‹ Xavier de MaistreChapitre 7 sur 24 · c$ pmottnter$ 6u §ancase · texte numérisé non relu

c$ pmottnter$ 6u §ancase

|es monlagnes du Caucase sont depuis longtemps enclavées dans l'empire de Russie sans lui appartenir. Leurs féroces habitants, séparés par le langage et par des ialérèLs divers, forment un grand nombre de petites peuplades, qui ont peu de relations j)olitiques entre elles, mais qui sont toutes animées par le môme amour de l'indépendance et du pillage.

Une des nombreuses et des plus redoutables est celle des Tchetchenges, qui habitent la grande et la petite Kabarda, provinces dont les hautes vallées s'étendent jusqu'aux sommités du Caucase.

C'est au milieu de ces hordes dangereuses et au centre même de cette immense chaîne de montagnes que la Russie a établi un chemin de communication avec ses possessions d'Asie.

Des redoutes placées de distance en distance assurent la route jusqu'en Géorgie ; mais aucun voyageur n'oserait se hasarder à parcourir seul l'espace qui les sépare.

Deux fois par semaine, un convoi d'infanterie, avec du canon et un parti considérable de cosaques, escorte les voyageurs et les dépêches du gouvernement.

Une de ces redoutes, située au débouché des montagnes, est devenue une petite bourgade assez peuplée. Sa situation lui a fait donner le nom de Wladi-Caiicase : elle sert de résidence au commandant des troupes qui font le pénible service dont il vient d'être parlé.

(i) Reproduit avec quelques suppressions.

Le major Kascambo, du régiment de Wologda, gentilhomme russe d'une famille originaire de la Grèce, devait aller prendre le commandement du poste de Lars, dans les gorges du Caucase.

Impatient de se rendre à son poste et brave jusqu'à la témérité, il eut l'imprudence d'entreprendre ce voyage avec l'escorte d'une cinquantaine de Cosaques dont il disposait, et l'imprudence plus grande encore de parler de son projet et de s'en vanter avant de l'exécuter.

Les Tchetchenges qui sont près des frontières, et qu'on appelle Tchetchenges pacifiques, sont soumis à la Russie, et ont, en conséquence, un libre accès à Mosdok ; mais la plupart conservent des relations avec les montagnards, et sont bien souvent de moitié dans leurs brigandages.

Les Tchetchenges, informés du voyage de Kascambo et du jour même de son départ, se portèrent en grand nombre sur son passage et lui dressèrent une embuscade.

A vingt verstes environ de Mosdok au détour d'une petite colline couverte de broussailles, il fut attaqué par sept cents hommes à cheval.

La retraite était impossible : les Cosaques mirent pied à terre et soutinrent l'attaque avec beaucoup de fermeté, espérant être secourus par les troupes d'une redoute qui n'était pas très éloignée. Mais, après une assez longue fusillade, plus de la moitié d'entre eux furent tués ou mis hors de combat ; le reste s'était fait avec les chevaux morts un rempart circulaire derrière lequel ils tirèrent leurs dernières cartouches.

Les Tchetchenges, qui ont toujours avec eux, dans leurs expéditions, des déserteurs russes, dont ils se servent au besoin comme interprètes, faisaient crier aux Cosaques :

« Livrez-nous le major, ou vous serez tués jusqu'au dernier. »

Kascambo, voyant la perte certaine de sa troupe, résolut de se livrer lui-même pour sauver la vie à ceux qui restaient : il remit son épée à ses Cosaques et s'avança seul vers les Tchetchenges, dont le feu cessa aussitôt, leur but n'étant que de le prendre vivant pour obtenir une rançon.

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