‹ William Pitt et son tempsChapitre 14 sur 51 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

blesse et un enfantillage de supposer qu'une nation puisse être nécessairement et à jamais l'ennemie d'une autre. » Quand la révolution française éclata, M. Pitt persista d'abord dans son sentiment et son attitude pacifique; il reconnaissait l'indépendance des nations quant à leurs affaires intérieures, et n'avait nul dessein d'intervenir dans celles de la France : « Certains écrivains français, dit de lui lord Macaulay dans un Essai qui n'est nullement un panégyrique, l'ont dépeint comme un Annibal voué dès l'enfance, par son père, à une haine éternelle contre la France. Ces écrivains ne savent rien de son caractère ni de son histoire; loin d'être un ennemi mortel de la France, il eut à s'entendre dire, dans la Chambre des communes, qu'il était un iils dégénéré de lord Chatham,,et que sa partialité pour les ennemis héréditaires de notre île devait faire frémir les ossements de sou illustre père sous les dalles de l'abbaye de Westminster. » Ce ne fut qu'à la dernière extrémité, et lorsque la Convention nationale ne lui laissa plus de choix entre la paix et la guerre, que Pitt se décida à la guerre, et entra dans la coalition déjà formée contre la France. Une fois engagé dans cette route, il y marcha avec son activité, sa persévérance et son autorité naturelles. En y marchant, il

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