‹ William Pitt et son tempsChapitre 3 sur 51 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

On m'a souvent reproché, dans le cours de ma vie publique, de ne pas tenir assez de compte du sentiment national. C'eût été de ma part une bien étrange méprise. Ce que j'ai surtout et constamment désiré, c'est l'établissement, en France, de la liberté politique que j'ai toujours crue et que je crois toujours indispensable à la sûreté de nos libertés civiles comme à notre honneur. Autant qu'il a été en moi et dans les situations les plus diverses, j'ai travaillé à la fondation d'un gouvernement libre. Comment la liberté politique s'établirait-elle si chaque jour, à chaque pas, le sentiment national n'était pas écouté, consulté, ménagé? Que serait-ce qu'un gouvernement libre qui n'aurait pas, dans l'ensemble de sa politique et de ses actes, le sentiment national pour intime allié? Le sentiment national, c'est la vie instinctive d'un peuple, l'élan spontané de l'âme publique. Quiconque ne respecte pas profondément le sentiment national ne comprend pas et n'aime pas vraiment la liberté.

Mais le respect ne commande pas la servilité ni l'aveuglement. Que le sentiment national se puisse tromper, et qu'en France comme ailleurs il se soi! souvent trompé, l'histoire le prouve avec évidence ; je pourrais dire qu'elle le "proclame avec fracas. Au

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