XVI INTRODUCTION
beaucoup d'égards, que l'île de Malte. Mais l'acquisition de ces îles nous mettrait-elle en état de contrebalancer le pouvoir que la France a acquis sur le continent? Elles nous vaudraient un peu plus de richesse; mais un peu plus de richesse serait acheté trop cher par un peu plus de guerre. Nous avons enfin la satisfaction de survivre à la violence de la fièvre révolutionnaire. Nous avons vu le jacobinisme perdre son prestige; nous l'avons vu dépouillé du nom et du prétexte de la liberté. Il s'est montré capable uniquement de détruire, jamais de fonder, et il a eu le despotisme militaire pour fin inévitable. J'espère que cette grande leçon n'aura pas été en vain donnée au monde. »
Cette modération, cette tendance pacifique de Pitt, au milieu même de la guerre contre la France, lui ont attiré, de la part de lord Macaulay, un étrange reproche: « Pendant un court espace de temps, dit-il, la nation anglaise, et Pitt comme faisant partie de la nation, regardèrent la révolution française avec approbation et intérêt. Mais bientôt les grandes confiscations , la destruction violente des anciennes institutions, l'empire des clubs, les barbaries d'une populace rendue furieuse par la haine el la faim, amenèrent une réaction dans notre pays. La cour,