‹ Willy. Biographie précédée d'un portrait-frontispice, illustrée de divers dessins et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie; ornements typographiques d'OraziChapitre 3 sur 11 · VIE DE WILLY, GENDELETTRES · texte numérisé non relu

VIE DE WILLY, GENDELETTRES

L'année que Willy nacjuit ne fut marquée par aucun autre événement exceptionnel. A cette époque il s'appelait, avec plus d'emphase, Henry Gauthier Villars. Il lut d'abord dans les astres et les livres d'astronomie, puis se tourna vers l'histoire naturelle. Le Chdt-noir le guettait où il publia des fantaisies étincefantes de mauvaise foi.

Un jour, entendant Mignon, il eut une révélation et comprit soudainement ce qu'était la pire musique : tout! que devait-elle être? Rien !... Après une nuit passée dans son poêle à réfléchir, il décida d'être critique musical. Ainsi commencèrent les Lettres de r Ou creuse dont la renommée fit pâlir et trembler les étoiles (de théâtre).

Il écrivit des romans et des études historiques pour ne pas se faire remanjucr, jusqu'au jour où il s'occupa de Claudine. A partir de cette époque, nous avons des renseignements plus exacts encore que contradictoires sur sa vie publique et privée. Elles se confondent étroitement.

Doué d'une infernale adresse à faire croire au public ce qui n'est pas et à lui dérober ce qui est, Willy sut tromper les plus perspicaces historiographes. Quel lecteur, même averti, pénétrera le mystère de cette divinité en trois in(|uiétantes hypostases : Claudine, Colette, Polaire? Quant à la trimourti

Willy-Renaud-Maiigis Dans resprit desdits lecteurs, potiniers, et qui sappuienl sur des faits d'ailleurs véridiques mais soiji,neusement dénaturés, l'ordre de ces facteurs est interverti et, dirai-je, inverti. La vérité est que, Claudine dénichée, Willy, repris par sa première passion, Tastronomie, s'éprit d'alpha de la Petite Ourse ; après quoi, il retourna à sa chère zoologie, d'où son intérêt pour le Friquet.

Les raisons qui déterminent en lui ces brusques changements sont — pure hypothèse — le caractère même de cet homme, fantasque, capricant et volontaire, qui, soucieux de cacher des vertus, se plait à brandir l'orgueil de ses vices — comme un sabre au soleil ; son amour du nouveau et du renouveau ; le sadique agrément (juil trouve à alimenter de scandales les salons de la ville, et, par-dessus tout, son bon plaisir.

Ce gendelettres est une des plus curieuses figures de ce commencement de siècle flétri par les moralistes, les historiens, les journalistes, voire les députés. Il appartiendra à l'érudit impartial de hxer déhnitivement la place et le caractère vrais de cet homme à plusieurs noms, de cette àme à plusieurs facettes. Nous sommes trop près de lui et de son ère pour en discourir justement.

Il portait, le jour qu'il découvrit l'étoile Polaire, un chapeau de forme haute, de feutre et à bords plats, un complet d'étoffe pelucheuse, cette étoffe que les Bretons appellent « tweeds » et un gilet rouge ; il fumait des cigarettes à bouts dorés faites pour lui, (lit la Chronique, de tabacs qui nous sont inconnus.

Petite Revue (tu Midi, 19 mai 1903.

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