‹ William Pitt et son tempsChapitre 18 sur 51 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

chère à son cœur. Il travailla de toutes ses forces à éviter la guerre européenne. Quand la guerre européenne éclata, il se flatta encore qu'il ne serait pas nécessaire pour son pays d'y prendre part. Jusqu'à la lin de l'année, il continua de nourrir l'espoir que l'Angleterre pourrait rester neutre. Mais il était impossible de contenir les passions qui faisaient rage des deux côtés de la Manche... Pitt céda au cdurant. A dire vrai, s'il voulait rester conséquent, il n'avait à choisir qu'entre deux lignes de conduite. Puisqu'il ne prenait pas le parti de s'opposer, avec Fox, au sentiment public, il aurait dû suivre l'avis de Burke et mettre à profit ce sentiment dans toute sa portée. Il aurait dû proclamer une guerre au nom de la religion, de la morale, de la propriété, de l'ordre, du droit public, et il aurait pu ainsi opposer aux jacobins une énergie égale à la leur. Malheureusement il essaya de trouver une voie moyenne. Il fit la guerre, mais il ne voulut pas comprendre le caractère particulier de cette guerre; il méconnut qu'il avait à combattre une nation qui était en même temps une secte, et que la nouvelle lutte entre la France et l'Angleterre était toute différente des' anciennes luttes à propos de colonies en Amérique ou de forteresses dans les Pays-Bas. Il avait à combattre

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