‹ Xavier; ou, Les entretiens sur la grammaire françaiseChapitre 15 sur 30 · XAVIER OÙ LES ENTREMIENS · texte numérisé non relu

XAVIER OÙ LES ENTREMIENS

que l'esprit de Port-Royal devait être passé en. lui, je ne l’eusse jamais décelé, tant il avait une façon personnelle, pour ainsi dire, de le rem=. | ployer. Il était, par exemple, régulier comme un véritable religieux, en ce sens qu'il ne pouvait concevoir que les moindres actions de la viene fussent point déterminées par une règle ; mais son hérédité se bornait là, et cette règle était ordinairement différente de celle que suivaient jadis ces messieurs. Ainsi avait-il établi dans sa maison une discipline fort stricte pour les repas, mais qui probablement les eût fort étonnés, et. peut-être scandalisés.

Je me suis laissé dire que, dans les couvents on mange vite, en silence, ou en écoutant une lecture pieuse. Depuis que Xavier était à Mülon, et sous je ne sais quel prétexte d'ordonnance du fee médecin, il voulait que l’on mangeât lentement, que l’entretien fût vif et animé, surtout qu'il ne touchât aucun objet sérieux. Mais Xavier était le maître de la conversation, le seul qui pût la rendre aimable et frivole, et il en avait décide autrement ce matin. De — Monsieur, me dit-il, que me feriez-vous si je. manquais de respect à M. Lancelot? n __— Je ne vous battrais point, ee mais je vous gronderais très fort. el je vous reprocherais d'oublier ce que vous m'avez promis.

— Que lui avez-vous fait promettre? : d..

M. Lancelot presque paie à peu près.

comme il aurait dit : « De que, vous mêlezvous p» ie Je n’eas pas le lois de vote A hrker ne tint aucun compte celte nn di =

DO

se LA GRAMMAIRE FRANÇAISE 127

.— Figurez-vous, me dit-il, que notre bon

maître, qui avale sans sourciller les lectures les plus effroyables, est l'homme du monde le plus paresseux et le plus lâche quand il s’agit de dépouiller les journaux. Il me charge de cette. besogne et de lui faire chaque matin un résumé de la presse : c’est la matière de notre entretien pendant le déjeuner. Eh bien, Monsieur, j'ai ce matin, selon la coutume, jeté un regard sur les feuilles ; il n’y a positivement rien... Je mens : il y a la critique d’une revue de music-hall, qui est ce que vous pouvez imaginer de plus indécent et de plus nu. N'est-ce pas, Monsieur, que vous me défendez de raconter cette sale revue à M. Lancelot?

— Je vous le défends bien!

— Ïl y a aussi des faits divers, mais sans intérêt, ebsi dégoûtants que, si je ne prenais soin de n’y pas penser durant que je mange, ils me couperaient l'appétit. Cela irait contre l’ordonnance du médecin qui me recommande dé me suralimenter. N’est-il pas plus convenable et à la fois plus apéritif, ou plus digestif, de poursuivre notre propos sur les noms que de parler de femmes nues et d’assassinats ?

— Sans doute. fit avec bonté M. Lancelot, si votre choix est à ce point limité.

— Mais, dis-je, qui vous fait croire que nous n’en avons pas fini avec les noms ou pra avant déjeuner ?

— C’est, dit-il, que je raisonne, sans en avoir l’air. Lorsque vous m'avez demandé quel rôle jouait dans une phrase le nom de la personne ou de la chose qui est le sujet de la conversation, je

vous ai répondu que ce nom est le sujet de la

phrase. Mais il peut être aussi bien le régime et …

ne point cesser pour si peu d’être le sujet, ou l’un des sujets de la conversation. Or, nous n'avons jusqu'ici. envisagé le nom qu'à titre de sujet, et je pense qu'il vous en reste long à dire du substantif considéré à titre de régime.

— Vous raisonnez très bien, vous raisonnez comme un ange, et il est vrai que. j'en aurais beaucoup plus à vous dire des régimes que des sujets, sije ne m'étais mis en tête de tout simplifier. Commençons par ce que l'on appelait. de mon temps, régime direct : je veux m'en tenir à cette terminologie, qui est, paraît-il, surannée, j'ai passé l’âge où l’on réforme ses habitudes et où l’on suit la mode, si on ne la précède. Prenons un exemple : « M. Lancelot aime Xavier ».

Notre hôte crut devoir m'’interrompre pour déclarer qu’il lui était fort attaché en effet.

— Eh ! Monsieur, fis-je de mauvaise humeur, vous brouillez tout! Ne sentez-vous pas qu’en disant la même chose d’une autre façon, vous me donnez un exemple de régime indirect dont je n'ai que faire, au lieu du régime direct dont j'ai besoin?

— Je ne le ferai plus, dit M. Lancelot. J'ai tort.

- Xavier, dis-je, dans cette phrase : M. Lanlei aime Xavier, votre nom est le complément ?

— Oui.

— Et dans cette autre phrase, Xavier aime M. Lancelot, n'est-il pas le sujet?

— Oui.

— Apercevez-vous entre ces deux Xavier la

plus petite différence ? Je veux dire, ne les prononcez-vous pas,ne les écrivez-vous pas exactement de même ?

— Exactement.

— Il n'y a donc, en français, aucune différence entre le régime et le sujet, et aucun moyen de les distinguer. sinon par la place que l’un et l’autre occupent dans la phrase.

— Monsieur, dit Xavier avec feu, je suis réactionnaire, j'ai fait mes humanités, ou je suis censé les avoir faites.

— Ne m'avez-vous pas dit le contraire ?

— C'est alors que j'ai menti... Je sais que, dans les langues anciennes, les noms se déclinaient, et qu'une légère modification de leur désinence indiquait s'ils étaient sujets ou régimes. C’est peut-être une grande supériorité du latin et du grec sur le français, mais je vous avoue que pour ma part je n’y ai jamais vu qu'un inconvénient. Nous sommes bien obligés de mettre le.complément après Le mot qu’il complète : les Anciens le mettaient n'importe où, et s'ils parlaient comme ils écrivaient, je pense qu'ils ne pouvaient s'entendre qu'au prix d’un effort d'attention et de mémoire qui nous est, grâce à Dieu, épargné.

— Il y a du vrai, mon cher Xavier, il y a aussi un peu d’'exagération... Ne laissons perdre aucune occasion de louer la logique et la clarté du français, mais revenons à nos régimes. Cette modification de la désinence, qui, dans certaines langues, permet de distinguer le régime du sujet, permet aussi de distingner les divers compléments indirects des compléments directs ; car il

ya plusieurs cas, dont l'ensemble hrie la déc naison. Le français, qui ne décline point, ne. peut distinguer les uns des autres qu'au moyen

des prépositions. Par exemple, « M. Lancelot est

Xavier », où « Xavier est plein de qualités et le”

affectionné à Xavier », ou « M. Dante se ferait {tuer pour Xavier », ou encore « la grammaire de

défauts ». Par parenthèse, les deux derniers

noms personnels. les pronoms démonstratifs, les

exemples nous montrent que le verbe (duquel nous nous OCCUpErons demain) n’est pas le seul. mot de la phrase qui puisse avoir un complé- a. ment, mais que le nom lui-même peut en avoir un, etaussi un autre mot, sur lequel nous revien- : drons tout à l'heure, l'adjectif.

— Hélas! gémit M. Lancelot, a déjà passer à l’étude des adjectifs ? nu. brouillamini ! ee.

. — Monsieur, dis-je, il faut avouer que j'ai e eu tort de dire « tout à l'heure », qui signifie « dans l'instant même », car je vous demande encore cinq minutes de répit pour passer à l'étude des adjectifs, et je dois toucher auparavant au substitut du nom, c’est-à-dire au pronom... Xavier, lorsque l’on parle d’une personne ou d'une chose, répète-t-on à chaque fois le nom propre de cette personne ou le nom commun de sets chose? “a — Cela ferait de belles ait Xavier.

On remplace le nom par un pronom. :.

— Je n'espère pas que vous nu ra combien il y a de sortes de pronoms. | mieux vous souffler qu’il yen a cinq : ru

pronoms passe les RENDAE relatifs et les

pronoms indéfinis. Commençons par les per-

sonnels. Savez-vous PHARES il y a de personnes dans le discours ?

— Je n’en puis, dit-il, concevoir que trois, comme je ne puis concevoir que trois dimensions à l’espace. Maintenant, on a peut-être

inventé depuis peu une grammaire à quatre per-

sonnes comme on a inventé une géométrie à

quatre dimensions ou davantage.

— Cela n’a aucun rapport. Méfiez-vous donc des fausses analogies et du pittoresque !... Quelles sont les trois personnes ?

— Celle qui parle, celle celle de qui l’on parle.

-—— Parlez donc à la première personne et dites, de vous-même, ce que vous en dites le plus souvent. |

— Ce que je dis le plus souvent est JE veux,

à qui l’on parle et

- mais le roi dit Nous voulons.

— Si je dis la même chose en vous adressant la parole, je dis Vous voulez ou Tu veux, supposé que je vous tutoie.

—— Je vous en prie, cela me ferait plaisir.

— Quand vous le mériterez... Ne confondons pas ce pluriel de courtoisie avec le véritable pluriel, dont il ne se différencie d’ailleurs en aucune manière. Je poursuis. Quand nous parlons de vous, M. Lancelot et moi, c'est à la troisième personne. Nous disons par exemple « Nous

voulons ce qu'iz veut ; nous Le gâtons trop. nous

LUI passons toutes ses fantaisies »... Que remar-

quez-vous dans cette phrase ?

— Cest que les pronoms personnels changent

de forme, non seulement pour marquer le pluriel

ou le singulier, maïs selon qu'ils sont compléments ou sujets, Tu, Le, loi, Je, me, mot sont de véritables cas.

-— je même t et le, elle, et la, ils. eux, et elles, ou lui, les et leur, pour les deux genres... Connaissez-vous d’autres formes du pronom de la troisième personne, qui sont toujours régimes et qui ne varient point. ni quant au genre, ni quant au nombre ?

— Ma foi non !

— Vous ne connaissez pas en et y, se et soi?

— Ma foi si !

— Je ne vous les cite que pour vous mettre en garde contre une sotte règle qui est de l’invention des grammairiens et que n'observent pas les meilleurs auteurs : il ne faut jamais balancer entre les deux, N’hésitez pas à dire : « J’aime ma mère et j'en suis aimé » quoique les pédants vous le défendent. En revanche, souriez de la boutade de M”° de Sévigné qui proteste qu’à cette question ; Madame, èles-vous malade ? elle ne peut prendre sur elle de répondre Oui, Monsieur, je LE suis, et que le masculin ici la choque horriblement. Le masculin est de rigueur et c’est les pédants qui ont raison. Ils ont de nouveau tort quand ils condamnent : « J’ai demandé grâce et je l'ai obtenue ». Cette tournure n'est puint grammaticale, mais elle est française, ce qui vaut mieux, Enfin, il est ridicule de prétendre que c’est une faute d'employer soi ou se quand le sujet de la phrase est un nom déterminé de personne, alors que Pascal a écrit : « L'homme n'aime pas à demeurer avec soi » et La Bruyère : « IL crache presque sur soi ».

— Monsieur, dit Xavier, je commence d'apercevoir que ce n’est pas avec des grammaïiriens qu'il faut apprendre la grammaire.

— Si j'étais votre seul maître, je vous répon-

- drais que vous êtes ser vi ; mais, je vous prie,

marquez plus de déférence à M. Lancelot.

— Une fois de plus, dit notre hôte sans trop d’amertume, se pose la question de l'amateur et du professionnel.

— Eh ! Monsieur, dis-je, vous n'allez pas nous jeter dans ce chemin de traverse, quand il me reste quatre sortes de pronoms à examiner et que voilà le déjeuner fini ?

— Monsieur, dit Xavier, tenez ferme, ne vous laissez pas égarer. Laissons les amateurs et les professionnels, enseignez-moi ces quatre sortes de pronoms tandis que nous buvons notre café. Je vous promets qu'ils ne sauraient troubler ma digestion ni, encore moins, me donner la méningite.

— Les pronoms démonstratifs, dis-je, sont celui, celui-ci et celui-là ou ce, ceci et cela; au féminin, celle, celle-ci et celle-là ; au pluriel, ceux, ceux-ci et ceux-là pour le masculin, pour le féminin celles, celles-ci et celles-là. La Bruyère regrette ci, « qui fut, dans ses beaux jours, le plus joli mot de la langue française », et trouve

douloureux pour les poètes qu'il ait vieilli »; mais l’usage est le souverain maître et il vous défend d'écrire comme Mathurin Régnier : ;

Autant que cil qui mit les souris en bataille.

« Vous savez, je le présume, que celui-ci désigne la chose ou la personne la plus rapprochée ou

. ie ou il a été parlé en “déraios leu 4 ne celui-là désigne la chose ou la personne la plus ie ou celle dont il a été parlé d’abord.

« J'ai peu de détails à vous donner sur ces pins démonstratifs. Je vous instruirai, en.

passant, qu'il est plus classique d'écrire Cela est vrai, et peut-être plus vif d'écrire C’est vrai. Je veux aussi vous mettre en garde contre une faute que nous is aux habitudes commerciales. Ne dites pas : De ces deux tableaux, j'ai acheté celui estimé ie cent mille francs ». Dites : ie « celui qui est estimé. » | ie — Ah! Monsieur, fit M. Lanselet, A .

. nous sommes sur ce terrain, me permelirez-vous. de signaler à notre jeune ami une autre faute que je qualifierai de crapuleuse : Pour Dieu ! Xavier, ne dites jamais par contre, comme font au surplus les meilleurs écrivains d’ aujourd’ hui ; dites en revanche, ou vous donneriez. à croire que vous êtes né dans une arrière boutique.

__ — Monsieur, dis-je non sans quelque de le, votre observation ne vient pas à son rang ; mais si elle est inopportune, elle est d’une incontestable utilité. Je prends, au nom de Xavier, l'engagement qu il écrira toujours en revanche et qu'il n’écrira jamais par contre. Pour en finiravec. les

| pronoms démonstratifs, je lui ‘apprendra, s'il n'a point lu de vieux livres, que nos Un afin, j'imagine, d'éviter une répétition, disaient : Le quai de la Grenouillère et celui de la Conférence. ri

+ Au coin de la rue de Bellechasse et de celle de .. Grenelle-Saint-Germain. Je ne jurerais pas que | cela soit correct, et j'avoue que cela me semble” is

: horrible, + |

— te donc, dit M. Lancelot, cette occasion de lui montrer combien le scrupule de la répétition est funeste, Mieux vaut répéter un mot que d’empioyer un terme res ou de faire une faute de syntaxe.

— Monsieur, dis-je, voici encore une remarque qui est aussi juste que déplacée. Vous jetez le désordre dans cette leçon. J’aborde les pronoms possessifs qui sont le mien, le lien, le sien, le nôtre, le vôtre, le leur.

— Eh bien, dit Xavier que faites-vous de mon ton, son, notre, votre, leur ?

— Je n’ai rien, dis-je, à en faire pour le moment, vu que ce ne sont pas des pronoms, mais des adjectifs possessifs.

— Quelle chinoiserie !

— Mais non! dis-je.

— Parlez de désordre ! fit M. Lancelot. Cela - vous apprendra, Monsieur, à traiter des pronoms avant de traiter des adjectifs.

— Monsieur, dis-je, cela n’a guère d’importance. ;

— Ah! fit Xavier, railleur, cela est vrai. Continuons.

Je poursuivis :

— Pour définir les pronoms relatifs ou conjonctifs, je ne saurais mieux faire que de piller vos livres de classes. [ls disent (je ne changerai pas une syllabe) « qu'on appelle pronoms relatifs ou conjonctifs ceux qui lient une proposition subordonnée à un nom ou à un pronom qui précède, et que l’on nomme antécédent; » Exemple :

La foi qui n’agit point, est-ce une foi sincère ?. Celui qui met un frein à la fureur des flots Sait aussi des méchants arrêter les complots.

«Les pronoms relatifs sont qui, que, quoi, dont, et lequel. Ce dernier, comme vous le savez, a un féminin, laquelle, qui fait lesquelles au pluriel ; le | masculin fait lesquels.

Passons, Monsieur, dit Xavier, passons :

HT on je sais tout cela.

— Savez-vous aussi que qui, que, quoi, dont sont des deux genres et des deux nombres...

— Oui!

— Et qu 1l est élégant d'écrire : « Le raisons pourquoi j'aime bien Xavier sont de ces raisons que la raison ne connaît pas », DHPLCS que « les raisons pour lesquelles, etc.?... »

.— Monsieur, dit-il, je suis Le modestie même, et je vous prie de choisir des exemples où je ne sois pas nommé.

— Bon, je ne le ferai plus. Savez-vous encore - que les pronoms relatifs sont à deux fins et peuvent servir de pronoms interrogatifs, si on les place au commencement de la phrase?

— Quelle heure est- il?

— Justement. :

__ Vous m 7Y Lite songer, interrompit M. Lancelot; il est l’heure de vous ARR les jambes.

Mais Xavier nous déclara tout net qu'il ne sortirait pas que je n’eusse épuisé les pronoms ; ‘et il nous fit ‘une véritable scène à la manière; des

jeunes gens de Platon, qui attrapent Socrate par le pan de son manteau et lui disent :

— Nous ne te lächerons pas, Ô bienheureux, tant que tu ne nous auras pas répondu.

Je poursuivis :

— Il me reste peu de chose à vous dire des qui et des que. Je vous signalerai une bizarrerie de l'usage : vous pouvez dire la table qui est servie ;:

- mais vous ne sauriez dire la table de qui j'ai fait . l'emplette ou la lable sur qui j'ai déjeuné.

— Bon! je dirai {a table de quoi ou la table sur quoi.

— Je ne vous y engage pas non plus, quoi que j'aie pu vous dire précédemment.

— La Fontaine n’a-t-il pas écrit : « Un bien sans qui les autres ne sont rien » P

— C'est en vers!

— Monsieur, dit M. Lancelot, je me souviens d’avoir lu dans les Remarques de Vaugelas

« Cette contrainte ruinerait la naïveté, à qui j'oserais donner la première place parmi toutes les perfections du style. » Et c’est en prose !

— Vous voilà collé ! me dit Xavier.

— M. de Vaugelas, lui dis-je, se voilerait la face s’il vous entendait articuler ce mot-là.

— Enfin, qu’avez-vous à répondre ?

— Rien du tout. Aussi vous allez me réduire à vous imposer silence.

— Je veux bien me taire, à condition que vous ne vous tairez pas.

— J'’obéis. Le même Vaugelas vous défend de prendre dont pour d'où. Vous devez dire la mäison dont je suis sorti, si vous entendez la race, mais {a maison d’où je suis sorti, si vous entendez

> 438 XAVIER OÙ LES on OL bâtiment. Il y avait hd. un e& * à agréable le dont, au début d’une phrase: nous … 7 avons substitué ce dont, pour la clarté ensem- leet pour lalourdeur. On aimerait de ressusciter cet aimable archaïsme, mais On encourrait le reproche d'affectation. à .. — Comment? dit Xavier. Je n'aurais pas À | droit d'é écrire : « La tablede quoi j'ai fait l emplette > m'a coûté horriblement cher; dont je: suis . ne fâché ? » +.

— Abstenez-vous. Évitez aussi décrire, comme - Boileau : or

LR

. C'est à vous, mon esprit, à qui je veux parler.

Nous disons maintenant c'est à vous que, ou. c’est vous à qui. Vous ne me tirerez pas un mot.

de plus sur les pronoms relatifs. Ne . — Quels sont ceux qui viennent ensuite ? ; __ — Les pronoms indéfinis. Retenez, je vous . prie, la plaisanterie facile que je lis sur vos lèvres et ne me demandez pas de vous les définir: je le ferai, maïs sans le dire, et une fois de plus. je pillerai les grammairiens mes prédécesseurs. « On appelle pronoms indéfinis ceux qui ne représentent que vaguement les personnes ou les choses. » Les uns sont invariables : autrui, on, personne, quiconque, rien et RAR as n* a pas de singulier. ere — Comme il fallait s’y attendre. a re — Les autres prennent les signes du féminin a et du pluriel, ‘aucun, aucune, de te cer- .

qu un, tel et tout. | Le rs Je le sais, passons € aux remarques, 5

— Elles sont ici fort importantes. Le monde, cher Xavier, est plein de gens qui ne savent pas un mot de français et qui se piquent de purisme. Îls se moqueront de vous si vous dites : « Les deux sexes iront chacun de leur côté. » Il est vrai que Vigny a écrit chacun de son côté ; mais il n’aurait point fait de faute, s’il avait écrit

leur au lieu de son. L'un et l’autre se dit ou se

disent correctement. Les ignorants qui veulent en remontrer aux moins ignorants n'ont, d'ordinaire, pas de chance ; ils sont pédants comme des carpes. [ls croient faussement que l’on ne doit pas dire chacun leur ; ils ouvriraient de grands yeux si on leur révélait le vrai sens d'aucun et de rien.

— Faites-moi donc ouvrir de grands yeux, dit Xavier.

— Aucun ne veut pas dire personne, mais, à

rebours, quelqu'un ; rien ne veut pas dire néant,

mais quelque chose. Cela n'empêche point Racine d’avoir écrit faire quelque chose de rien.

— C’est une ellipse ?

— J’allais le’dire. Elle est peut-être abusive. En tout état de cause il n'aurait point écrit,

comme on le fait aujourd'hui couramment,

Ce n'est pas rien, pour dire le contraire de Ce n'est rien; car ces deux formules, qui semblent d'abord aussi opposées que le blanc et le noir, ont le même sens, et ce n’est .pas rien, qui signifie ce n'est pas quelque chose, équivaut VE RURNEES | ment à ce n’est rien.

— Je n’y avais jamais pris garde, mais il suf-

fisait d’y penser |

= Nous y reviendrons, dis-je, un peu plus

tard quand je vous initierai aux mystères de la conjonction ne et de la négation qui doute plus souvent qu'elle ne nie, en passant par « des nuances aussi indiscernables que celles du cou de la colombe ». Pour l'instant, quand je vous aurai rappelé que, si personne et chose substantifs sont du féminin, personne, pronom indéfini et quelque chose sont du masculin, il ne me restera

rien à vous apprendre de cette partie du discours.

— Vous pouvez donc aller jouer, dit M. Lancelot. Nous pouvons passer aux adjectifs, dit Xavier.

Je remontrai à M. Lancelot que cette nouvelle et dernière étude ne me prendrait pas fort longtemps ; que je croyais indispensable d'examiner le même jour toutes les sortes de mots qui s’accordent, c’est-à-dire les éléments vivants de la phrase, pour en étudier une autre fois les articulations, et le verbe entre les deux ; qu'enfin il m'avait reproché tout à l'heure, comme une inconséquence inouïe, d'aborder les pronoms avant les adjectifs, et qu’il ne pouvait me défendre de réparer ma faute dans la mesure du possible, en revenant aux adjectifs un peu tard, mais mieux vaut tard que jamais. |

— ILest vrai, Monsieur, me dit-il, qu’on ne saurait défendre à l'architecte qui a oublié l’escalier d’en construire un après coup.

— Je ne plaide pas coupable, osai-je lui répon- | dre, et je maintiens que, pour en user comme j° ’ai fait, j'avais de bonnes raisons. j’ai d’abord considéré le sujet et le complément qui sont des noms de personnes ou de choses, ou des pronoms ;

je les ai considérés, si je puis dire, tout nus. Ils naissent tels, ce n’est qu'ensuite qu'on les habille. Mais n’abusons point de ce style figuré. Disons plus simplement et mieux qu’il est temps d’étudier la sorte de mot que l'on ajoute au substantitf pour le qualifier ou le déterminer, en d’autres termes, l’adjeclif, du latin adjicere. On distingue l'adjectif qualificatif et le déterminatif. Le premier qui qualifie...

— Comme son nom l'indique, fit Xavier.

— ..… est soit épithète, ou attribut. Epithète, il se place devant le substantif ou après : un bon fils ou un Jils ingrat, certains toujours avant, certains autres toujours après ; l'usage seul peut vous enseigner ces règles arbitraires, n’essayez pas de les fonder en raison. L’adjectif déterminatif précède toujours le substantif qu’il détermine : Mon cœur a son secret..…,

Toute chaîne À deux poids, Toute peine En a trois.

— Qu'est cela ? s’écria M. Lancelot.

— Quatre vers absurdes et délicieux de /a belle Hélène.

— Soyons sérieux, dit Xavier tâché.

— Je ne saurais l'être davantage, et je vous le montrerai tout à l’heure. Vous pressentez, n'est-ce pas ? que l'adjectif s'accorde avec le nom qu'il qualifie, qu'il détermine, ou dont il est l’attribut. Cela va de soi à tel point que les Anglais le laissent invariable, vu qu'il suffit de marquer une fois le genre et le nombre. Cette

| doctrine . noible. mais, si on ie poussait à l'extrême, elle nous ramènerait vite aux langages primitifs ou nègres. Toutefois, dans le vieux français, maints adjectifs n'avaient point une forme différente au masculin ef au féminin; notamment l'adjectif grand. C’est pourquoi l'on : - disait une grand-mère et une grand route. Les pédants ignorants ont cru qu'il y avait élision de l’e et l’ont remplacé par une apostrophe. Cest une faute d’orthographeridicule. Jevousannonce : une bonne nouvelle : l’Académie vient de Pres Les crire cette apostrophe. ee — En vérité? dit M. Lancelot. Je suis ravi de | lapprendre. Les — Tous les adjectifs nes par Ja: syllabe al faisaient as au pluriel. Il n’est pas invraisemblable de supposer que cet a sonnait comme -Un 0, ainsi que fréquemment en anglais. At pour la plupart des adjectifs en a, le plürnel. s’écrit-il maintenant aux. et se prononce il je à conséquence. — ya des exceptions! dit dr | . — Je ne vais point vous les énumérer, j'en se oublierais. Je vous renvoie à une scène célèbre du Mercure galant de Boursault.…. Dites-moi maintenant, les qualités d’une chose ou d'une personne sont-elles toujours au même degré? e. — Non, RON Xavier, il y a du. Due ou du moins. si | — Si vous dites seulement que M. Léo … est savant, n'est-ce pas 1e. moins ir vous vue . fe siez dire ? Re , de | Our. > — - Autrement le premier degré, 0

ou ne positi. +

Si vous le comparez à moi, et si vous dites qu’il est plus savant que moi...

— C'est le deuxième degré ou comparatif.

— Si vous dites que je suis moins savant que lui ?..: | — C'est encore le comparatif.

. — Mais le comparatif d’infériorité, tandis que

l’autre est le comparatif de supériorité. IL y a encore un comparatif d'égalité, mais je ne trouve point d'exemple, car je n’oserais prétendre que M. Lancelot et moi nous soyons aussi savants où ignorants l’un que l’autre.

— M. Lancelot et vous, non, dit Xavier, mais peut-être vous et moi.

— Vous êtes très impertinent, dis-je.

— C'est le troisième degré, ou superlatif, dit Xavier. |

— Le superlatif absolu ; maïs, si vous m'échauffez, je n'aurai point de peine à devenir le plus impertinent des deux, et ce sera le superlatif relatif.

— Monsieur, dit Xavier, je devine qu'il yen a deux sortes, l’une qui marque la supériorité par le plus, et l’autre qui marque l’infériorité par le moins.

— Il faut savoir, dis-je, que certains adjectifs sont superlatifs dès le premier degré, soit par leur étymologie ou par leur signification. Aïnsi, extrême, ullime ou excellent, auxquels on doit par conséquent éviter de joindre le plus ou le frès. N'oubliez pas non plus que l’on dit meilleur et -que l’on ne dit pas plus bon, que l’on dit pire et que l’on a cependant le droit de dire plus mau-

vais. N'employez-vous pas Fe les adjectifs en guise de noms}.

— Oui : La mort ne surprend pas le sage.

- Il est toujours prêt à partir, murmura M. Lancelot.

— Vous sous-entendez, alors, dis-je, le mot homme ou le mot chose:.. Je ne vous ai pas encore parlé des adverbes, mais vous savez ce que c’est. N'employez-vous pas aussi certains adjectifs adverbialement ? À

— Oui.

— Donnez-moi un exemple. ,

— Quand je cogne, on le sent: je cogne fort.

— En voici un autre : ce que j'ai reproché à Xavier la première fois que je lai vu, c'était de faire de l'esbroufe et de parler trop haut.

— Merci, Monsieur.

— Vous ne l’avez pas volé.

— De l’esbroufe, Monsieur? dit M. Lancelot.

Qu'est cela ?

— Tout ce que Je vous en do pour le moment, c'est qu'il n'y faut qu’une seule f. Mais ne nous égarons pas... Xavier, un même adj ectif ne peut-il qualifier deux ou plusieurs noms à la fois ?

— Dane ! +

— En ce cas, vous le mettez D.

— Au pluriel, naturellement. -

— Et à quel genre?

— À celui que les anciennes grammaïires -- je m'en souviens | — re. le plus noble.

— Qui est?

— Bien entendu le mien, le nôtre, le masculin.

— Si les noms oiée que l'adjectif qualifie

ont à peu près le même sens, s’ils ne sont point unis par la conjonction ef, mais par la conjonction ou, s'ils ne sont unis par aucune conjonction, mais séparés les uns des autres par des virgules, ne pouvez-vous laisser l'adjectif au singulier et lui donner le genre du dernier substantif de l’énumération ?

— Oui.

— Quand et pourquoi ?

— Quand je veux et parce que tel est mon bon plaisir.

— Je souhaiterais une meilleure raison.

— Mettons que c’est affaire de tactet de goût.

— À la bonne heuré ! &

— Ou encore, dit Xavier, que par ce pluriel ou ce singulier, soit du masculin ou du féminin, je puis rendre certaines nuances imperceptibles, certains quarts de ton de la pensée ou du sentiment.

— Voilà, dis-je, qui ne signifie peut-être pas grand chose, mais qui est parfaitement répondu. Je veux maintenant fixer dans votre mémoire quelques détails que vous apprendrez en trois minutes et que vous vous rappellerez toute votre vie. Les détracteurs de notre orthographe ont tort de se plaindre que les jeunes élèves perdent un temps considérable à se fourrer ces vétilles dans la tête. Ils raisonnent peut-être juste pour les jeunes élèves qui sont des ânes; mais à quoi bon ménager le temps des ânes? Je ne prendrai que peu du vôtre, qui est bien autrement précieux.

— Monsieur, dit Xavier, je vous remercie de cette bonne opinion que vous avez de moi ;

mais il me semble au contraire que ce temps précieux, vous le gaspillez et dites bien des paroles

inutiles. — À votre tour, épargnez- moi vos leçons.

Connaissez-vous les adjectifs composés ? Ce sont

deux adjectifs joints par un trait d'union. Ordinairement, les deux s'accordent avec le sub-

stantif. Ainsi les paroles que nous venons d’échan-

ger ne sont pas seulement inutiles, elles sont aigres-douces.

— Monsieur, je peux boire trois rue de suite sans que la tête me tourne ; mais au ue trième, je suis ivre-mort.

— Arrêtez-vous donc au troisième, dit M. Lan-

celot, qui n’avait bu un martini de son existence. | Je repris :

— Premier-né a un pluriel et n’a point de

féminin. Il faut dire une fille nouveau-née, mais une nouvelle mariée et la nouvelle venue. Frais

devant un participe signifié sans aucun doute

fraîchement et, néanmoins, S ‘accorde : vous devez dire.

— Des fleurs fraîches +

— Oui... Avoir l'air signifie paraitre, et IE

faut presque toujours accorder l'adjectif qui suit avec le sujet de la phrase, non avec l'air. Vous pouvez à la rigueur écrire qu'une femme

à l'air gai ; ; évitez d'écrire qu’elle a l’air ivre-mort comme vous au quatrième cocktail... Les règles de nu, demi et Jeu, passent les bornes de l’extravagance, je n’en suis pas responsable. Nu et demi sont invariables quand ils précèdent le

substantif et s'accordent avec lui quand ils le

suivent: une demi-heure, une heure el demie.

La dernière mode est de sortir nu-léte ou têle nue. Feu ne s'accorde pas quand il est séparé du nom par un autre mot, et, quand il ne l’est point, s’accorde : feu ma mère et ma feue mère. Franc. de port s'accorde ou ne s'accorde pas, à volonté. Proche est adjectif ou préposition et s’accorde ou ne s'accorde pas en conséquence. Le plus, le moins, le mieux possible veut dire le plus, le moins, le mieux qu'il est possible ; d'où il s'ensuit que possible doit rester au singulier masculin ou, plutôt, neutre.

— Monsieur, dit Xavier, je prendrai tout cela en note, pour être sûr de ne rien oublier. Vous me faites songer que je n'ai rien écrit encore sur mon beau cahier, sauf le titre, La nouvelle grammaire de Port-Royal, à l'usage des aviateurs éclopés, et la ligne de bâtons.

— Je vous donnerai, dis-je, autre chose à écrire demain, mais finissons-en avec les adjectifs. Il nous reste les démonstratifs, ce ou cet, celte et ces ; les possessifs.…

— Mon, lon, son, notre, votre, leur.

— Oui... Les grammairiens vous diront que la règle est d'employer l'adjectif son lorsqu'on parle des personnes ou des choses personnifiées, et que, hors ces cas, il faut employer en. Les bons auteurs vous donneront souvent la preuve du contraire, ou du moins vous témoigneront que cette règle générale n’a rien d’absolu.,. Les adjectifs numéraux servent à compter. Les uns sont cardinaux et ils énoncent le nombre des personnes ou des objets dont on parle ; les autres, qui sont ordinaux, marquent le rang, premier,

deuxième, etc... Dois-je vous apprendre à compter :

— Monsieur, c'est une des premières choses que j'aie sues.

— Bon, je vous enseignerai donc seulement l'orthographe de vingt, de cent et de mille, qu'un honnête homme doit connaître, n’en déplaise aux ministres qui, pour rendre les examens moins pénibles, autorisent les élèves des écoles primaires à la mettre comme cela leur vient. Cent et vingt, précédés d’un adjectif qui les multiplie, prennent une s, à moins qu'ils ne soient suivis d'un autre nombre. Ainsi, vous. devez écrire trois cents hommes et trois cent deux hommes, ce qui, j'en demeure d'accord, n’a pas le sens commun. Pour quatre-vingt, s’il n’est pas suivi d'un autre nombre, mais s’il n’est pas suivi non plus d’un substantif, vous n’y mettez point d’s. Vous écrivez, par RUE les années quatre-vingt.

— Pourquoi ? dit Xavier.

.. — Parce que, autrement, Victor Hugo aurait fait une faute, d'orthographe ou de prosodie, quand il a écrit :

Comment se pourrait-il que de moi ceci vint ? Le chiffre de mes ans a passé quatre-vingt.

— Mais, dit Xavier, les poètes d'aujourd'hui font très bien rimer le singulier avec le pluriel!

— Très bien, non : très mal. Je leur pardonnerais cependant même cette énormité s'ils écrivaient seulement Booz endormi. ”

— Et mille, Monsieur ?

— Il paraît (entre nous, je viens de l’appren-

dre) que mil est un singulier dont mille est le pluriel. De telle sorte que l’on doit écrire l’an mil neuf cent dix-huit et que dans un siècle nos petits enfants devront écrire l’an deux mille dixhuit. En attendant cette époque lointaine et que nous ne verrons ni vous ni moi, écrivons mù quand nous indiquons le chiffre d’une année, sauf l'an mille ; maïs écrivons aussi bien: mille hommes que deux mille quoique mille hommes signifie un millier d'hommes, ou mil. Je vous signale en passant que vous devez écrire dixsept, dix-huit, etc., avec un trait d'union, jusqu’à cent et qu’à partir de cent le trait d'union est supprimé : cent deux, cent trois, etc. Passons aux adjectifs indéfinis, qui sont aucun, certain, maint, nul, quel, tel, tout, autre, chaque, même, plusieurs, quelque, et quelconque. Ici encore, je me borne- - rai à vous indiquer deux ou trois finesses de langue ou d'orthographe qu’il est honteux de ne pas connaître.

— J'ai hâte de les apprendre.

— La principale est l’emploi de chaque ou de chacun. Pour Dieu! Xavier, ne dites jamais : « Voici deux bibelots que je viens d'acheter, je les ai payés cent francs chaque.» J'aimerais presque mieux que vous dissiez «l’un dans l’autre » ; mais il faut dire: « cent francs chacun ».

— Monsieur, pourquoi les écoliers se font-ils des monstres de quelque et de tout ?

— Je me le demande. Je ne prétends pas que la règle de quelque et de {out soit fort logique, mais elle est simple comme bonjour. Ils sont l’un et l’autre tantôt adjectifs et tantôt adverbes,

Ils s'accordent dans le premier cas et ne s’accordent pas dans le second. Quelques hommes, quel: que courageux que vous soyez. Il y a quelque cinq cents ans, c'est-à-dire il y a environ cinq cents ans. La difficulté pour quelque est qu'on le

coupe en deux devant le verbe être et qu’alors on

fait accorder quel : Quelles que soient vos bonnes raisons. Mais vous écrirez [quoique ce soit précisément la même chose) : Quelques bonnes raisons

que vous ayez. Je regrette l’ancien usage qui était

de dire quel que pour quelque que.

En quel lieu que ce soit, je veux suivre tes pas,

a écrit Molière dans Les Fâcheux, à la scène À de

l’acte LIT.

« Tout est adverbe devant un adjectif, et par conséquent ne s'accorde pas; mais il s'accorde, où fait semblant de s’accorder, par raison d’euphonie, devant un adjectif féminin qui commence par une consonne ou une À aspirée. Vous dites toute nouvelle, mais vons écrivez {out entière.

— Ce n’est pas sorcier.

— Evidemment !... Rappelez-vous que tout est

adverbe et invariable dans les locutions telles que

tout en larmes, lout en blanc. Pour tout autre, on.

vous permet de raisonner.

— Une fois n’est pas coutume !

— Tout est adverbe ou adjectif selon ce que

vous entendez, «Mon opinion est fout autre »

signifie «tout à fait autre ». « Je n’aime pas cette maison, foule autre me plairait davantage » : cest-à-dire « toute maison autre », il y a une nuance. ne

— Un abîme |

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— Soit, dis-je. Il marquera donc notre étape d'aujourd'hui. Je vous rends votre liberté. Vous ne vous plaindrez pas que nous avons fait peu de besogne, et vous irez jouer, je l'espère, avec une conscience tranquille.

— Je n’en sais trop rien, me répondit Xavier : mais je veux vous obéir et vous complaire. Vous ne perdrez rien pour attendre : si j'ai des scrupules, je vous les dirai demain.

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