EXCURSION DE CAVALERIE FRANÇAISE
Le lendemain, ayant été invité à me rendre à la porte de Hagiienau, pour m'aboucher avec le chef d'un très gros détachement de la cavalerie de la brigade de Septeuil, je recueillis des paroles à peine obligeantes de l'officier supérieur qui le commandait. Il me demandait ce que je savais de nouveau, et comme je répétais pour la centième fois mon antienne sur les rassemblements énormes à la frontière, il me dit que je devais être induit en erreur, que j'exagérais considérablement, en tout cas, que dans ses excursions de cavalerie il n'avait rien pu relever qui justifiât mes indications. Lorsque je me permis de lui dire qu il n'y avait qu'à s'avancer à une distance de quelques kilomètres au delà de la Lauter pour se faire une opinion contraire, il rompit l'entretien et continua son excursion sur les routes françaises, persuadé prol)ablement que nous avions tous la berlue.
Il y avait, en vérité, une mauvaise chance extraordinaire pour nous dans ce chasse-croisé des reconnaissances françaises et allemandes; elles ne se rencontraient pas, sauf, ce môme jour, je crois, dans les environs de Seltz, et cependant