‹ William Pitt et son tempsChapitre 19 sur 51 · INTRODUCTION. XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIX

un enthousiasme fanatique, une ambition sans bornes, une activité infatigable, l'esprit d'innovation le plus audacieux et le plus effréné; et il agissait comme s'il eût encore eu affaire aux courtisans et aux petits maîtres de l'ancienne cour de Versailles, à madame de Pompadour et à l'abbé de Bernis. »

C'est là un reproche de logicien et de lettré, non d'homme politique. On ne gouverne pas les peuples et les événements comme on développe un système ou comme on écrit un livre, en suivant jusqu'au bout les conséquences d'un principe ou en s'abandonnant à l'élan d'un sentiment ou d'une idée. C'est au contraire le devoir comme le métier des gouvernements de tenir grand compte de la complication des faits et de rester toujours en mesure de faire face à des situations essentiellement variables. En luttant contre une révolution, M. Pitt eut raison de ne pas devenir lui-même un révolutionnaire, de penser à la paix au milieu de la guerre, et de contenir son action dans les traditions et les limites des pouvoirs réguliers. Le plus passionné, comme le plus clairvoyant et le plus éloquent des adversaires anglais de la révolution française, Burke lui-même appréciait mieux que lord Macaulay la situation et la conduite de M. Pitt, car en lui écrivant le 28 octobre

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