‹ William Pitt et son tempsChapitre 27 sur 29 · V. PITT AU ItOl · texte numérisé non relu

V. PITT AU ItOl

« DowniDg-Street, 22 septembre 179T.

« M, Pitt croit de sou devoir de faire savoir humblement à Votre tf^esté qu'il a reçu des communications d'une personne qui donne d'aussi fortei^ preuves que possible de l'authenticité de sa mission, et qui déclare qu'en dépit de ce qui s'est passé ^ (,iUe, Iq Directoire cousentirait encore à une pai]( immédiate, en nous abandonnant le Gap et Geylan, à condition de recevoir une forte somme d'argent pour eux-mêmes. On parlait de 1,200,000 livres sterlings pour Geylan, et de 2 millions pour les deux. Cet agent propose, comme preuve de l'authenticité de sa ■lissioB, de faire envoyer une réponse oonoiliante à la note qu'on

vient d'expédier d1ci à Lille, et il apportera ou en enverra ici copie de Paris avant qu'elle vienne de Lille. Il ne demande aucun payement d'aucun genre avant ta signature du traité.

> M. Pitt a parlé en gros de cette proposition à tous les serviteurs de. Votre Majesté présentement à Londres. Les détails, les noms exceptés, sont connus des secrétaires d*Ëtat et de lord Chatham. M. Pitt et M. Dundas seuls savent les noms. H est -impossible de ne pas regarder une transaction de ce genre comme fort incertaine ; mais, dans l'état de choses qui règne actuellement en France, M. Pitt et tous ceux qu'il a consultés ne regardent pas cette ouverture comme dépourvue de probabilité, et Texpérience vaut la peine d'être tentée, puisque cette somme serait bien employée si elle nous procurait la paix à nos propres conditions, sans les risques et les frais d'une nouvelle campagne. Il paraît cependant essentiel de conduire une pareille affaire avec un secret absolu, et, si elle réussit, ce sera un point d'honneur de prendre toutes les précautions possibles pour empêcher qu'on n'accuse le gouvernement français. Il sera impossible d'éviter le soupçon, et, comme on peut s'y attendre d'après l'état actuel de la France, les intéressés n'ont pas l'air de le redouter beaucoup. Nous avons clairement fait entendre, à la personne par laquelle est venue cette proposition, qu'il faudra s'expliquer au Parlement de manière à obtenir l'argent et à le convaincre qu'il est véritablement employé sur le continent, pour le service secret, dans le but d'obtenir la paix. M. Pitt sait bien que ces propositions sont tout à fait anormales, et que le succès en est douteux, mais elles ne paraissent pas offrir de grands inconvénients, et elles valent la peine de les tenter dans un temps aussi étrange. Il espère donc que Votre Majesté ne trouvera pas mauvais qu'on ait encouragé la proposition, vu que le temps pressait. »

c Windsor, 33 septembre 1797.

» Les prétentions pécuniaires sont excessives, et nécessiteront une déclaration au Parlement assez explicite pour discul-

per les ministre», ce qui ne manquera pas, j'en suis convaincu, de laisser au public une juste idée de l'usage qu'on aura fait de la somme, bien qu'il soit absolument nécessaire de donner aussi peu d'explications que le permettra la nouveauté de la chose. Je n'ai certainement pas l'intention d'empêcher M Pitt d'encourager son intermédiaire en promettant la récompense requise si Taffaire est bien faite, pourvu qu'on ne demande pas la restitution des vaisseaux ni aucune altération dans nos lois commerciales ou navales. »

c Windsor, il novembre 1797.

» Il est impossible de concevoir plus de satisfaction que je n'en ai éprouvé en recevant le billet de M. Pitt, qui contient l'assurance de la disposition exprimée par toute la chambre des communes au sujet de l'adresse; cela nous promet une coopération active pour toutes les mesures nécessaires à la sécurité publique. J'espère qu'on y regardera attentivement avant de les proposer, car je crains qu'il ne faille attribuer en grande partie à quelques-unes des mesures de l'année dernière la révolte de la flotte et l'échec qu'a subi le recrutement de l'armée. J'avoue que j'espère encore que, si nous profitons des expériences que nous avons faites et si nous agissons sainement, l'ennemi se trouvera tellement à bout de ressources, et que l'inimitié qui s'élèvera entre Bonaparte et le Directoire pourra amener tant d'événements incalculables qu'il y a des raisons de croire, avec la tentative qu'on fait maintenant du côté de la Russie et de la Prusse, que nous pourrons arriver à terminer la guerre plus honorablement, et avec la perspective d'une paix plus durable que

l'année dernière ne le promettait.

« Windsor, itf décembre 1797.

» Vu la clameur que l'oppoâtion cherche à soulever contre

le bili des contributions directes , il me semble que le vote

d'hier au soir de 175 voix contre 50 est très-satisfaisant.

J'espère que M. Pitt prendra soin de n'admettre lundi aucune

i3i WILLIAM PITT BT SON TBMP8.

modification dand le comité pour atténuer la valeur de la mesure, car l'expérience m'a pleinement appris que toutes les fois que le gouvernement, par excès de bonne foi, a consenti à affaiblir l'effet d'une proposition, il ne la rend pas plus agréable et en détruit tout le résultat.

» Personne ne peut se dissimuler que la circonstance exige de fortes contributions: mais les raisons sont si grandes 1 II s'agît de sauver tout ce que les hommes ont de plus cher; par conséquent, il faut se soumettre avec fermeté, car je crois que le système qu'on adopte est ce qu'on pouvait imaginer de plus équitable.

c Windsor, 5 janvier 1798.

» Je reçois à l'instant le compte-rendu de M. Pitt du vote de la chambre admettant à 204 voix contre 75 le principe du bill des contributions directes et la troisième lecture à 198 voix contre 71. J'apprends qu'il n'y aura plus d'opposition à cette mesure dans la chambre des communes, mais qu'on présentera aujourd'hui quelque amendement insignifiant. Le grand point est donc emporté et le nouveau système d'impôts est établi : il pourra être fort utile aux finances du pays. Je doute pourtant que le biil actuel ait gagné aux modifications qu'il a subies dans sa marche. Je crois que M. Pitt l'avait présenté sur un bon terrain, qui a un peu changé depuis les amendements ; malheureusement, la raison cède quelquefois à la nécessité ; cela me déplaît toujours, car, en ma qualité d'homme simple, il me semble qu'il ne faudrait jamais confondre le bien et le mal, même pour un moment, et je cherche toujours le plus possible à inculquer ce principe.

» 23 janvier 1708.

» Je suis toujours fâché qu'on me fasse des propositiohs auxquelles je ne puis répondre d'une manière décidée. Celle que M. Pitt m'a présentée est assurément de cette nature; mais, comme je n'ai point de secret en cette occasion, je vais lui exposer les choses si complètement qu'il pourra, aussi bien que

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moi, m'indiquer ce que je devrais faire ; s'il n'y a pas moyen d'effectuer ce qu'il me propose, il serait ridicule de s'en donner Tappareûcé, en demânlftnt âu Parlement les ressourceâ iiéôessaires.

» Vu la gtandeur du pays, mon revenu est ôèrtainement dlsproportldâûé avec ma situation, car ma cassette privée, quiestdé 60,0001ivres sterling, et les frais de ma maison sont les seuls revenus véritables qûê je possède. Quadt à ma cassette, j^ai des dettes dont la somtnô empruntée pour les récentes élections forme la plus grande partie : je les paye à mesure. M . Pitt sait combien ma maison est endettée. Je n'ai pas une autre ressource au monde. Je n'ai jamais reçu un sou de mon électorat dans les. temps les plus prospères; j'ai toujours payé régulièrement les dettes contractées pendant la guerre de sept ans par suite -de l'in* justice qui a repoussé les justes réclamations faites à ce paysci. J'ai cru prudent de faire rentrer une hypothèque considérable dont l'intérêt servait à payer une partie de mes troupes électorales ; je l'ai placée dans les fonds anglais, sous la garde de la régence allemande, et l'intérêt passe régulièrement au Hanovre ; je n'en ai jamais touché un sou, mais je l'emploie au but de son institution, le payement des régiments. J'ai été forcé d'emprunter deux millions en Allemagne pour ma part de l'armée formant le cordon, et M. Pitt sait qu'on me doit une somme considérable pour les services des troupes allemandes lorsqu'elles étaient à la solde de l'Angleterre, somme qu'on me retien | encore ici ; il voit donc que ce que je puis donner personnelle* ment pour la souscription est peu considérable, et qu''encore il faudra me le rendre. Je lui expose franchement les faits et il verra ce qu'on peut faire. Ce qu'il me semble, c'est qu'il faut tirer sur ma liste civile, car ma cassette privée ne peut intervenir que dans une petite proportion. Je regrette de dire que le roi d'Angleterre n'est pas riche et que chaque sou enlevé à sa cassette privée est autant d'enlevé aux indigents, car, s'il manque de ressources, les ouvriers et les pauvres s'en apercevront naturellement à leur détriment. » G. R« »

c 35 janvier 1798.

» J'ai reçu une réponse satisfaisante de MM. Drummond ; je ne perds donc point de temps pour autoriser M. Pitt à verser en mon nom 20.000 livres sterling à l'emprunt volontaire , à retenir sur ma cassette privée : les 5,000 livres sterling qu'on me paye en général le l^^ avril, iront à l'emprunt, ainsi que la même somme au 1«' juillet, au 1" octobre et au 1®' janvier 1799.

« !•' février 1196, 8 heures 40 minutes du matin.

» Je suis fâché d'apprendre par le billet de M. Pitt qu'il est retenu chez lui par une indisposition. Le comte de Chatham parlait hier de Vidée de M.' Pitt sur l'opportunité de la destitution du duc de Norfolk comme lieutenant du West-Riding dans le comté d'York ; je lui ai permis, sur la nouvelle de l'indisposition de M. Pitt, d'exprimer à celui-ci que j'étais parfaitement d'avis de la destitution proposée. Le chancelier, que j'avais vu auparavant, opinait tout à fait dans le même sens. J'ai donc autorisé lord Gren ville à prier le duc de Porlland, au dîner du comté de Chatham, d'expédier au duc de Norfolk la lettre ordinaire en cette occurrence. Je suis d'avis, comme M. Pitt, que le comte Fitzwilliam convient mieux que personne comme lord lieutenant; mais il faut que celui qu'on nommera sache d'avance qu'il doit enlever au duc de Norfolk, d'après mon ordre, le commandement du premier régiment de milice du comte d'York ouest. Si le comte Fitzwilliam refusait, ce qui ne me paraît pas probable, peut-être le duc de Leeds serait-il la personne la plus convenable; il serait bien aise de commander le régiment, et cela laisserait vaquer le poste de lord lieutenant dans le comté d'York, qu'on pourrait rendre au comté de Carlisie qui l'occupait autrefois.

« !•' février 1798, à 5 heures du matin.

» En rentrant chez moi, j'ai trouvé le billet de M. Pitt. Il est évident que la conduite du comte de Westmoreland en Irlande

lui donne tous les droits à la charge de garde du sceau privé, et que le comte de Chesterfield ne pourra qu'être heureux de devenir grand maître des écuries ; lord Auckland occupera très-convenablement la place vacante dans la direction des postes. J'autorise donc M. Pitt à faire prendre les mesures nécessaires pour cet arrangement.

<c C'est avec une satisfaction infinie que je vois que M. Pitt peut me recommander, pour la place vacante de maître du collège de la Trinité, un homme aussi bien qualifié pour occuper ce poste difficile, mais honorable, que paraît l'être le docteur Mansel, d'après ce qu'il m'en dit. Je uje flatte que cette nomination rétablira la discipline dans ce grand collège, ainsi qu'an attachement plus solide pour l'Église d'Angleterre et pour la constitution anglaise que les jeunes gens élevés là depuis quelque temps n'ont fait en général profession de sentir.

< 30 mai 179^, 7 heures 43 minutes du soir.

» D'après le billet que j'ai reçu tout à l'heure de M. Pitt*, j'apprends que son absence de Saint- James aujourd'hui avait pour cause la continuation de son indisposition d'estomac. J'ai peur que ce ne soit une disposition à la goutte, et que cela ne finisse pas avant un accès en règle .

» Je n'ai dit à lord Chatham que ce que mon cœur me dictait, et j'espère que ce qui est arrivé ne se répétera jamais. Peut-être ne pouvait-on pas l'éviter; mais c'est une raison suffisante pour mettre, à tout jamais, ordre à cette nécessité. Les hommes publics n'ont pas le droit de faire entrer seu-

1 Le manuscrit original de cette lettre porte nettement la date de l'année 1797. Mais ce doit être une erreur du roi. Il est évident que le premier paragraphe se rapporte à la même indisposition de M. Pitt que celle du 4 juin 1798, et il est tout aussi évident que le second paragraphe doit se rapporter au duel avec M. Tierney.

leinent en ligne de compte ce qn'ils se doivent à eux-mêmes , ils doivent également considérer ce qu'ils doivent à leur pays.

» Je renvoie les diplômes que j'ai signés. Je suis bien f&cbé d'apprendre que M. Pitt continue à être souffrant ; je crains bien qu'il ne puisse se délivre/ de son indisposition qu'en prehant le parti d'aller passer une couple de semaines à Batb. Ce ' qu'il prend maintenant ne peut passer que pour un palliatif, tandis que ces eaux efficaces, prises avec précaution, iraient à la racine du mal. J'ai chargé le comte de Chatham et- lord Grenvilie de le dire à M. Pitt; mais je n'ai pas voulu manquer une si bonne occasion de le lui dire moi-même.

< Windsor, 10 juin 1796.

» J'ai signé les messages au Parlement pour un vote de crédit, ce qui doit être en ce moment une précaution très-nécessaire.

» M. Pitt ne parlant pas de sa santé, j'espère qu'il va mieux.

» Ce pays-ci reste bien dégarni par suite des gros détachements envoyés en Irlande. La nécessité la plus urgente peut seule justifier cette situation ; mais je ne crois pas que toutes les forces envoyées là-bas puissent être d'un véritable secours, à moins d'expédier de suite un lord lieutenant militaire, le marquis de Cornwallis, avec M. Pelham pour son secrétaire. Le lord lieutenant actuel est trop agité pour le moment, et complètement sous le contrôle des conseillers privés irlandais, dont la précipitation est la véritable cause des deux échecs. S'ils se répétaient, on finirait par apprendre aux rebelles irlandais à se battre. j> G. R. »

c Windsor, Il juin 1790.

« Depuis que les insurrections ont éclaté en Irlande, je n'avais pas éprouvé un sentiment aussi agréable qu'à la réception de

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la lettre de M. Pitt contenant le consentement du marqais Cornwallis à sa nomination comme lord lieutenant d'Irlande. J'espère que M. Pitt fera de son mieux pour persuader à M. Pelham de retourner comme secrétaire ; personne ne rem« plirait aussi bien ces fonctions. Mais il faut que lo^^ Corn*wallis comprenne bien qu'on ne peut plus accorder aux catholiques d'autres faveurs que ceUes qui leur ont été, peut-être à tort, conférées dans les sessions précédentes. C'est par une conduite ferme à l'avenir qu'il faut accomplir l'union de ce royaume avec le nôtre. J'espère que lord Cornwallis consentira à être nommé dans le conseil de mercredi. Je ne puis m'empêcher de répéter que sa présence comme lord lieutenant , et celle de M. Pelham comme secrétaire, me paraissent le meilleur arran-

gement possible. » G. R. »

« Windsor, 26 juin 1798.

> Le projet de discours pour la clôture de la session me paraît très-convenable. Je serai certainement tout prêt à. me rendre à la chambre 1% premier jour où l'on pourra proroger le Parlement. Si c'est un vendredi, ce jour-là me convient aussi bien qu'un autre.

» Je suis fâché que M. Pitt ne parle pas de sa santé; j'insiste maintenant pour qu'il ne néglige pas plus longtemps de ' prendre les remèdes que son médecin pourra croire propres à le rétablir. On me dit qu'il parle de Cheltenbam d'abord, et de Bath ensuite. Si mes renseignements sont fondés, je désire que M. Pitt s y conforme sans retard, car les conséquences les plus fatales peuvent résulter des effets de la bile ou de la goutte volante qui minent la constitution.

» J'écris franchement à cause de la très-grande importance du sujet et de la sincère affection que je porte à M. Pitt.

< Windsor, 18 novembre I7d8.

» Le projet de discours pour l'ouverture du Parlement, mardi, répond pleinement à toute mon attente. Je puis assurer

M. Pilt que, si ce discours excite l'ardeur de ceux auxquels il sera adressé , comme il a excité la mienne en le lisant, l'effet en sera certainement très- salutaire. Je m'accorde pleinement avec lui sur les inconvénients qu il y aurait à parler déjà de runiy projetée avec l'Irlande. La question de savoir si la mesure, une fois accomplie, sera avantageuse aux deux pays ne présente pas un doute ; mais j'ai peur que nous ne trouvions trop fondée ma prévision qu'on ne l'acceptera ni d'un côté ni de l'autre aussi facilement que l'espère M. Pitt.

< Windsor, 13 décembre 1798.

» Rien ne pouvait être plus avantageux que la motion de M. Tierney, destinée à décourager toute nouvelle alliance sur le continent, puisqu'on a pu tâter le pouls à la chambre à ce sujet, et que M. Canning a eu une belle occasion de déployer son talent oratoire. La motion ayant été repoussée sans en venir à la division , je ne finirai pas sans approuver hautement le silence de M. Pitt; il n'était pas nécessaire qu'il ouvrît la bouche. Le mérite de la harangue de M. Canning en eût été diminué, et le discours'de la semaine dernière était trop excellent pour qu'il fût nécessaire à M. Pitt de parler de nouveau avant qu'une opposition plus formidable vînt à s'élever contre ses mesures. Je m'attends à ce qu'il y ait plus de monde vendredi, et il est probable qu'il se verra obligé d'agir; mais il aura la profonde satisfaction de sentir que tout ce qu'il fait est pour le bien public, tandis que ses adversaires travaillent à la destruction de tout ce qui vaut quelque chose.

« 34 janvier 1799.

» Il est impossible de* calculer les inconvenances de M. Sheridan, sans quoi on pourrait s'étonner de la manière dont il a accaparé iiier au soir le temps de la chambre des communes, en faisant objection à une adresse qui n'exprime autre chose

que Tattention requise par tout message, sans engager la chambre à aucune mesure spécifiée.

» M. Tyrrwhitt Jones me semble si disposé à parler en toute occasion que je suppose qu'il ne peut pas résister au désir de s'entendre parler pendant que l'opposition n'est pas jjfus formidable dans la chambre des communes. Il me semble que la grande mesure qu'on va présenter a plutôt gagné en considération par les événements d'hier.

» Je ne puis en même temps m'empêcher de témoigner à M. Pitt quelque surprise de ce que j'ai vu dans une lettre de lord Castlereagh au duc de Portland, lundi, sur l'idée d'établir un salaire régulier pour le clergé catholique d'Irlande, au nom du gouvernement. Je suis certain qu'en encourageant une pareille idée, on blesserait vivement l'Église établie d'Irlande comme les amis véritables de notre constitution ; car ce serait en réalité la fondation d'un second établissement ecclésiastique, ce qui aurait infailliblement de détestables résultats. Il est juste de tolérer les dissidents, mais on dépasserait les bornes de la justice ou de la politique en pourvoyant à l'entretien de leur clergé comme établissement ; ce serait chercher à perpétuer nos divisions religieuses. » G. R. »

c Weymouth, 25 septembre 1799.

» Ce matin, j'ai reçu le projet de discours à prononcer demain. II me semble fort approprié à la circonstance. Je ne vois pas grande raison d'attendre qu'il survienne en Hollande quelque grand événement avant le moment où je le prononcerai . Le pays que les troupes ont à traverser est fort coupé ; et si l'ennemi profite de ces difiicultés naturelles, la marche sera lente. Je crois que le vote des droits qui doivent remplacer l'impôt foncier et la taxe sur la drèche sera une mesure salutaire ; et si on déploie toute l'activité praticable, cela ne prolongera pas beaucoup la session , ce qui est certainement fort désirable. *

€ Windsor, iO février 1800.

» Ayant signé l'ordre ci -joint, je renvoie à M. Pitt. j'ai lu aveo intérêt la nouvelle publication de M. Marsh, et j'ai pris des renseignements sur son compte auprès du docteur Fisher, qui a été autrefois à Saint-John's-College. Il m'assure que c'est un homme de beaucoup de talent et d'instruction, et qu'il est l'ami intime du docteur Cookson. Si M. Pitt désire en savoir davantage, rien ne lui sera plus facile par M. Wilberforce.

< Windsor, 96 avril iSOO.

» Les nouvelles que H. Pitt me donne du sort de la motion de M. Grey, proposant de recommander, au comité chargé de discuter les articles d'union de l'Irlande, de pourvoir à l'indépendance du Parlement , c'est-à-dire à la réforme parlementaire, sont extrêmement satisfaisantes, puisqu'elles démontrent la sagesse de la chambre des communes sur cette périlleuse question.

» Le quatrième article de l'iinion ayant passé sans division du vote,, après une courte discussion, cela indique, j'espère, qu'avec un peu de diligence, cette affaire pourra être bientôt terminée et renvoyée en Irlande.

« 6 mai IMO.

» Les nouvelles que M. Pitt m'a données hier au soir m'ont causé une vive satisfaction. Maintenant que toutes les résolutions sur lés articles de l'union avec l'Irlande ont été adoptées à la chambre des communes, et qu'elle a donné Tordre de les communiquer à la chambre des lords avec une adresse de présentation, j'espère que jeudi, ou au plus tard vendredi, je recevrai sans faute l'adresse des deux chambres qui effectuera, je crois,' une des mesures les plus utiles qu'on ait décidées sous mon règne. Cette mesure donnera de la stabilité à l'empire

WILLIAM PITT BT SON TBMPB. ii3

tout entier, et, vu la défaut d^ndustrie et de capitaux généra) en Irlande, elle n'aflfeotera guère le commerce et les manufao«! tures de ce pays-ci ; car les avantages de cette mesure pour rir-* lande ne se peuvent développer que peu à peu, et la richesse de la Grande-Bretagne, fournissant le reste du globe de ses den« rées comi^erciales, ne sotifTriFa certainement pas sérieusement, 8QU8 ce rapport, de la prospérité future de rirlan4Qt

c wind9OM8juiniS0O.

« Ottstnt aux règlements proposés pour la charge des seorétairei de la chambre des communes, j'autorise pleinement M. Pitt k donner mon assentiment au bill présenté, puisqu'il a le concours du digne et excellent orateur de la chambre, qui ne soutiendrait pas la mesure si elle ne devait pas être avantageuse au public. »

< Windsor, 38 juin 1800.

» Riep ne peut être plus vrai ni mieux fondé que les raisons que M. Pitt a opposées à la motion de M. Sheridan, et la chambre des communes a prouvé qu'elle était du même avis par la graode majorité qui a rejeté l'appel. C'est parla même raison que je n'approuve pas, je l'avoue, la pièce rédigée dans le conseil de j^udi; elle tend à enjcourager TAutriche à traiter avec Vennemi, au lieu de faire des efforts pour réparer le mal qui peut s'être produit, et dont nous ne savons pas encore la véritable portée. Aucun désastre ne m'amènera à croire qu'il puisse être %^x ou prudent de traiter pour l| paix, tant que prévaudront les principes français. Tout ce. qu'on peut obtenir, c'e^t la neutralité armée, et je ne connais rien de plus dangereux, puisqu'on ne peut avoir aucune confiance au gouvernement français aptuel. Mon opinion repose sur des principes et non sur des événe^ q)ent8, an sorti» qu'elle n'est pas sujette 4 se modifier.

€ Windsor, 19 juillet 1800.

> Depuis le billet que j'ai écrit à M. Pitt de la Grande*Loge, j'ai reçu de l'évèque de Saint-David une acceptation catégorie

que de la charge de primat d'Irlande, ce que je regarde comme essentiel au repos de TÉglise établie dans ce pays et au développement de la religion et de la vertu. Je crois qu'il fallait faire tout ce que j'ai fait en cette occasion pour arriver à cet heureux résultat »

€ Windsor, il octobre 1800.

» Mon opinion s'Accorde pleinement avec celle de M. Pitt sur la nécessité de réunir le Parlement le 11 novembre, afin d'examiner ce qu'il peut être nécessaire de faire à l'égard du prix élevé du blë et des denrées alimentaires. J'espère qu'en regardant au fond de la question, on n'essayera point de mesures trop dures, car j'entends dire que ce qu'on a fait dans la session dernière a eu plutôt des inconvénients.

< 38 novembre 1800.

» Je suis enchanté d'apprendre par le récit de M. Pitt que la motion de M. Tierney, pour former la chambre en comité sur l'état de la nation, a été rejetée par 154 voix contre 37; cela doit être bon chez nous et à l'extérieur. Je ne doute pas, d'ailleurs, du bon sens général du pays; quelque lourds que puissent être les impôts, chacun sent bien que, dans l'état actuel de la France, il serait impossible de faire une paix durable, et que par conséquent la continuation de la guerre est tout à fait nécessaire.

» L'étrange conduite de l'empereur de Russie, en mettant une seconde fois l'embargo sur le commerce anglais dans ses domaines, réclame hautement du conseil privé uùe mesure qui interdise aux négociants qui font le commerce avec la Russie de recevoir aucune traite d'échange de cet empire. Lord Grenville me Ta proposée hier au soir, et je l'ai prié de faire savoir que je tiendrais un conseil privé ici aussitôt qu'on le trouverait praticable, afin que les négociants pussent faire savoir à leurs . correspondants, par le courrier de ce soir, les ordres qu'ils ont reçus. ' » G. R. »

« Windsor, 18 décembre 1800.

y> J'approuve la demande du marquis de Buckingham que M. Pitt m'a transmise dans son billet, pour me prier d'accorder la baronie irlandaise de Nugent à la marquise de Buckingham, réversible sur son second fils, auquel le marquis destine ses propriétés d'Irlande; mais j'espère que ces propriétés d'Irlande seront en même temps assurées à lord George, et ne resteront pas à la disposition future de son père.

« 25 janvier 1801. » Le ton général comme le fond du projet de discours pour mardi me satisfait pleinement, et je n'épargnerai aucun soin pour le prononcer avec l'énergie qu'il mérite. J'espère donc que M. Pitt ne lui fera pas subir de modifications sérieuses, et que je le trouverai aussi parfait lundi, quand il sera communiqué ici au conseil, que je l'ai trouvé ce matin en le recevant de M. Pitt.

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