Z AVANT LA DECLARATION DE GUERRE
C'est ainsi que reffervescence que l'on croyait remarquer chez le général Ducrot, qui commandait la division, paraissait fort exagérée et qu'en le voyant passionnément pénétré de la gravité de son rôle, on surprenait maints sourires railleurs et Ton entendait môme fredonner irrespectueusement sur son passage les rengaines chauvines empruntées au répertoire d'Offenbach, comme : « Pars pour la Crête », et c( Où est Tennemi? »
Lorsque en 1867, au retour de l'entrevue de Salzbourg, l'empereur s'arrêta deux jours à Strasbourg et visita, entouré d'un appareil exclusivement militaire et démonstratif, les hauteurs de Hausl)ergen, destinées à recevoir des ouvrages de défense, — ces mômes hauteurs d'où, trois ans après, les Allemands ont tenu Strasbourg à leur discrétion, — c'est à peine si l'opinion générale ne marquait pas son étonnement de pareilles préoccupations qu'elle jugeait superflues et inquiétantes.
Bref, on n'était pas batailleur et l'esprit [)ul)lic n'était pas porté à partir en guerre.
Des sentiments anti-prussiens régnaient cependant sans conteste dans tous les rangs de la société alsacienne : souvenirs des brutalités cruelles de 1814 et de 1815; irritation contre la morgue de ce peuple militarisé qui traînait bruyamment son sabre, sur les deux rives du Rhin, dans toutes les villes d'eaux que nous aimions à fréquenter : Bade, Ems, Wiesbaden, Hombourg, Kreuznach.
Il existait aussi chez 1)eaucoup d'Alsaciens une certaine tendresse rétrospective pour les victimes de la répression sanglante de l'insurrection de nos bons voisins du <rrand-