‹ William Pitt et son tempsChapitre 8 sur 51 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

et contenu devant la perspective des biens compromis et des maux imminents si cette guerre-là venait à éclater.

Je dis cette guerre-là, car c'est devant celle-là seument que l'esprit pacifique s'est élevé parmi nous et a prévalu. Le monde le sait, la France aime la guerre; et plus d'une fois, de nos jours comme jadis, elle l'a acceptée sans objection, bien plus, avec un empressement joyeux, quoique sans motifs sérieux et légitimes. Pourquoi, lorsqu'il s'agit de la guerre avec l'Angleterre, la France se montre-t-elle plus réfléchie et plus réservée ? Ce n'est certes pas que, devant cette perspective, son ardeur et sa confiance guerrières lui manquent; j'ai vu nos plus éminents, nos plus sages officiers s'enflammer à l'idée d'une telle lutte, et développer 'avec passion leurs plans et leurs chances de succès; mais* leur passion s'arrêtait à la voix de leur intelligente raison. La France et l'Angleterre sont ' les deux pays à qui leurs bons rapports font le plus de bien et qui, en se brouillant, peuventse faire le plus de mal. Mal moral et matériel incommensurable, à x la place d'un bien moral et matériel incontestable. Tant qu'ils sont en paix, la prospérité et la liberté des deux pays, le bien-être des masses et l'activité féconde des esprits, tout ce que nous appelons la civi-

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