‹ Woodstock (volume 2)Chapitre 5 sur 22 · Nou, non; sir Henry Leeavoit trop de rei · texte numérisé non relu

Nou, non; sir Henry Leeavoit trop de rei

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pect pour pour les choses qu’on regarde au-

jourd’hui comme n’en méritant aucun. D’ailleurs les grands appartements n’ont pas été aérés depuis bien des années , et ils ne sont pas en très bqn état. C?est la porte à gauciie qui conduit à l’appartement du chevalier.

— Et où conduit cet escalier qui semble monter et descendre ?

— En montant, il conduit à -divers appartements et entre autres aux chambres à coucher. En descendant, il meneaux cuisines, aux offices et aux caves du château , où vous ne pourriet aller à cette heure sans lumière., ' ‘

— En ce cas , nous nous rendrons dans les appartements de votre maître. Y trouve^-on de quoi se loger convenablement ? ’

— Il s’y trouve l’ameublement dont s’est contenté un bomme de condition , mal logé en ce moment, répondit l’honnéte garde forestier, dont la bileétoit tellement échauffée qu’il munnaraen baissant la voix de manière à être entendu à demi, — et par conséquent il est assez bon pour un coquin de Tète-Ronde comme toi.

Cependant il marclia en avant, et conduisit l’indépendant dans l’appartement de sir Henry.

On y arrivoit par un passage, fermé par detix portes massives en chêne , qu’on pouvoit barricader au besoin par d’énormes barres- de même

l)ois, appuyées le long de la muraille, et dont les bouts pouvoient entrer dans des trous pratiqués à cet effet de chaque côté dans les murs. Après ce corridor ils trouvèrent une petite antichambre , et ensuite le salon du chevalier, qu’on auroit pu nommer , dans le langage du temps , un beau salon d’été. Il étoit éclairé par deux croisées en saillie placées de manière que chacune d’elles donnoit sur une jivenue différente , conduisant dans la forêt. A l’exception de deux ou trois portraits de famille qui n’offroient qu’un intérêt secondaire , le principal ornement de cette s^le étoit un grand portrait en pied , suspendu audessus, de la cheminée, qui étoit de pierre, comme celle du vestibule, et ornée de sculptures , de devises et d’armoiries. ,

Ce portrait étoit celui d’un homme d’environ cinquante ans., armé de pied en cap, et l’on y remarquoit la manière sèche et dure d’Holbein. Peut-être même avoit-il été peint par cet artiste, et ^les dates permettoient cette supposition. Les angles , les ppintes et la surface raboteuse de l’armure formoient un excellent sujet pour cette vieille école. L’affoiblissement du coloris avoit rendu la figure du chevalier pâle et sombre , comme celle d’up habitant d’un autre monde; cependant ses traits avoient èncore une forte expression d’orgueil et de joie il tenoit son bâton

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de commandement étendu vers l’arrière-plan , où l’on voyoiten perspective, — autant que l’artiste avoit pu en peindre les elFets , — les débris d’une église ou d’un monastère en proie aux flammes, et quatre ou cinq soldats en uniforme rouge, emportant en triomphe un grand vase de bronze qu’on pouvoit prendre pour un lavoir ou pour des fonts baptismaux , et au-dessus de la tête desquels on pouvoit encore lire , Lee Victor sic volait. En face de ce portrait, dans une niche pratiquée dans la muraille, étoit une armure complète , dont tous les ornements étoient exactement semblables à ceux que le tableau offiroit aux yeux.

— G’étoit un de ces portraits dont les traits et l’expression ont quelque chose de prononcé qui attire l’attention même des ignorants en peinture. L’indépendant le regarda, et un sourire passager effaça un instant les rides sévères de son front. Sourioit-il de plaisir en voyant un ancien chevalier occupé à brûler et à piller une maison religieuse, occupation qui avoit beaucoup de rapport avec les usages de sa propre secte? étoit-ce mépris pour la touche dure et sèche du vieux peintre, ou parce que la vue de ce portrait remarquable réveilloit en lui d’autres idées? c’est ce que le garde fo^ restier ne pouvoit décider.

Quoi qu’il en soit, ce sourire ne. dura qu’un

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instant, et le soldat s’approcha des croisées, dont les embrasures s’avançoient à deux pieds au-delà du mur. Dans l’une étoit un pupitre en bois de noyer, et vm grand fauteuil rembourré, couvert de cuir d’Espagne. Une petite commode étoit à côté, et, quelques-uns des tiroirs en étant ouverts, on y voyoit des sonnettes pour les faucons , des sifflets pour rappeler les chiens, divers instruments pour nettoyer les plumes des oiseaux de chasse , des mors de différentes espèces , et d’autres bagatelles à l’usage d’un chasseur,

La seconde embrasure étoit meublée différemment. Sur une petite table étoient placés quelques ouvrages d’aiguille, un luth et un livre de musique, et l’on y voyoit aussi un métier à broder. Une tapisserie tendue sur les murs de cette espèce de petit cabinet annonçoit plus de recherche qu’on n’en remarquoit dans le reste de l’appartement , et l’arrangement de quelques pots de fleurs de la saison prouvoit que le goût d’une femme y avoit présidé.

Tomkins jeta un regard indifférent sur ces objets d’occupations féminines, et, s’approchant de l’autre croisée, il se mit à tourner, avec une apparence d’intérêt, les feuilles d’un in-folio laissé ouvert sur le pupitre. Jocelin, qui avoit résolu d’examiner tous ses mouvements sans les gêner en rien, restoit en silence à quelque distance, quand une

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porte couverte de tapisserie s’ouvrit tout à coup, et une jeune et jolie villageoise entra d’un pas léger, une serviette à la main , comme si elle eût été occupée à remplir quelque fonction domestique.

— Comment, sire Impudence ! dit-elle à Jocelin d’un ton égrillard; — qui vous rend assez hardi pour entrer dans cet appartement en l’absence du maître?

Mais, au lieu de la réponse qu’elle attendoit peut-être, Jocelin jeta un regard douloureux vers le soldat qui étoit dans l’embrasure d’une des croisées, comme pour lui faire mieux comprendre ce qu’il alloit lui dire.

— Hélas! ma jolie Phœbé, lui dit-il à demi-voix et avec un ton d’accablement; — il y a ici des gens qui ont plus de droits et de pouvoir qu’aucun de nous , et qui feront peu de cérteionie pour y venir quand bon leur semblera, et y rester tant qu’il leur plaira.

Jocelin jeta un autre regard -Sur Tomkins, qui sembloit toujours occupé du ïiy^^ buvert devant lui, et il s’avança tout près de la|éui^è fille étonnée, qui continuoit à regarder alternativement le gardé forestier et l’étranger, comme si elle n’eût pu comprendre pourquoi le premier lui parloit ainsi, et pourquoi l’autre se trouvoit en ce lieu.' ,

— Partez, ma chère Phœbé, lui dit Joliffe en approchant la bouche si près de sa joue que son baleiné agitoit les boucles de cheveux de la jeune fille; — courez aussi vite qu’un faon à ma chaumière; je vous y rejoindrai bientôt, et

* — En vérité ! à votre chaumière ! dit Phœbé en l’interrompant; — vous êtes assez hardi pour un homme qui li’a jamais fait pei# qu’à quelques pauvres daims ! — ‘Moi aller dans votre chaumière! cela est fort probable, en vérité !

— Chut, Phœbé 1 dit Jocélin ; silence ! ce n’est pas le moment de plaisanter. Je vous dis de courir à ma chaumière avec la légèreté d’un cerf. Vous y trouverez notre vieux maître et notre jeune maîtresse, et je crains bien qu’ils ne reviennent jamais ici. — Tout est à vau-l’eau, ma chère; le mauvais temps est arrivé comme une tempête. — Nous sommes chassés et aux abois.

— Cela est-il bien possible, Jocelin? demanda la pauvre fille tournant vers lui ses yeux où étoit peint l’éfïroi, et qu’elle lui avoit cachés jusqu’alors par un intérêt de coquetterie villageoise.

— Cela est aussi certain, ma chère Phœbé, qu’il est sûr que...,. — Le reste de la phrase se perdit dans l’oreille de Phœbé , tant les lèvres de Joliffe en devinrent voisines , et si elles touchèrent, ses joues, le chagrin a ses privilèges comme

l’impatience, et la pauvre fille avoit des sujets d’alarmes assez sérieux pour ne pas s’effaroucher d’une semblable bagatelle.

Mais le contact des lèvres du garde forestier avec la jolie joue de Phœbé, quoique un peu brunie par le soleil , n’étoit pas une bagatelle aux yeux de l’indépendant, qui, tout^à-l’heure l’objet de la vigilance inquiète de Jocelin , avoit joué à son tour le rôle d’observateur dès que la scène avec la jeune fille avoit commencé à devenir intéressante. Quand il vit Joliffe en venir là, il élèva la voix avec un aigre sifflement comparable au bruit que font les dents d’une scie : à ce bruit Jocelin et Phœbé sautèrent à six pieds de distance l’un de l’autre, et si Cupidon étoit de la partie', il dut s’envoler par la fenêtre, comme im canard sauvage fuyant une coulevrine.

Prenant aussitôt l’attitude d’un prédicateur qui va tonner contre le vice : — Comment ! s’écria-t-il, impudents et déhonlés que vous êtes! Quoi! des caresses impudiques et lascives en notre présence! — Quoi! la vue d’un mandataire des commissaires de la haute cour du parlement ne vous inspire-t-elle pas plus de retenue que si vous étiez dans quelque baraque impure d’une foire, ou au milieu des sons profanes d’une salle de danse, que d’infâmes ménétriers font retentir du bruit de leurs instruments impies, en chantant pour s’accompagner :

Baisez-vous 'bien tendrement; le ménétrier est aveugle

— Mais, ajouta-t-il en donnant un grand coup de poing au volume ouvert devant lui, — voilà le roi et le grand-maître de tous les vices et de toutes les folies. — Voilà celui que les hommes charnels appellent le miracle de la nature. — Voilà l’auteur qui fait les délices des princes, et que les filles d'honneur placent sous leurs oreillers. — Voilà celui qui enseigne de belles phrases où l’on ne trouve que fadaises et vanités. — C’est toi, ajouta-t-il en accompagnant ces paroles d’un second coup de poing ( et, ô meinbres révérends du club de Roxburgh *, ô membres chéris de celui de Bannatyne, c’étoit le premier in-folio, — é’étoit Henimings et Condel, c’étoit l’édition princeps ); c’est toi, toi, William Shakspeare, que j’accuse de toutes les taches dont la fainéantise , la folié, l’impureté et la débauche ont souillé le pays depuis le premier jour que tu* as' commencé à écrire.

‘ C’^ le refrain d’nn air de ronde :

• Saisea , baiaea-eona bien ,

» Le ménétrier n’y voit gontte ;

» BaUez, baisec-Tons bien, a Le ménétrier n’en Toit rien. »

’ Clnb fondé par le dnc de Rozbnrgb , grand bibliomane.

( Nvt»! de r Éditeur. )

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. — Par la messe ! s’écria Jocelin , dont le caractère franc «t hardi ne put se modérer plus longtemps , c’est une lourde accusation. Par la morbleu ! Will de Stratford, le favori de notre maître, doit-il être responsable du plus petit baiser qui ait été dérobé depuis le règne du roi Jacques? C’est un compte qui seroit difficUe à rendre, sur ma foi. Mais je voudrois bien savoir qui répondra de tout ce qu’on a pu faire avant lui.

— Ne plaisante pas, répondit le soldat, de peur qu’écoutant la voix intérieure qui me parle je ne te châtie comme un mauvais plaisant. Je dis en vérité que, depuis que Satan a été précipité du ciel, il n’a jamais manqué d’agent sur la terre; mais il n’a trouvé nulle part un sorcier exerçant un pouvoir aussi complet sur l’esprit des hommes que ce détestable empoisonneur, ce Sbakspeare. Une femme a-t-elle besoin d’un exemple d’adultère, il le lui offre. Un homme veut-il apprendre à son semblable à devenir un meurtrier , il lui donne des leçons d’homicide. Une jeune fille veut-elle épouser un nègre païen, il fournit sa justification. Voulez-vous blasphémer le créateur, vous trouverez dans son livre des formules de blasphèmes. Voulez-vous défier votre frère selon la chair, il vous donnera le modèle du cartel. Voulez- vous vous enivrer, Shakspeare vous présentera la coupe. Voulez-vous vous plonger dans

les plaisirs des sens, il\ous excitera à vous y livrer par les sons lascifs du luth. Oui, je dis que ce livre est l’origine et la source de tous les maux qui ont couvert ce pays comme un torrent; que c’est lui qui a rendu les hommes jureurs, blasphémateurs, infidèles, renégats, meurtriers, ivrognes, coureurs de mauvais lieux, et aimant leslongues séances du soir autour des pots de vin. Ouhliez-le, Anglais, oubliezle ! qu’il tombe dans le Tophet avec son abominable livre, et que ses ossements maudits soient calcinés dans la vallée d’Hinnon. Si notre marche n’avoit pas été si rapide, lorsque nous traversâmes Stratford en 1643, sous les ordres de sir William Waller, si notre marche, dis-je, n’avoit pas été si rapide...

— Parce’ que le prince Bupert étoit à vos trousses avec sa cavalerie, murmura l’incorrigible Jocelin.

— Je vous dis , continua le soldat enthousiaste en élevant la voix et en étendant le bras, que si notre marche n’avoit pas été si rapide, parce que nous en avions reçu l’ordre, et que nous n’eussions pas marché en corps serré, comme il convient à des soldats, et sans que personne songeât à s’écarter de côté et d’autre, chacun marchant en droite ligne devant soi, j’aurois arraché les os de ce précepteur du vice et de la débauche du tombeau qui les renferme, et 'je les aurois jetés sur

le premiCT fiimier, pour qué sa mémoire devînt un objet de mépris, de dérision et de sifflets. • '<

— oilà ce qu’il a dit de plus piquant jusqu’ici, dit le garde forestier; le pauvre Will auroit été plus sensible aux sifflets qu’à tout le reste.

-Parlera-t-il encore? lui demanda Phœbé à voix basse; en vérité il fait de beaux discours, et je voudrois bien savoir ce qu’ils veulent dire. Mais c’est un grand bonheur que notre vieux maître ne l’ait pas vu battre ainsi son livre. Merci du ciel! il y auroit eu du sang de répandu'. Mais voyez donc quelle grimace il fait ! Croyez-vous qu’il souffre d’une colique, Jocelin? Lui offrirai-je un verre d’eau-de-vie?

— Silence , Phœbé ; silence ! il chargé ses canons pour tirer, une autre bordée; et pendant qu’il tourne ainsi le blanc de ses yeux , qu’il se détraque la figure par ses contorsions, qu’il serre les poings et qu’il frappe du pied, il ne peut faire attention à rien. — Je suis sûr que je lui couperois la bourse , s’il en avoit une , sans qu’il s’en aperçût. .

■ — La, Jocelin! — Mais s’il reste ici, et qu’il soit toujours de même, j’ose dire qu’il ne sera pas difficile à servir.

— - Ne vous en inquiétez pas ; mais dites-moi tout bas et bien vite ce qui Se trouve dans le garde-manger..: ' * - • *'

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. — Pas grand’cbose en vérité. — Un chapon froid , et quelques fruits confits ; le reste du grand pâté de venaison, bien épicé , et deux petits pains ; voilà tout.

■ — Eh bien ! cela suffira dans un moment pressant. — Couvrez d’un bon manteau votre jolie poitrine; mettez dans un panier une couple d’assiettes et de serviettes , . car il n’y en a pas grande provision là-bas; emportez le chapon, lès petits'pains'et les fi'uits confits; le pâté sera pour le soldat et pour moi, et la croûte nous servira de pain.

■' — !A.dmirablement! c’est moi qui l’ai faite. — Elle est aussi épaisse que les murs de la tour de la bdle Rosemonde.

— Et nos mâchoires auront quelque peine à les entamer. • — Mais qu’y a-t-il à boire ?

— Une bouteille de vin d’Âlicante , une de vin du Rhin, et la cruche d’eau-de-vie.

— Mets les deux bouteilles dans ton panier; il ne faut pas que notre chevalier manque de vin ce . soii‘ ; allons, pars , et file vers la chaumière comme un vanneau. Voilà de quoi souper aujourd’hui ,

et quant à demain demain est un autre jour.

— Ah! de par le ciel! j’ai cru que les yeux du soldat se fixoient sur. nous; mais non-, il ne fait que les rouler dans ses méditations, — des méditations profondes, sans doute; ces gens-là n’en

font pas (fauttes. Mais , de par le dkble! quelque profond qu'il soit, je réussirai à le sonder. ^ Eh ' bien, es-tu partie ? -

Mais Phoebé étoit une coquette de village, et, sachant que Jocelin sè trouvoit dans une situation qui ne lui permettoit pas de profiter de l’occasion qu'elle lui offroit malignement, elle lui dit à l’oreille à voix basse: — Croyez- vous que Shakspeare, le favori de notre vieux maître, soit véritablement coupable de tout ce qué lui reproche ce soldat ? . .

, Elle partit comme un trait en achevant ces mots, tandis que Jolifife, levant un doigt en l’air, la ménaçoit de se venger plus tard, et murmuroit à demi-voix : — Va, Phœbé IVIay Flower, va; jamais jeime fille n’a foulé- le gazon du parc de Woodstock d’un pied plus léger et avec un cœur plus ingénu. — Suis-la, Bévis, et escorte-la à la chaumière, où est notre maître. ,

Le grand lévrier se leva comme ün domestique qui auroit reçu un ordre ,' et suivant Phœbé dans le vestibule il lui lécha la main comme pour l’avertir qu’il étoit là, et se mit ensuite au petit trot pour suivre le pas léger de celle dont Joc©r lin n’avoit pas vanté l’agilité sans raison. '— Mais tandis que Phœbé ét son fidèle ganle traversent la forêt, nous retournerons à‘la lïOge?-

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L’indépeadant tressaillit enfin , comme s'il fut sorti d’une profonde rêverie.

— Cette jeune femme est-elle partie? deroanda-t-il., ,

— Sans doute, répondit Jocelin; et si vous avez quelques ordres à donner, il faut vous contenter de mes services,

— Des ordres ! — Umph! — Elle auroit bien pu attendre une autre exhortation. — Je déclare que mon esprit s’occupoit de son édification.

— Oh! elle sera à l’église dimanche prochain; et, si votre révérence militaire prêche encore, elle profitera de votre doctrine avec le reste de la congrégation. Mais les jeunes filles de ce canton n’écoutent pas les homélies en tête-à-tête. — Et quel est maintenant votre bon plaisir? voulezvous visiter les autres appartements ? vous feraije voir le peu de vaisselle d’argent qui reste ici? ’ — Umph ! — non. Il est déjà tard ; il fait pres-

que nuit; tu peux sans doute me procurer un lit?

^ Un meilleur que vous n’en avez jamais eu.

— ^Et du' feu, de la lumière, et quelque chose pour soutenir la foiblesse de la chair?

.. ^ Sans doute , sans doute , répondit le garde forestier montrant beaucoup d’empressement à satisfaire cet importapt personnage.'

En quelques roimites un grand chandelier fut placé sa«r imc table de bois de chêne. I^e grand

pâté de venaison, orné de persil , y fut placé sur une nappe blanche; la cruche d’eau-de-vie et un pot de bonne ale y occupèrent aussi une place. Le soldat s’assit alors dans un grand fauteuil pour commencer à souper, et à son invitation Jocelin se mit aussi à table assis sur un tabouret. Nous

les laissons, quant à présent, livrés à cette occupation agréable.

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