‹ Wissembourg au début de l'invasion de 1870Chapitre 25 sur 49 · RÉFLEXIONS SUR LE COMBAT DE WISSEMBOURG · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS SUR LE COMBAT DE WISSEMBOURG

Quoique je me sois fait une règle de ne raconter que ce que j'ai vu et vécu, c'est^ je crois, le moment de dire sommairement ce qu'a été le combat de Wissembourg.

Les Allemands de la IIP armée, concentrés presque complètement dès le l" août dans le Palatin at, en face de la ligne frontière (jui s'étend de Wissembourg à Lauterbourg, ne reçoivent Tordre de pénétrer sur notre territoire que dans la nuit du 3 au 4 août. Ils se sont gardés jusque-là, dans la mesure du possible, en interceptant toutes les voies de pénétration dans le Palatinat et ne se sont ébranlés que lorsque leur résolution d'aller définitivement de Tavant a été arrêtée.

Ils ne connaissaient, du reste, que fort imparfaitement rimportance et les positions des troupes françaises.

Pendant ce temps, on acheminait avec hésitation et lenteur nos forces vers la frontière, et, le 3 août au soir, la conviction bien arrêtée du commandement était que la réunion en force de Tarmée allemande n'était que fantasmagorie , qu'on avait devant soi le temps nécessaire de prendre à loisir les dispositions opportunes. Le général Douay allait

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môme coucher dans un petit village situé au bas des pentes du Geisberg et n'avait pu, la nuit s'étant déjà faite, visiter en détail remplacement où devait camper sa division.

Quand, à 8 heures du matin^ une batterie bavaroise ouvrit le feu sur Wissembourg, la surprise fut générale. Nos troupes^ je le crois, furent engagées ou marchèrent au feu à Fimproviste, sans qu'aucune disposition générale de combat eût pu être utilement adoptée. Vers 10 heures et demie^ les V^ et XI" corps prussiens débouchaient du Bienwald et traversaient la Lauter^ se portant dans la direction du Geisberg ; déjà il n'y avait plus d'espoir de résister efficacement à Ténormité du choc qui se préparait.

Nos soldats du corps de place et du Geisberg avaient été héroïques contre les Bavarois; ils furent héroïques contre les Prussiens, mais à quoi, en dehors de notre gloire et de notre vieille renommée, ces efforts pouvaient-ils aboutir ? Tout au plus à se faire respecter par l'ennemi et à couvrir vaillamment notre retraite.

Le général Douay, qui avait trouvé la mort presque au début de l'action et qui, dès lors, ne saurait avoir aucune part de responsabilité dans la direction du combat, n'aurait pu, mieux que d'autres, assurer une issue favorable à nos armes. Sa division était, dès l'ouverture de l'engagement, dans un état flagrant d'infériorité vis-à-vis de l'agresseur, tant par le nombre des combattants que par l'artillerie.

Mais chacun fit admirablement son devoir, et c'est merveille qu'une troupe de 5,000 combattants ait pu tenir tête, de 8 heures du matin à 2 heures de l'après-midi, à l'efîbrt successif de plus de 35,000 Allemands entrés effecti-

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