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taque. Pendant que 3,000 hommes de la garnison de Landau, commandés par Gilot, tenaient l'adversaire en respect à la lisière des forôts, Ferrier, qui conduisait la droite de l*armée, opérait de vigoureuses démonstrations sur la ligne de la Queich et notamment contre Germersheim. Depuis le 3 juillet, il était en avant de Jockgrimet, dès le 6, il occupait les villages de Rijilzheim, de Kuhardt et de Hoerdt. Il dispersa les tirailleurs autrichiens et se saisit de trois autres bourgades, Ottersheim, Knittelheim et Bellheim S
La gauche de l'armée du Rhin eut le môme succès. D*Arlande, avec la brigade du 13« régiment, s'empara des gorges d*Annweiler. Meynier, avec la brigade du O?**, se rendit maître d*Albersweiler. Landremont, Loubat et Delmas, à la tète de Tavant-garde, chassèrent de Franckweiler, après une fusillade assez vive, les émigrés et le corps franc de Wurmser ".
Beauharnais établissait ainsi ses communications avec l'armée de la Moselle par le pays de Deux-Ponts. Mais il négligeait de pousser sa pointe et de profiter de Tardeur de ses soldats. Il n*assaillait de nouveau les alliés que le 22 juillet. Néanmoins, il eut encore Tavantage. La brigade Meynier et les bataillons d'infanterie légère que commandait Delmas tournèrent les hauteurs de la Chapelle Sainte-Anne, où s'élevaient plusieurs redoutes. Les Austro-Prussiens conduits par Spleny, Hotze et Thadden firent leur retraite le long des Vosges, de village en village, de Sainte-Anne à Burrweiler, de Burrwei'er à Weyher, de Weyher à Rhodt et
* Mon,^ 25 juillet ; Gesch, der Kriege^ I, 198.
" Beauharnais a la Convention, 20 juillet [Mon, du 24) ; Batave^ n* 165 (lettre du 20 juillet) ; Journal de la Montagne^ n» 57 ; Gebler, p. 24.
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à Edenkobeo. L'action, emamée vers neuf heures du malin, ne se lermiua qu'à la nuit close. Si Beaubaraais avait su ce qui se passait! Pris d'une terreur pauique, les ennemis se croyaient cernés et se débandaieat dana l'obscurité; seul, le bataillon autrichien Terzy ne faiblit pas et couvrit la fuite.
Perrier avait moins de bonheur à l'aile droite. Sa division s'était portée en deux colonnes entre les hauteurs d'Essingen et les bois de Boroheirc, contre un corps d'émigréset les troupes légères du général Meszaros. Elle refoula l'adversaire sur toute la ligue et s'avança témérairement d'Oltersheim jusqu'à Niederhochsladt. Mais les IrapériauK reçurent des renforts. Malgré leurs assauts réitérés, les carmagnoles ne purent enlever les retranchements de Niederhochstadt. Ils durent reculer après avoir perdu deux canons. Le 9" régiment de cavalerie, vigoureusement chargé par les carabiniers de l'Empereur, ne se rallia que derrière l'infanterie. Heureusement le 3« et le 46' de ligne soutinrent le choc avec fermeté; le premier rang croisa la ba'ionnette, le deuxième et le troisième rangs firent le feu de lile, et la cavalerie autrichienne qui s'était lancée dans les chemins creux, au milieu des vignes, tourna bride sous une grêle de balles.
Pourtant, la journée était gagnée. Officiers et soidats avaient vaillamment combattu. On citait plusieurs traits de courage héroïque. Le maréchal-des -logis Guéret, porte-drapeau du 9' cavalerie, serré de près par quatre impériaux qui le sommaient de se rendre, en avait tué deux et blessé le troisième; renversé par le quatrième, il se dégageait de dessous son cheva! et revenait au régiment avec son étendard brisé. D'autres encore s'étaient signalés ; Beauharnais louait la valeur distinguée de
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Delmas, Tintelligence et ractiyilé de l'adjudant-géQéral Abbatucci, et les soins infatigables du chirurgien Larrey. Le représentant Ruamps exaltait la bravoure des volontaires qui gravissaient des pentes escarpées sous une pluie de projectiles et, parvenus au sommet des hauteurs, mettaient leurs chapeaux au bout de leurs baïonnettes pour acclamer la République victorieuse. Toute l'armée, fière de son triomphe, criait Mayence^ Mayencel « L'espoir de délivrer la ville, rapporte un contemporain, enfantait des prodiges; il est certain, à eu juger par Tenthousiasme que les troupes avaient montré et par Tenseoible qui présidait aux opérations, qu'une armée beaucoup moins forte que la nôtre eût fait lever le siège de Mayence, si Mayence eût résisté quelques jours de plus *. »
Déjà Wurmser reculait. Il avait ordre de tenirà Edenkobeu, ou du moins en arrière d'Edenkoben, pour couvrir Neustadt. Daus la nuit du 24 au 25 juillet il se rabatlit sur la route du Rhin : Edeokoben était abandonné ; le chemin de Neustadt ouvert ; la communication entre les Prussiens et les Autrichiens interceptée. Mais le 23 juillet Mayence capitulait, et cette nouvelle, éclatant de même qu'un coup de foudre au milieu de l'armée du Rhin, y répandait Tindignalion et le désespoir. Dans le premier moment, les soldats jurèrent de regarder les Mayençais comme des traîtres et de ne pas fraterniser avec eux. Mais lorsqu'ils virent arriver la garnison, lorsqu'ils apprirent les périls qu'elle avait essuyés, leur colère s'apaisa et ils se jetèrent tout émus dans les bras de leurs frères d'armes. Quant à Beauhar-
* D'Ecquevilly, I, 95; Qesch.der Kriege^ I, 199; Gebler, 25-26; Beauharnais à la Convention, 23 juillet {Mon. du 27); Journal de la Montagne^ u'* 69 ; note de Leprand (A.. G.).
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nais, il était consterné; il comprenait les conséqueoees de la reddition dr^ Mayence et songeait douloureusement que les coalisés, mailres désormais de leurs mouvements, allaient fondre sur l'Alsace avec toutes leurs forces." Cet événement, écrivait-il au Comilé, change tous les plaos de la campagne », et il déclara dans une proclamation que son armée, dorénavant incapable de jouer uo rôle ofTensif, devait o former une barrière » et s'opposer à l'irrupiioa imminente'.
Il voulut un iosiant faire face derrière les lignes de la Queicb. Ces lignes, presque ruinées et négligées depuis longtemps, n'étaient pas en meilleur étal que celles de la Lauter, mais elles offraient quelques ressources à la défense, l^andau donnait à la gauche de l'armée un appui plus soliiie que la mauvaise position ôe Wisserabourg, et si Germersheim, qui formait la droite des lignes de la Queich, ne valait pas Lauleibourg, on pouvait, à l'aida des inondations, mettre cette ville à l'abri dun coup de main. Elle n'eût pas résisté deux heures; elle n'avait que trois petites redoutes détachées, un ouvrage sans consisiance, et le cimetière dont les terres éiaient relevées par un mur intérieur. Ktablio à Germersheim, l'armée française gardait les lignes de la Queich ; elle préservait de l'invasion le riche pays qui s'élend entre cette rivièie et la Lauter; elle empochait le blocus de Landau ; postée à l'exlréme fronlière et en territoire ennemi, elle reprenait cœur'.
Mais Beauharnais s'imagiuait que Germersheim était une place de guerre, et il écoula Ferrier qui lui mon-
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