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DE SES MANUSCRITS

Je soussigné, Xavier de Maistre, après avoir pris connaissance d'un acte sous seings-privés, fait triple entre M. de Mareste , se disant autorisé de moi, à l'effet du dit acte, et M Vf. Dondey-Dupré et Ponthieu, imprimeurs et libraires à Paris, le onze février présente année, le dit acte contenant vente en toute propriété, et avec garantie, de trois manuscrits inti-

1 II faudra qu'il ait la complaisance de faire légaliser sa signature.

tulés : Les prisonniers du Caucase y Prasco'vie ou la jeune Sibérienne et Expédition nocturne ( continuation du Voyage autour de ma chambre) , desquels ouvrages je suis auteur; le dit acte donnant en outre le droit de réimprimer le Lépreux de la vallée d' Aoste et le Voyage autour de ma chambre, dont je suis également l'auteur ;

Déclare approuver le dit acte en tout son contenu, sans en rien excepter, retenir ni réserver. En foi de quoi j'ai fait cette mention au bas d'un des doubles du dit acte, qui m'a été envoyé, promettant en passer acte notarié, si cela était reconnu nécessaire.

Je consens que les billets déposés à M. Valéry soient remis à M. de Mareste, pour en disposer de la manière dont je m'en entretiendrai avec ce dernier et que leur acquit après libération des acquéreurs.

Plus, Monsieor de Maistre voudrait bien écrire en bas du double à lui envoyer :

« Je déclare approuver l'acte dont ci-dessus copie, » en tout son contenu et j'autorise M. de Mareste à » faire pour moi cette mention sur les deux autres • copies de l'acte.

» St-Pétersbourg, »

T>e éM. de Vignei à tM. de <5\îareste.

Bruxelles, le 26 février 1825.

VOUS êtes, vraiment un excellent homme, mon cher Mareste, d'avoir conduit à si bon terme l'affaire de nos manuscrits. Nous n'avons rien perdu pour attendre, et je pensais bien que vous en étiez d'autant plus occupé que vous m'en parliez moins, mais à distance, mon oncle n'y comprenait rien. Il se persuadait que vous les trouviez trop médiocres pour oser les lancer dans le monde et se figurait d'avance ce monstre qui s'appelle critique saisissant Prascovie et Kascambo de ses doigts de fer pour les déchirer. Je me suis hâté de lui écrire en recevant vos aimables lignes du 21.

A présent que l'impression commence, occuponsnous des précautions. Le nom de mon oncle ne doit- être écrit ni au frontispice ni dans la préface. Il suffit de dire, si les Deux Moscovites doivent être imprimées seules: par Y Auteur du Lépreux, ou si, comme je l'espère, le Lépreux doit aller avec elles : Le Lépreux suivi de r histoire de Prascovie, etc.

Je suis très reconnaissant envers le Géant bibliothécaire pour l'assistance qu'il vous a prêtée dans cette

affaire, et je vous prie, cher Mareste, la première fois que vous le verrez, de lui faire de ma part mille remerciements con i soliti complimenti ; mais je crains que pour reconnaître ses bons offices, vous ne lui ayez cédé vos droits d'éditeur, ce qui m'affligerait beaucoup, et qu'il n'en profite pour se montrer dans toute sa gloire dans la préface. Je sais que mon oncle, par des raisons de convenances et de position sociale craint le« éloges de ces préfaces, comme nous craindrions de porter les mains sur un fer rouge. Ainsi donc, si une préface était commencée, dites que vous avez reçu de mon oncle l'ordre de supprimer toute préface, et alors ne cédez que pour un avertissement. Je vous enverrai incessamment un modèle de celui qui suffirait aux vœux de mon oncle. Si c'est vous, mon cher ami, qui faites la préface, c'est tout autre chose. Je sais que vous saurez ne point nommer mon oncle, tout en le désignant à tous les éloges. J'attends avec impatience la lettre que vous m'avez promise.

Adieu. J'apprécie chaque jour davantage l'esprit, le grand sens et surtout le noble caractère du comte d'Agoult. Nous parlons toujours de vous quand nous nous rencontrons. Adieu, je vous souhaite de jouir sans nuage du bonheur que vous avez. Les femmes valent mieux que nous, vous le savez. Elles restent toujours pures et bonnes, si on les aime exclusivement pour l'amour qu'elles donnent, si on les respecte toujours dans celui qu'elles reçoivent. Voilà la Loi et les Prophètes.

Adieu, cher Mareste.

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