‹ Wissembourg:Chapitre 18 sur 39 · LES PAS5A0SS DIT BHIN · texte numérisé non relu

LES PAS5A0SS DIT BHIN

et du canon. Mais Labruyère menaça de les fusiller, et ils De soufflèrent plus mot. Ou moula sur Irois radeaux; le quatrième restait inutile faule d'agrès et de mariniers. Les craintes des bateliers se vériHèreul aussitôt : il était impossible de mettre sur chaque radeau, comme Labruyère l'exigeait, une centaine d'bommes et uoe pièce d'artillerie. On n'embarqua donc que deux compagnies de grenadiers, du 4° et du 10' bataillons du Doubs; encore ces braves gens, au nombre de deus cents, avaientils de l'eau jusi|u'aux genoux. Ils dérivèrent cependant aux cris de : Vive la République ! qu'une foule de spectateurs répétait avec enthousiasme.

Les Autrichiens avaient installé des batteries en face de Huningue : ils tirèrent sur les radeaux et ue blessèrent personne; la dislance les empécbait de bien ajuster. Par malheur, au premier coup de cation, les volontaires se baissèrent ioslinctivement et le radeau s'enfonçaut sous leur poids, l'eau s'éleva jusqu'audessus des genoux et mouilla les cartouches dans les gibernes. Eufm, oq atteignit la rive allemande. Mais on ne sut pas arrimer les radeaux ; on manquait de càbies, parce qu'on les avait soit coupés, soit oubliés au départ; ou craignait que les bateliers n'eussent l'idée de regagner Huningue. Quelques soldais demeurèrent avec les mariniers, et les trois radeaux, entraînés par le courant, butant de distance en distance contre les épis, criblés de balles et de mitraille, ne lardèrent pas à couler. Tous ceux qui les montaient fureul tués ou pris ; deux bateliers périrent, trois autres se rendirent, le reste put se sauver à la nage. Quant aux volonioires débarqués sur la rive droite, que pouvaient-ils faire contre les Autrichiens ? Uevaieut-ils les attaquer dans leurs redoutes? lia étaient ca trop petit nombre ; ils n'avaient «yis, 4«a

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cartouches mouillées ; ils n'attendaient pas de secours. Ils se jetèrent en pays neutre, au Petit-Huningue, sur le territoire de Bâle. Désarmés et ramenés à la limite de FEmpire, ils passèrent le Rhin sur des nacelles et rentrèrent dans la place. Les Autrichiens tentèrent le même jour de bombarder Huningue, et« de huit heures du matin à dix heures et demie, tirèrent cinq cents coups sur la ville ; ils ne tuèrent pas un seul homme et ne firent que dégrader quelques toits. En revanche, les Français démontèrent un de leurs canons et endommagèrent considérablement leurs parapets et leurs redoutes; une seule volée leur enleva trois artilleurs *.

Les représentants répondirent au bombardement de Huningue par Tincendie de Vieux-Brisach. Le général Gromard * ne devait d'abord exécuter qu'un simulacre d'agression pour détourner l'attention des Autrichiens. Mais Lacoste ordonna de détruire Vieux-Brisach. Le 45 septembre, à cinq heures du soir, quatre mortiers et sept canons de 16 et de 24, installés au fort Mortier, jetèrent sur la ville une grêle de projectiles. Une petite batterie

* Ordre de Borie et de Ruamps, 7 août; Falck à Beauharnais, 8 août; Landremont à Vieusseux, 30 août; ordres de Labruyère, 12 sept., et de Sorbier, 16 sept.; le commandant de Huningue à Boucbolte, 22 sept.; Milbaud, Lacoste et Guyardin au Comité, 18 sept.; note de Le*5rand (A. G.) ; Bâcher et iiivalz à Deforgues, 19 et 20 sept. {Papiers de Barthélémy, 111, 62-63 et 65-66); cf. sur Falck £xpéd. de Custine, 2, et Charavay, Corresp, de Carnotf I, 76; sur Monter, Charavay, Corresp. de Carnot, 1, 416; sur Vieusseux, général de brigade depuis le 1*"" septembre 1792, Retraite de Brunswick^ 16; Eickemeyer, jjenkîo., 203 ; Papiers de Barthélémy, III, 19; Sedillot disait de lui que * noble genevois et marié en Suisse, il déplaisait à l'armée » (aux représentants, 16 août 1793. A. G.),

* Gromard [Jean-Gaston-Queniin) était général de brigade depuis le 7 septembre 1792, et de division depuis le 8 mars 1793. II fut rem-

placé à iVeuf-Brisach le 4 octobre par OlTenstein.

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de quatre pièces, établie à droite, daas l'Ile de Reiai faisait avec la grande halterifi dti fort un feu croisé. On 1 tira jusqu'au 19 seplemtire et on dépensa quatorze mil- | liers de poudre. La vieille cite fut réduite en cendres. Les flammes qui la dévoraient répandaient une telle 1 clarté qu'on pouvait lire un journal en pleine m plus d'une lieue. Pas une maison n'était intacte. Trois J ans après, Vieus-Brisach n'offrait aux regarda que de» I décombres, des pans de mur calcinés, des rues encore I pavées et couvertes d'iierbe ; tous les habitants avaient | fui ; il ne restait de la population qu'une poignée ( malheureux qui vivaient sous les voûte.'! des caves c dans des huiles au pied de la montagne.

Foi^ii, écrivaient les représentants, un repaire de moins, et l'on mandait de Bâle au Moniteur que la foudre répu-^ 1 blicaine avait anéanti la ville : a efTel terrible de la juste | vengeance d'un peuple libre I » Mais qu'était Vienx-Brisach, sinon un grand village ouvert, depuis que les j Impériaux avaient, en 1741, rasé tous ses remparts) Livrer Yieux-Brisach à ce cruel et inutile embrasement, n'élail-ce pas se priver d'une tète de pont qui J ferait défdut aux républicains lorsqu'ils passeraient plus I tard sur l'autre bord ? N'était-ce pas s'aliéner le Brisgau, J et ne vit-on pas aussitôt les paysans indignés se lever. J en masse et s'attrouper sur la rive pour interdire le sage aux carmagnoles 1

Les Autrichiens essayèrent de prendre leur revanchfl-" le 6 octobre. Ils bombardèrent le tort Mortier dt heures du malin à liult heures du soir. Mais eux aussi perdirent laur temps et leur peine. Le fort n'était qu'une demi-lune retranchée à la gorge qui s'ouvre sur le lihin. Vainement les canonniers impériaux tirèrent avec une merveilleuse adresse el lancèrent sur le (ciH.ç\.\i.'à i^^ixi.

ndXLé projeetiles ; il8 ne tuèrenl qa*iiii seul homme et tant de fracas n*aboatit qu'à briser des tulles, des lattes et quelques chevrons K

LUneendie de Vieux -* Brisach et la tentatiye de Huningue n'étaient que des dlTersions. La véritable attaque fut celle de NiSer. Le 40 septembre, Labruyère avait reçu de Landremont l'ordre de traverser le Rhin entre Meuf-Brisach et Huningue avec toute sa division et de marcher sur Fribourg-en-Brisgau. Le général donna sur-le-champ les instructions nécessaires. Mais les bateaux destinés au passage étaient restés longtemps sur le glacis de Huningue» exposés aux intempéries des saisons, et Beauhamais les avait fait récemment transporter à CfOlmar, sur la rivière dlU, pour les réparer. Il fallait les raccommoder et les mettre en état de servir ; il fallait en outre se procurer douze cents chevaux pour les retirer de TIll et les conduire au Rhin, à quelques lieues de là. Le passage ne pouvait donc s'exécuter le 44 septembre, comme le voulaient Landremont et Labruyère. En vain les représentants Lacoste, Milhaud, Guyardin se rendirent à Golmar et déclarèrent que la division du Haut-Rhin devait franchir le fleuve sans nulle remise. On leur prouva qu'il était impossible d'entreprendre aussitôt l'opération. Ils accordèrent, tout en maugréant, un délai de plusieurs jours et fixèrent le passage au 4i, puis après de nouveaux et inévitables retards, au 46 septembre.

^ Milhaud, Guyardin, Lacoste au Comité, 18 sept., note de Legrand (A. G.) ; Aug. Stoeber, Curiosités de voyages en Alsace, 1874, p. 297; Sigmund BiLling, Kleine Chronik der Stadt Colmar, p. Waltz, 1891, p. 299-301 ; Coste, Not. sur Vieux-Brisach, 1860, p. 285; E. Martin, I>fâ ZersWrung BreisacKs durch die Franzosen, 1874, p. 1-22.

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