COLETTE
Willy a entre mille veines (et Dieu sait s'il en a, y compris la meilleure) celle d'avoir rencontré une copine qui sait adorahlement réunir les attraits capiteux d'une libre amie, les gamineries exquises d'une gobette qui s'en fiche, la douceur prévenante d'une compagne dévouée aux avantages de ce qu'il est convenu d'appeler une petite femme sérieuse. Et, avec tout, cela, le moins possible des défauts d'une maîtresse et rien du tout de crassement bourgeois, rien de ce que j'appellerai le pédantisme des professionnelles de l'honnêteté. Colette est plus que sa femme, avec sa frimousse de diablotine futée, son apparence de divette en mal de couplets, elle est l'initiée qui aime, qui sait et qui corn-
prend, elle est aussi occasionnellement sa collaboratrice dont la plume espiègle et les traits ingénieux savent intelligemment greffer aux écrits de l'époux une note de malice et une pointe de grâce (l).
Ah ! Colette exquise, que vous avez bien su être le féminin de Willy et que vous devez lui donner du goût !
(1) La page qui suit « Claudine à Marseille » a été écrite en collaboration avec Colette. On sait que Clcauli/ic vienl d'obtenir un succès considérable à Marseille el que le quatuor Willy, Lorrain, Colette, Polaire, honora les représentations de sa présence. On sait aussi que Je m évade ' roman passionnel sous presse, est dû également à la raison sociale Willv-Coletle.