X. .MELI.EKY : Cuisine
avec les arltres (jiii dessinent sur le ciel gris leurs branches noires el dépouillées.
Il eu arriva, dirail-oii, à sacrifier de propos délibéré tous les moyens matériels de charme, afin de concentrer toute l’attentiou sur les significations, pour lui capitales, de l’œuvre, sur le sentiment dont il poursuivait l’expression et qu’il aurait voidu rendre perceptible d’une manière presque métaphysique. Conception sévère, qui a on ne sait quoi de puritain et qui fait penser, en même temps, au dédain tout platonicien de Michel-Ange pour les eiichantemeiits frivoles de la couleur et à l’opiuion non moins rigoureuse d’Ingres, qui ne consentait à reconnaître dans la coidenr que la (( dame d’atj)urs du dessin ! »
Les œuvres décoratives de Mellery, dans l’intention didactique <pie la plupart d’entre elles assument, ne nous dévoilent qu’une apparence de la personnalité du maître, la plus extérieure, et, <laiis la forme, la moins susceptible de nous émouvoir. C’est qu’avec elles, nous sommes dans les régions de l’abstrait. Ces belles figures qui rempliraient md>lement un cadre architectural, ce ne sont que des idées dont la bienfaisance a frappé l’esprit de l’artiste, mais qui n’y ont pas provoqué l’enthousiasme lyrique prcqire à nous les rendre impressionnables. C’est ailleurs que nous devons chercher Mellery, si nous voulons pénétrer dans l’intimité de sa pensée.
Il était, avant tout, homme de vie intérieure, de contemplation attentive et prolongée. Aucune fiè\ re chez lui; aucune impatience de nouveauté, d’imprévu : sou art ne sollicitait pas l’étonnement, mais la sympathie c»mipréhensive. . . Nombre de ses œuvres ont la semhlance (rune confidence... Les sites les plus connus, les coins qu’il avait le plus fréquentés, n’avaient jamais épuisé pour lui leurs possibilités de suggestion.
Bien loin d’émousser la sensation, riiahitude la lui approfondissait. Pour les âmes futiles, seides, l’accoutumauce secrète et le vide et rennui... Combien de fois Mellery nous a-t-il révélé les aspects de sa demeure, cette maison d’une simplicité bourgeoise, sans caractère spécial, mais dans l’ambiance, dans les aménagements de laquelle toute la tradition de son existence et de celle des siens, — famille, amis, travail ininterrompu d’un demi siècle — lui était présente. Toutes les choses qu’il avait sous les yeux étaient les dépositaires et les témoins de cette tradition — véritable genius loci autour duquel habitaient la gravité et le recueillement.
Notre goût de la solitude est dans le degré de la puissance de notre vie spirituelle. Plus celle-ci sera intense, plus elle nous éloignera d’un monde oii, trop souvent, il faut, pour ne pas déplaire aux autres, s’abdiquer soimême. Pour les hommes de l’humeur de Mellery, ils ne peuvent trouver que dans l’isolement volontaire le fondement de leur être, le lieu de silence