‹ WoodstockChapitre 42 sur 63 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

D'an surveillant fâcheux le prince a iriomplié. Shakspeare. Richard II.

ES combattants que nous avons laissés aux prises à la fin du chapitre précédent se portèrent mutuellement plusieurs coups avec un courage égal, et les parèrent avec la même adresse. Charles avait assisté à un trop grand nombre d'actions et avait pris trop longtemps une part active à la

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î^iicri'c civile dont il avait ('Ir vicliinc , pour trouver quoique chose de iiuiivcait ou (le surprenant dans la uécessité de se défeiulre lui-même; c[ l^vcrai'd s'(''tail distingué jjarsa bravoure persoiuielle aussi bien (\[\o par les autres (pialites nécessaires à un otticier supérieur. Mais l'arrivée d'un tiers empêcha la conclusion Irai-ique dtui combat dans lequel la victoire n'aurait pu être (lu'uu sujet de reji;rcl pour le vainqueur, n'importe lecjuel des deux adversaires Teùt été.

C'était le vieux chevalier lui-même qui retournait chez lui , monté sur un petit cheval de fermier , car la guerre et la contiscation ne lui avaieut pas laissé le choix d'un plus noble coursier. Il se jeta entre les combattants et leur ordonna , sous peine de la vie, de baisser les armes, et un coup d'œil qu'il jeta en même temps, d'abord sur l'un et ensuite sur l'autre, lui apprit à (jui il avait affaire.

— Les diables de Woodstock , dont on parle tant , s'écria-t-il , ont-ils pris possession de vous , pour que vous osiez tirer l'épée dans l'enceinte d'un parc royal ? Que je vous apprenne à tous deux que , tant que le vieux Henry Lee sera à Woodstock , il maintiendra les immunités du parc , comme si le roi était assis sur son trône. Personne ne se battra ici en duel , - si ce n'est les cerfs dans le temps du rut. - L'épée dans le fourreau; — tous les deux, — ou la mienne verra aussi le jour, et je serai peut-être le diable le plus enr..fié des trois. — Comme dit Will :

Je vous étrillerai tons les deux d'imporlance , Et , quoi que vous fassiez avec ce briu de ter, Vous iioirez que le diable est sorti de l'enfer.

Les combattants baissèrent leurs armes, mais continuèrent de se regarder d'un air sombre, comme on le fait en pareil cas quand on ne veut ni avoir l'air de désirer la paix plus que son antagoniste , ni par conséquent être le premier à remettre son épée dans le fourreau. — Rengainez vos épées , Messieiu-s ; — rengaînez-les à l'instant même ! s'écria sir Henry d'un ton encore plus positif. Je le dis à chacun de vous , et à tous deux , ou vous aurez affaire à moi , je vous le promets. - Vous pouvez rendre grâces au ciel de ce que les temps sont changés. J'ai vu le jour où votre insolence vous eût coulé à tous deux la main droitt> , à moins que vous ne l'eussiez rachetée par ime bonne somme d'argent. — Mon neveu , si vous ne voulez perdre mon affection sans retour , je vous ordonne de rengainer votre épée. — Maître Kerneguy , vous êtes mon hôte , je vous prie de ne pas me faire liusuUe de rester l'épée à la main dans un endroit où il est de mon devoir de maintenir la paix. — Je vous obéis , sir Henry , répondit Charles en remettant son épee

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dans le fourreau; je sais à peine pourquoi monsieur m'a attaqué. Je vous assure que personne ne respecte plus que moi la personne et les privilèges du roi , quoique ce sentiment soit un peu hors de mode.

— Nous pourrons , Monsieur , dit Everard , nous rencontrer dans un lieu où ni la personne royale ni les privilèges de la royauté ne pourront être offensés.

— Sur ma foi, cela sera assez difficile, Monsieur, répondit Charles, in(;apable de résister à l'envie de placer cette plaisanterie. — Je veux dire qu'il reste au roi si peu de partisans, que la perte du moindre d'entre eux peut lui apporter quelque préjudice. Cependant , en dépit d'un tel risque, je suis tout disposé à me rencontrer avec vous partout où un pauvre Cavalier peut espérer de fuir en sûreté s'il a la bonne fortune d'être victorieux.

La première idée qui s'était présentée à l'imagination de sir Henry Lee avait été celle de l'insulte faite à un domaine royal , mais en ce moment il commença à songer à la sûreté de son neveu et de celui qu'il regardait comme un jeune royaliste.

— Messieurs, dit-il , je dois insister pour qu'il ne soit plus question de cette querelle. — Mon neveu Markham, avez-vous dessein de me récompenser de la condescendance que j'ai eue de revenir à Woodstock sur votre invitation, en saisissant la première occasion de couper la gorge à un de mes hôtes?

— Monsieur, répondit Markham, si vous connaissiez ses projets

comme je les connais Il n'acheva pas sa phrase, sachant fort bien

qu'il ne ferait qu'irriter son oncle sans le convaincre, et que tout ce qu'il pourrait dire des criminels desseins de Kerneguy contre Alice serait attribué à des soupçons jaloux. Il baissa les yeux, et garda le silence.

— Et vous, maître Kerneguy, continua sir Henry, me direz-vous quelle raison vous arme contre la vie de ce jeune homme, à qui je dois pourtant prendre quelque intérêt, puisqu'il est mon neveu, quoiqu'il ait malheureusement oublié ses devoirs de sujet loyal?

— J'ignorais que Monsieur eût cet honneur, répondit Kerneguy; cette (jualitè m'aurait certainement défendu de tirer l'épèe contre lui. — Mais il a été l'agresseur, et je ne puis dire pour([uoi il m'a cherché querelle, à moins que ce ne soit à caiise de la différence de nos opinions politiques.

— ^'ous savez le contraire, répliqua Everard ; vous savez que je vous ai dit que, comme royaliste fugitif, vous n'aviez rien à craindre de moi, et vos derniers mots ont prouvé ((ue vous (;onnaissiez mon degré de parenté avec sir Henry. Au surplus, cette dernière circoustaucc est peu

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