CHAPITRE XXXI
Caractère d'Addington. — Composition du nouyeati cabinet. — Débats du Parlement. — Discours de lord Auckland. — Éloge des nouveaux ministres par Pitt* — Réponse de Fox. — Home Tooke est exclu de la chambre des conmiunes. — Bataille de Copenhague. — Assassinat de l'empereur Paul. — Dissolution de la neutralité armée. — Bataille d'Alexandrie. — Mort de sir Ralph Abercromby. — Négociations pour la paix. — Embarras pécuniaires de Pitt. — Contributions de ses amis. — Vente de Holwood. — Préliminaires de paix* — Conduite de Pitt dans les négociations. — Ratification des articles préliminaires. — Discours de Fox à la taverne de Shakspeare.
Henry Addington , le nouveau premier ministre, avait deux ans de plus que Pitt et lui survécut trente-huit ans: il ne mourut qu*en 1844. Pendant toute sa longue carrière , il fut, à bon droit, aimé et estimé dans toutes les relations de la vie privée. J'ai eu l'honneur de le connaître pendant la dernière partie de sa vie, et je puis rendre témoignage de la douceur de sa physionomie, du charme de ses manières, de la bienveillance avec laquelle, dans sa vieillesse sereine et respectée, il accueillait un tout jeune homme et lui permettait de jouir d'une conversation instructive, riche des souvenirs d'un plus grand temps. Pendant onze années, il occupa le fauteuil de la chambre des communes plus utilement pour le public que tout autre orateur depuis Onslow. Pendant presque aussi longtemps, il tint les sceaux de secrétaire d'État de l'intériear,
SOUS le ministère de lord Liverpool, avec vigilance, jugement et succès. S'il échoua comme premier ministre, et s*ii ne put satisfaire aux espérances du roi et aux exigences du public, il faut équitablement se rappeler combien son temps était difficile et périlleux. En examinant à fond son caractère, si le talent oratoire etThabileté politique du premier ordre lui manquent , rappelons-nous à quels hommes supérieurs il a eu le sort d*être comparé. Depuis le commencement du monde, les hommes qui eussent* pu soutenir la comparaison avec Pitt comme homme d'État, ou avec Pitt et Fox comme orateurs, ontils été bien nombreux T -A peine Addinglon eut-il répondu, au mois de février 4801 , à l'appel de George IIl, que des soupçons amers s'élevèrent contre lui parmi les amis de M. Pitt. M. Rose trouvait qu'il s'était emparé trop avidement du pouvoir. L'évéque de Lincoln croyait qu'il y était arrivé par des intrigues souterraines ^ Tous deux étaient convaincus que son attachement pour M. Pitt était feint, et non réel. Pour ma part, je crois que ces accusations n'avaient aucun fondement. Addington me parait avoir agi en tout ceci comme un homme intègre et honorable. Je crois également que l'amitié qui régnait entre Pitt et lui était alors et resta pendantplusieursmoispleineetentièredesdeuxparts. Dans ses arrangements ministériels, Addington parait avoir fort consulté les goûts et les faibles personnels du roi. En conséquence. Sa Majesté était enchantée de son nouveau premier ministre, et lui appliquait souvent des épithèles affectueuses comme « mon chancelier de l'Échiquier, mon chancelier de l'Échiquier à moi. » En voici la
^ Voir surtout deux passages dans les Journaux de M. Rose, vol. I.
preuve dans une lettre au sujet du complément d6 la première liste :