‹ William Pitt et son tempsChapitre 4 sur 51 · INTRODUCTION. III · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. III

xvi e siècle, en Espagne, le sentiment national appfau dissait aux auto-da-fé de Philippe II. Si, à la même époque, le prince d'Orange, Guillaume le Taciturne, n'avait pas lutté contre le sentiment de son parti el de ses amis, la Hollande n'aurait pas eu l'honneur d'être la première à reconnaître el à pratiquer la liberté religieuse. Le sentiment national de l'Angleterre protestante a voulu longtemps l'oppression de la catholique Irlande. En France, au xvn e siècle, le sentiment national, aussi aveugle que Louis XIV, a approuvé la révocation de l'éditde Nantes. Si Washington, en 1795, ne s'était pas courageusement hâté, contre le sentiment populaire, de ratifier le traité conclu au nom des États-Unis avec l'Angleterre, il n'aurait pas fondé parla paix, après l'avoir conquise par la guerre, l'indépendance de son pays. Et tout à l'heure, après l'arrestation du navire anglais le Trent, si le président Lincoln n'avait pas, malgré le mouvement national, respecté le droit, des gens et remis en liberté les passagers que l'Angleterre réclamait, les États-Unis d'Amérique auraient aujourd'hui la guerre étrangère par-dessus la guerre civile.

L'erreur passionnée, l'emportement irréfléchi, l'imprévoyance aveugle, ne sont pas plus étrangers aux nations qu'aux individus, et n'ont pas, pour

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