ACTE TROISIÈME
LANDRY, XAVIÈRE.
Bientôt nos maux seront finis.
PRUDENCE, sentencieuse.
Et les méchants seront punis.
GALIBERT et MÉLIE, les yeux dans les yeux, très rieirs.
Grive, grivette, grivoisette, Lanturlurette, Lanturlura!
LANDRY et XAVIERE, les regardant avec attendrissement, puis souriant.
Oui, nous serons heureux comme ceux-là Lanturlura, luron, lurette, Lanturlura, luron, lura!
PRUDENCE
En attendant que de bien ou de mal chacun ici-bas ait son compte, Benoite et Landrinier, à l'entour de chez nous, rôdent comme des loups.
Ils voudraient bien entrer...
GALIBERT
Qu'ils osent !
PRUDENCE, à Galibart seulement, tandis que Landry et Xavière continuent à se parler doucement.
Ils voudraient tenir Xavière chez eux Afin de la torturer mieux Et la faire mourir plus vite.
Oh! cette Benoîte maudite !
Oh ! ce gredin de Landrinier !
GALIBERT
N'ayez crainte!... Ils n'auront pas le dernier.
XAVIERE, à Prudence.
Et monsieur le doyen?
PRUDENCE
Fillette, sois tranquille, Monsieur est parti pour la ville Mais Galibert ne nous quittera pas.
MELIE, s'approchant, embrassant Xavière.
Je reste aussi, va, ne crains rien, Xavière.
XAVIERE, charmée, avec un grand élan de gratitude vers Prudence.
Ah! mon cœur est tout plein d'allégresse! Vous m'aimez et ma voix vous bénit !
Gardez-moi ! Secourez ma détresse !
Gardez-moi tendrement dans ce nid !
Dans la paix de la maison bien close, Au jardin tout parfumé de roses, Laissez-moi désormais demeurer.
Mon esprit s'y plaît et s'y repose !
Je ne veux plus trembler, ni pleurer !
On entoure Xavière avec sollicitude.
Oui, je suis heureuse, amis, bien heureuse !
Libre de souci,
Je vous dis : merci !
Pour me consoler il faut peu de chose :
Un peu d'amitié
Et quelque pitié !
A peine je vais conserver la trace
Du chagrin passé
Par vous effacé !
Et voici qu'enfin Dieu m'a prise en grâce
Et j'ai retrouvé
Le calme rêvé !
A Landry.