LA LEVÉE EN MASSE
I. Lacdremont servait depuis Ireute-ciaq ans et complaît sept campagnes. Tous ses grade?, jusqu'à i celui de colooel, avaient été gagnés dans le même régiment, le 17" dragons, ci-devanL Scliomberg. Noble comme Beautiamais et dévoué, comme lui, au système populaire, il avait obtenu, comme lui, réclaLaute et prompte récompense de son civisme. Une aunée lui sulfit pour devenir successivement colonel, général de brigade, général de division et général d'armée. Peu d'officiers ont eu, sous la Révolution, un avancement plus ra[iide. Il gardait néanmoins son franc parler et osait critiquer BouchoUe. Ses lettres, qu'il termine volontiers par les mots ' salut et victoire ', respirent l'amour de la République, l'ardeur de combattre, le désicde saM^axVtisas» \
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el la confiance dans le succès, c Nous tiendrons ferme, écrivait-il, et mourrons là; il faudra que Tennemi nous passe sur le ventre ; je ne redoublerai ni de zèle ni de soins; j*ai toujours joué tout mon jeu. » Il joint à son fervent patriotisme un esprit réfléchi qui pressent les dangers et calcule toutes les chances: il met Schauenburg en garde contre une surprise ; il ne s*abuse pas sur la force réelle de son armée et sur la valeur des lignes de Wissembourg ; il propose à Bouchotte de tâter Frédéric-Guillaume pour le détacher de la coalition; mais Bouchotte répond que cette politique est c peu éclairée, peu nerveuse » et que les despotes ne traiteront jamais avec la France que pour la tromper 1 Par malheur, la tâche qu'acceptait Landremont était immense, et, comme on Va dit, il fallait plus que du courage et du talent pour commander Tarmée du Rhin dans un pareil état de désorgaDisation et de crise. Si Landremont ne manquait ni de bravoure ni d'activité, il n'avait pas l'expérience du monde ; il ne connaissait pas les hommes ; il n'avait pas encore dirigé de grandes opérations : aussi prit-il quelquefois d'imprudentes mesures et fit-il de mauvais choix ».
* Cf. Landremont à Bouchotte, 3i août ; Bouchotte au Comité, 17 sept, et noie de Legrand (A. G.). Charles-Hyacinthe Le Clerc de Landremont était né à Fenestrange, le 2i août 1739. Engagé à la fin de 1758, au 17' dragons, cornette le 23 août 1760, lieutenant en second le 2 mais 1762, lieutenant en piemier, ie 1" décembre 1763, capitaine, le 25 avril 1772, et pourvu d une compagnie le 5 mai suivant, commandant le dépôt des recrues à la formation de 1776, capitaine en second le 30 janvier 1778, capitaine-commandant, le 5 avril 1780; Landremont était chef d'escadron depuis le !•' mai 1788, lorsqu'éclaU H , °'"î^°°- Pe»dant Pannée 1790, avec cent dragons, il fui détaché dans le Limousin pour protéger la circulation des grains et y organisa }TmeuTT^^%^^ rejoignit son régiment, en 1791, et Tannée suivante oi nn " u^^ l'Argonne. Sa nomination de lieutenant-colonel date du ^j novembre 1791, et ceWe de coVoneV, dxi \2 iuillet 1792. Général de