AVANT I.A DECLARATION DE GUERRE
de Wissemboui'g , le conseil de révision se rendit tout entier', en uniforme et en armes, pour faire honneur à la bière bavaroise et au petit vin blanc d'Edenkoben ou de Neustadt^ au Windliof^ en territoire du Palatinat^ à [,200 mètres de Wissemboiirg. Il y rencontrait une parfaite cordialité; aucune apparence du plus léger dissentiment^ aucune prévision de guerre n'existaient à ce moment.
Bade^ Tincomparable lieu de rendez-vous de toute TEurope, formait un lien de })lus entre les Alsaciens et nos voisins. Nous y trouvions un accueil vraiment amical que nous rendions joyeusement et sans hauteur.
Des relations administratives existaient couramment avec le Palatinat^ et la régence de Spire frayait avec la préfecture du Bas-Rhin.
Rien n'était donc plus loin de notre pensée que Tidée d'une guerre, mettant aux prises, comme une guerre de race, les Français et les Allemands. 11 ne s'agissait, supposionsnous, que d'un duel au premier sang avec la Prusse pour avoir raison de ses impertinences et de ses prétentions à l'hégémonie.
Ace duel, nous avions la prétention de pouvoir faire honneur. N'avions-nous pas la conscience de notre vertu militaire, éprouvée par des guerres heureuses, la situation morale prépondérante dont nous jouissions en Europe depuis la guerre de Crimée, des traditions de victoire et la convic-
1. Il était composé du préfet, du général Moreno, de MM. Charles Lefébure, conseiller de préfecture, Brisac, sous-inteudaut, AVattelin, coinmandaut du recrutement, Cogit et Suret, médecins-majors.