XX INTRODUCTION
1795, et après lui avoir ardemment recommandé de ne jamais oublier que la guerre qu'il soutenait ne ressemblait à aucune autre guerre, il ajoutait avec une modestie admirable : « J'ai la confiance que vous êtes trop sage et trop généreux pour ne pas distinguer un zèle trop ardent peut-être d'une présomption inconvenante, quoique leur apparence puisse être la même. Du fond de ma mélancolique retraite, que la bonté du roi et la vôtre me rendent plus sûre et plus tranquille, mon anxiété pour mon pays m'a poussé à jeter mes pauvres opinions à la tête d'un homme qui, je le reconnais comme je le dois, est, par nature et par situation, bien plus capable que moi de juger sainement des choses. »
Il faut ajouter que les événements ont donné pleinement raison à M. Pitt, car si, dans le cours de sa vie et au moment de sa mort, il éprouva bien des mécomptes, le succès définitif n'a certes pas manqué à sa politique extérieure, continuée par ses disciples devenus ses successeurs.
En Angleterre même, et pour ses affaires intérieures, M. Pitt était essentiellement homme de gouvernement. Dès son entrée dans la vie publique, on en vit éclater en lui les qualités et les tendances ; sa jeune ambition était à la fois hardie et patiente; il