FAUSSES ESPERANCES
Les nouvelles les plus extraordinaires trouvaient encore créance dans les esprits.
Le 22 août/ c'était le massacre de 40,000 Allemands dans les carrières de Jaumont ; — le 25 août, c'était Mac- ^lahon au camp de Clialons , à la tête d'une armée de 400,000 hommes; la destruction du corps de Steinmetz, par Bazaine, qui prend 100 canons, tue 40,000 hommes, en blesse 35,000 et fait autant de prisonniers; — le 20 août, c'est une dépêche de Mac-Mahon au ministre de Tintérieur, annonçant une victoire décisive, nos troupes se faisant un rempart avec les cadavres prussiens, — Une autre dépêche , annoncjant les victoires successives de Bazaine , se terminait par ces mots : Encore huit jours de patience et riiumiliation de la France sera terminée.
D'où venaient ces dépêches? Dans l'affaissement général, elles étaient acceptées par la crédulité publique et relevaient un instant les courages.
Le 25 août, le curé de Wissembourg fut invité à célébrer solennellement, par un Te Dcuni, la fête du roi de Bavière.
Puis quelques jours s'écoulèrent encore, dans une accalmie relative, au milieu de nos occupations d'ambulanciers.
LE NOUVEAU GOUVERNEMENT DE l' ALSACE
A la date du 3 septembre, j'eus Texplication fort claire des motifs de la convocation qui m'avait été faite, en même temps qu'à mes collègues de Saverne et de Sarrebourg, de me rendre à Sarrebourg pour conférer au sujet de la nouvelle administration.
Je reçus, en eifet, ce jour-là, dans la soirée, par le commandant d'étapes de Wissembourg, le maître Jacques des pays occupés, un ballot d'imprimés accompagné de la note suivante :
Ci-juint j'ai l'honneur de vous remettre 250 exemplaires de ma proclamation du 31 du mois dernier (contenue dans le supplément des Nouvelles officielles du gouvernement d'Alsace) et 120 exemplaires du manifeste de M. le gouverneur général d'Alsace, du 30 du mois dernier, avec la plus respectueuse prière de veiller que ces affiches soient envoyées dans toutes les communes de l'arrondissement de Wissembourg, pour être affichées sans retard sur les édifices publics.
Haguenau, le 2 septembre 1870.
Le Préfet du Bas-Rhin, Comte LuxBURa^
1. Anruhend beehre ich mich 250 Abdriicke meiner Proklamation vom 31. V. Mts (enthalten in dcr Bcilage zu den « Amtliche Nachrichteu