‹ Wissembourg au début de l'invasion de 1870Chapitre 24 sur 49 · AERIVÉE DU CADAVRE DU GENERAL DOUAY · texte numérisé non relu

AERIVÉE DU CADAVRE DU GENERAL DOUAY

Le corps de rinfortuné général nous ayant été remis, nous gagnâmes, assistés des médecins, une pharmacie de la Grand'rue, dans la pensée qu'il pourrait être procédé à l'embaumement du corps. Mais, sans compter que les substances nécessaires en quantité snffisante faisaient défaut, on put se convaincre que Tétat du cadavre eût rendu cette opération fort difficile.

Le général avait succombé, instantanément sans doute, à une blessure des plus graves : un éclat d'obus lui avait déchiré les entrailles. Il fut donc transporté aussitôt à la souspréfecture, dont la principale pièce fut transformée en chambre ardente. Sa douce et mâle figure était calme, sans indice de souifrance. Il reposait sur son lit, revêtu de sa tunique.

Quelle nuit que cette veillée ! Quelles angoisses et quels effondrements en moins de vingt-quatre heures! Et les forces étrangères, implacable et ardente multitude, s'écoulaient autour de nous avec un fracas assourdissant. Cette nuit-là et les deux suivantes, toute la lit'' armée allemande, 180,000 hommes, traversa ou contourna la ville avec ses interminables convois d'artillerie et de charrois. L'occupation ennemie nous tenait comme étranglés sous elle, nous soumettant au régime brisant des menaces et des réquisitions.

main que huit bataillons d'infanterie comprenant 4,785 hommes ; trois batteries d'artillerie avec 448 hommes et une compagnie du génie de 110 hommes. Quant à la cavalerie, qui comptait 688 sabres, elle n'a pris aucune part au combat.

Les forces allemandes réunies à Wissembourg étaient de 75,000 hommes. D'après les états des pertes, 31 bataillons d'infanterie comprenant 30,225 combattants et 15 batteries d'artillerie ont été engagés au feu.

On s'est donc battu dans la proportion de plus de six fusils contre un, et de cinq canons contre un.

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