‹ WoodstockChapitre 7 sur 63 · l'olit-Jeaii, lioiilenant du fameux Kohin Hood · texte numérisé non relu

l'olit-Jeaii, lioiilenant du fameux Kohin Hood

poilt' les li'lti'os C. U. ' i^i-avéos sur leurs plaquos do ciiivro cl sur leurs cors de chasse, comme mi chien porte le nom de son maître sur son collier : joli emblème pour des chrétiens! Mais la hrute l'emporte sur l'homme, car la brute porte l'habit (pii lui appartient, et le misérable esclave porte celui de son maître. J'ai vu plus d'un de ces mauvais plaisants brandiller au bout d'une corde. — Où en étais-je? Ah! je vous reprochais votre apostasie , habitants de Woodstock. — Oui , vous me direz fine vous avez abandonné le culte épiscopal ! Vous vous essuyez la bouche en pharisiens que vous êtes , — et qui peut vous le disputer en pureté de religion? — Moi, je vous dis que vous n"ètes que comme Jéhu , fils de Nimsi, qui détruisit le temple de Baal, mais qui ne se sépara point des fils de Jéroboam. Ainsi vous ne mangez pas de poisson le vendredi avec les aveugles papistes , ni de gâteaux aux raisins le 25 décembre avec les insouciants épiscopaux; mais vous vous gorgez de vin toutes les nuits de Tannée avec votre infidèle guide presbytérien; et vous parlez mal de ceux qui sont élevés en dignité; vous vomissez des injures contre la république , et vous vous glorifiez de votre parc de Woodstock , en disant : — N'est-ce pas le premier qui ait été entouré de murs en Angleterre , et ne l'a-t-il pas été par Henry, fils de Guillaume, surnommé le Conquérant? et n'y avez-vous pas un palais que vous appelez la Loge royale, et un chêne que vous nommez le Chêne du Roi ? et vous volez les daims du parc , vous en mangez la chair, et vous dites : — C'est la venaison du roi, nous l'arroserons de bon vin (|ue nous boirons à sa santé. Il vaut mieux que nous en profitions que ces cocjuins de républicains Têtes-Rondes. Mais écoutez-moi, et faites-y bien attention, car nous venons pour controverser avec vous sur toutes ces choses. Notre nom sera un boulet de canon! Votre Loge, dans le parc de laquelle vous prenez vos ébats, s'écroulera; et nous ferons un coin |)Our fendre votre Chêne du Roi, destiné à chauft'er le four du boulanger. Nous renverserons les murs du parc; nous tuerons les daims, nous les mangerons nous-mêmes, et vous n'en aurez ni hanche ni échine , vous n'en aurez pas même les bois pour en faire des manches de couteaux , ni la peau pour y tailler une paire de culottes, quoique vous soyez couteliers et gantiers; et vous ne recevrez ni secours ni soutien du traître Henry Lee, dont les biens sont séquestrés; vous ne recevrez aucun secours ni de celui qui se nommait grand maître de la capitainerie de Woodstock. ni de personne en son nom ; car celui qui vient ici sera nonuné Maher-Shalal-

l. (Idiviits rc.r, (lliaiies roi.

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Hash-Baz , parce qu'il se hâte de venir prendre possession du butin.

Ainsi se termina ce discours bizarre , dont la dernière partie remplit de consternation le cœur des pauvres habitants de Woodslock , comme tendant à confirmer un bruit désagréable qui circulait depuis peu. Les communications avec Londres étaient lentes à cette époque ; les nouvelles qui en arrivaient étaient aussi peu sûres que les temps eux-mêmes étaient incertains , et elles étaient exagérées par les espérances et les craintes des diverses factions qui les répandaient. Mais le bruit qui courait concernant Woodstock était uniforme et ne se démentait pas. Il ne se passait pas un seul jour qu'on ne dit que le parlement avait rendu un fatal décret pour vendre le parc de Woodstock , en abattre les murs , démolir la Loge , et détruire autant que possible les traces de son ancienne renommée.

Cette mesure devait être préjudiciable aux habitants de cette ville , un grand nombre d'entre eux jouissant , par tolérance plutôt que par droit, de différents privilèges dont ils se trouvaient fort bien, connue de faire pâturer leurs bestiaux dans le parc, d'y cor.per du bois de chauffage, etc. D'ailleurs, tous les citoyens de ce petit bourg étaient mortifiés en songeant que l'ornement de leurs environs allait être détruit, un bel édifice réduit en ruines, l'honneur de leur voisinage anéanti. Ce sentiment patriotique se retrouve souvent dans les endroits que d'anciennes distinctions et des souvenirs fidèlement conservés rendent si différents des villes d'une date plus récente. Les habitants de Woodstock l'éprouvaient dans toute sa force. La calamité qu'ils prévoyaient les avait fait trembler; mais à présent qu'elle était annoncée par l'arrivée de ces soldats tout-puissants, à figure austère et sombre , à présent qu'ils l'entendaient proclamer par la bouche d'un de leurs prédicateurs militaires , ils regardaient leur destin comme inévitable. Les causes de dissensions qui pouvaient exister entre eux furent oubliées pour le moment , et la congrégation, congédiée sans psalmodie et sans bénédiction, se retira à pas lents et d'un air triste j chacun regagna sa demeure.

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