‹ William Pitt et son tempsChapitre 13 sur 51 · INTRODUCTION. X\U · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. X\U

au dedans ferait au dehors, dans l'occasion, la grandeur comme la force de sa patrie, et prêt, sMl le fallait, à en faire lui-même l'épreuve, mais sans la désirer.

Ce n'était pas là uniquement pour lui une affaire de goût et de disposition personnelle ; il portait dans la politique extérieure des idées et des exigences qui la lui rendaient bien plus difficile qu'elle ne l'avait été pour son père et pour presque tous les grands hommes d'État ses prédécesseurs. La vieille controverse entre Thémistocle et Aristide sur la distinction de l'utile et du juste, dans la conduite des Athéniens envers leurs rivaux, n'était pas indifférente à M. Pilt; il ne croyait pas que l'égoïsme national autorisât ou justifiât toutes choses; il avait dans l'âme un respect sérieux du droit et un sincère désir de ne pas violer le droit étranger «en soutenant l'intérêt anglais. Contre l'opinion accréditée parmi nous, ce fut surtout dans les rapports de l'Angleterre avec la France que se manifesta cette équité générale de M. Pitt : «Je n'hésite pas, disait-il en 1787 à la - Chambre des communes, à m'élever contre cette idée, trop souvent exprimée, que la France est et doit rester l'ennemie irréconciliable de l'Angleterre. Mon esprit se refuse à cette assertion comme à quelque chose de monstrueux et d'impossible. C'est une fai-

Page 1