœur pour ne pas douter de votre pleine conflance dans ma fidélité à votre cause , quelles que puissent être les circonstances. Lorsque celte cause cessera de prévaloir dans nos conseils, je serai empressé de me délivrer de la honte d'une charge pour vous rejoindre dans la forteresse qu'il vous plaira de défendre, quelle qu'elle puisse être. Mes relations politiques avec vous, confirmées par tant de liens d'amiiié et de rapports intimes d'afl'ection et de considération privées, sont devenues non-seulement l'orgueil, mais la joie de ma vie, et je ne pourrais supporter l'idée de voir en vous autre chose que le guide de ma conduite politique, le gardien de tout ce qui m'est cher et précieux dans notre constitution et dans notre pays, et le premier objet de mon estime, de mon respect et de mon attachement personnels. Je sacrifierais sur-lechamp à ces sentiments, non-seulement sans regret mais avec le plus grand plaisir, la situation la plus lucrative, la plus honorable et la plus puissante que puisse occuper un sujet anglais. Si donc j'avais vu, d'après l'état apparent des affaires en Angleterre et d'après la teneur de votre conduite, que la crise pût vous paraître dangereuse, soit pour la cause que vous avez si long-
temps soutenue, soit pour votre honneur public ou privé, j'aurais donné ma démission sans attendre vos conseils, en laissant cependant à la cour des directeurs le temps de me choisir un successeur en Angleterre et de Tenvoyçr dans l*Inde. Je tiens ce délai pour uh devoir indispensable chez un homme occupant ma charge actuelle. Les conséquences d*Une brusque dissolution du gouvernement de l'Inde pourraient devenir fatales au pouvoir de la Grande^^Bretagne dans cette partie du monde. Je ne quitterais donc pas ce gouvernement , Charles Fox fût-il ministre ou Home Tooke premier consulf jusqu'à ce que j'eusse accordé un temps suffisant pour me remplacer régulièrement.
» Toujours à vous très-sincèrement et affectueusement,
» Wellsslby. »