L. DE VlGNET
Ve cM. de Valéry à cM. de cMuresie,
Lundi.
MONSIEUR, je suis passé hier chez M. Dondey- Dupré, avec lequel j'ai causé assez longtemps. Il m'avait écrit la veille le billet que je vous envoiej ainsi l'engagement est maintenu. Il sera à la Préfecture de une heure à quatre heures pour conclure. Ponthieu, libraire également solide, est de moitié dans cette affaire, et je ne crois pas que ce partage doive être une difficulté. Je crois qu'il sera bon, Monsieur, de stipuler dans le traité le don de vingt-cinq exemplaires au moins, afin que je puisse obtenir des annonces dans les journaux: je sais de M. de Pongerville, traducteur d'un Lucrèce imprimé chez Dondey, qu'il lui a fait là dessus quelques petites lésineries qu'il vaut autant prévenir. M. de Lagarde m'a remis plusieurs pages de notes excellentes sur quelques termes et usages russes. Croyez, je vous prie, Monsieur, à la nouvelle et sincère assurance de tout mon dévouement.
Valéry.
Ve cM. de Vignei à éM. de éMaresie.
Bruxelles, le l" février 1825.
JE ne sais plus rien de vous, mon cher Mareste, mais j'espère que vous êtes heureux toujours, bien portant, le cœur en paix et marchant vers l'avenir, plein de courage et d'espérance.
Votre ami, M. d'Agoult, a bien rempli votre recommandation. Il a été très bon pour moi. Nous nous rencontrons tous les jours dans le monde, et quelquefois je passe le Guier, et de Savoie je vais en Dauphiné. C'est un homme de beaucoup d'esprit et d'observation, avec un caractère fort, et gentilhomme jusqu'au bout des ongles. Sa femme l'adore, et il ne reste pas en arrière de cette affection. Vous pensez, du reste, qu'il rêve le Dauphiné avant toute chose.
Je reçois aujourd'hui ime lettre de mon oncle de St-Pétersbourg, qui me demande, au nom de Dieu et de ses saints, quelques nouvelles de ses opuscules. Ecrivez-moi deux lignes, mon cher Mareste, pour me dire où en est cette affaire; car les interrogations de mon oncle sont pressantes et il m'ordonne, si l'impression n'est pas commencée, de retirer les manuscrits et de les envoyer à Turin à son neveu, M. de Maistre, qui les gardera dans son portefeuille.
Mais j'espère que l'impression est avancée, si elle n'est pas finie. Quel parti pécuniaire avez-vous pu en tirer? Dhcs-moi un mot de tout cela : A M...., chargé d'affaires, etc., à Bruxelles. J'attends votre réponse avec impatience. On m'avait annoncé une ode de Lamartine contre ses détracteurs. Je n'ai plus rien appris. A-t-elle paru? Je vous saurais bien bon gré de me l'envoyer par la poste sous bande.
Adieu, mon cher Mareste, à nous revoir au mois de mai, si rien n'est changé d'ici là.