INTRODUCTION. IX
lisation est, dans l'un et Tau Ire, en rapide progrès. Que la paix cesse entre eux, que la guerre s'engage ; ce bien disparaît, ce progrès s'arrête ; nous entrons, non pas dans une lutte spéciale, claire, limitée, appréciable, mais dans un avenir obscur, chargé, de maux, de questions et de chances dont les plus clairvoyants esprits ne sauraient mesurer la portée. C'est quand cet avenir se laisse entrevoir que nos goûts belliqueux se suspendent. Il y a là un intérêt national supérieur qui se fait reconnaître et obéir, en dépit du sentiment national.
En présence de ce fait, qui tient dans notre situation générale en Europe une si grande place, il nous importe infiniment de bien savoir et de bien juger l'histoire de notre dernière et ardente lutte avec l'Angleterre. Quelles ont été les vraies causes de cette lutte? Quelles idées dirigeaient et quels sentiments animaient les hommes qui en ont été, contre nous, les principaux acteurs? Pourquoi et dans quelle mesure M. Pitt a-t-il été, de 1793 à \ 806, l'adversaire de la France? Jusqu'à quel point le sentiment national, soulevé dès lors contre lui, est-il fondé ou erroné?' Ce ne sont point là, pour nous, des questions de pure curiosité historique; nous avons, pour la bonne conduite de notre politique extérieure, de grandes lu-