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ET RES

Xaväss-i-ayat. Notices et extraits d’un manuscrit persan. 17

de telle matière pour telle incantation est assez obscure. Il n’est pas bien clair par exemple, pourquoi la peau d'une gazelle? ou d’un faon doit posséder une vertu magique spéciale. Dans d’autres cas, la connection entre la matière et son emploi magique est plus claire. On écrit des versets sur les armes, afin qu'elles soient victorieuses. On écrit des versets dans un vase ou un verre pour y boire et s’imbiber de la force surnaturelle des formules écrites. Qu'un vieil os peut servir à une incantation dont le but est de nuire à un ennemi, cela se comprend facilement: les cadavres, les ossements et les tombeaux jouent partout un rôle prépondérant dans la magie malfaisante.* En se servant d'un morceau du vêtement d’une personne, on exerce la »magie contagieuse.«

Quant aux métaux, ils jouent un rôle particulier dans les superstitions de tous les peuples. L'ro et l'argent sont employés pour des fins magiques parce qu'ils sont des métaux nobles et précieux et sont considérés comme les représentants terrestres du soleil et de la lune respectivement. Dans la vertu magique du cuivre ou du bronze d'autre part, se reflète l'admiration qu'a inspiré dès le commencement l’art des forgerons. On connaît le rôle du forgeron dans les légendes anciennes des peuples * (le dieu forgeron, Héphaistos, Vôlund-Wieland et les nains armuriers de la légende héroïque des Germains, le forgeron Käväh dans la légende ancienne des Iraniens etc.) et dans les contes populaires. Dans l'antiquité les instruments employés dans la magie étaient ordinairement faits de bronze, »métal

1 A comparer DouTTÉ p. 100, 149, 213.

2 DouTTÉ p. 301.

8 A comparer CHARPENTIER dans le »Uppsala Universitets Arsskrift« 1911, p. 47.

4 A comparer DOUTTÉ p. 40 sqq.

Vidensk. Selsk. Hist.-filol. Medd. II, 4. 9

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apprécié avant tout dans l’art magique.«* Le fer, dans la foi populaire de presque tous les peuples européens et orientaux, a la vertu de chasser les démons: celui qui porte du fer sur lui est en sûreté contre tous les esprits malins, les ogres et les lutins. *

Le miroir et le peigne sont des instruments de magie bien connus. Sur le peigne on peut consulter W. WunprT, Elemente der Vôlkerpsychologie, p.101. Quant aux miroirs magiques dans la foi populaire des peuples islamiques, nous renvoyons au livre souvent mentionné de M. DOUTTÉ, p. 289, 388 sqq. et à l’»Abrégé des Merveilles&, traduit par CARRA DE VAUx (Paris 1898), p. 122, 175, 201, 234, 239, 275, 282, 288, 293. On pourra comparer la 272€ nuit des »Mille et une Nuits (ed. du Caire). Le sceau et l’anneau jouent un rôle encore plus important dans la magie et les superstitions*; les fables islamiques relatives au sceau de Salomon sont bien connues.

Si l’on écrit des versets dans la main droite, c'est que la main possède une force protectrice toute particulière”, et le côté droit est, chez les musulmans comme ailleurs, supérieur au gauche. On écrit avec du sang, parce que le sang, qui, dans la foi primitive, est le siège de l’âme, a conservé son rôle important dans la magie’, et si l’on prescrit pour cette opération le sang d’une huppe”, c’est que la huppe (hudhud) est un des oiseaux préférés de

1 WüxscH, Antikes Zaubergerät aus Pergamon, Jahrbuch d. Kais. Deutsch. archäol. Inst, Ergänzungsheft VI, Berlin 1905, p. 38.

2 Cox, An Introd. to Folklore p. 15; DOUTTÉ p.41—42, 365; ARTHUR CHRISTENSEN, Hinsides det kaspiske Hav, p. 110. À comparer DOUTTÉ p. 233.

4 Wunpr, Elemente der Vôlkerpsychologie p.89; DOUTTÉ Î. c. p.82—83. 5 Voir DOUTTÉ p. 325 sqq.

6 DouTTÉ p. 359, note 1; Cox, An Introd. to Folklore p. 9.

WunpDT, 1. c p. 190; DOUTTÉ p. 85.

À comparer DOUTTÉ p. 255.

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la légende islamique: Salomon a choisi la huppe pour sa compagne perpétuelle, et la huppe a donné à ce roi la nouvelle de l'existence de Balkïs, reine de Saba.! Qu'on lèche avec la langue la formule magique qui doit opérer la guérison d’une maladie * ou mange le papier qui la contient, voilà un trait ordinaire de la médecine magique populaire; de nos jours encore, il arrive en orient que le patient en use ainsi de l'ordonnance écrite par un médecin européen. Si on écrit le verset sur un morceau de pâté sucré, c’est pour l’avaler après avec le pâté. *

Les versets écrits, auquels s'ajoutent parfois des formules de prière ou de conjuration, des lettres détachées vides de sens ou les noms des archanges°® (f. 31 b), sont suspendus au cou de l’homme ou de l’animal qui est l’objet de l'opération magique ou dans l'arbre qu'on veut protéger ou auquel on veut faire porter des fruits (f. 17 b). On porte l'écriture sur soi (f. 14 a) ou on la suspend dans sa maison ou dans sa boutique (f. 23 a). Avant de la suspendre au cou, on l'enveloppe dans un tube de cuivre $ ou de fer (f. 28 b) ou bien dans une peau de gazelle ou de lion (f. 93 a). Il y a d’autres matières encore qui servent à envelopper l'écriture. On se sert d’un chiffon de la chemise d'un chrétien (f. 74 b). La chemise, qui est portée sur le corps même, participe particulièrement des qualités du porteur, et le chrétien, comme l'étranger et l’infidèle en général, est censé expert dans l’art magique. On s'assure le bonheur en portant l'écriture enveloppée dans un chiffon de la che-

1 G. Weiz, Biblische Legenden der Muselmänner, Frankf. a. M. 1845,

p. 228, 246 sqq.

2 A comparer DOUTTÉ p. 62, 109.

8 A comparer DOUTTÉ p. 109, 357.

4 A comparer DouTTÉ p. 109. — $ DouTTÉ p. 165. 6 À comparer DOUTTÉ p. 149.

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