INTRODUCTION.. VII
Europe n'ont changé cette situation. Nous avons eu la guerre en Europe, en Afrique, en Asie, avec la Russie, avec l'Autriche; nous avons été deux ou trois fois sur la pente de la guerre avec l'Angleterre ; cette dernière guerre n'a point éclaté. Bien plus, seules parmi les puissances européennes, la France et l'Angleterre se sont unies pour faire la guerre ensemble. En Belgique, en Crimée, en Chine, la paix entre les deux nations est devenue l'union guerrière de leurs drapeaux.
Est-ce le sentiment national qui, sous des pouvoirs si divers, a, depuis un demi-siècle, inspiré et soutenu cette politique? Nullement : le sentiment national lui était bien plutôt contraire; les anciennes traditions et les récents souvenirs d'hostilité envers l'Angleterre vivaient et vivent, encore en France; on les a vus se manifester vivement dès qu'un fait imprévu, la plus futile circonstance, en ont fourni l'occasion ou le prétexte. Mais un instinct supérieur aux im- • pressions populaires s'est élevé aussitôt et a donné aux gouvernements les plus divers la volonté et la force de leur résister. Le bon sens politique l'a emporté sur le sentiment national;- et quand nos bons rapports avec l'Angleterre ont paru sérieusement menacés, le sentiment national lui-même s'est arrêté