AVANT LA DECLARATIOX DE GUERRE. O
duché de Bade en 1848, accomplie par les troupes prussiennes, et dont les épaves, réfugiées en Alsace, y avaient été bien accueillies et entretenaient nos sentiments d'hostilité contre leurs propres vainqueurs.
Quant à étendre cet éloignement du Prussien aux autres Allemands, nul n^ songeait; on ne supposait pas que les traités secrets qui avaient suivi la guerre de 1866 pussent avoir pour conséquence d'armer contre nous nos plus proches et sympathiques voisins de Bade et de la Bavière rhénane.
Les relations avec eux étaient des plus cordiales, entretenues par les procédés les plus courtois. Des liens de famille s'étaient formés entre les populations frontières, de même que des rapports officiels d'une aménité parfaite. Kehl était comme une annexe de Strasbourg : son commandant militaire faisait en quelque sorte partie de la société strasbourgeoise. Les officiers badois et bavarois assistaient en uniforme aux bals de la division et de la préfecture. Chaque année, au moment de l'inspection générale d'artillerie, l'opération du lancement d'un pont de bateaux sur le Rhin donnait lieu à une sorte de fête internationale. Les autorités traversaient le fleuve, se faisaient visite et nos soldats en uniforme, pénétrant sur le sol badois, fraternisaient, la chope à la main, avec les soldats du grand-duc. Nous vîmes encore ce spectacle original en 1869.
Sur la frontière bavaroise se produisaient des faits tout aussi caractéristiques.
Le 1" juillet 1870, cinq jours avant la provocation Hohenzollern , trente-quatre jours avant le bombardement