‹ XIIe Congrès international de géologie [microforme]Chapitre 4 sur 8 · ARTICLE · texte numérisé non relu

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USQU'ICI, j'ai glané à propos du congrès de Toronto ; je n’ai encore presque rien écrit touchant le congrès lui-même. Un congrès suscite naturellement l’idée d’un groupe de spécialistes réunis pour discourir sur leur art ou leur métier. Les congressistes de Toronto n'ont pas failli à cette tache, Je dirai donc ce qui a fait le sujet de nos principales discussions. Toutefois, je me garderai d'entrer dans le détail de tous nos palabres, pour la double raison que la matière n'intéresserait qu’un petit nombre d'initiés et que je serais forcé d’user d'un vocabulaire qui ferait peut-être un facheux contraste avec la belle langue que les écrivains habituels de la Revue Canadienne ont le grand souci de cultiver.

Je fais allusion, on le comprend, au lexique de la Géologie, Quant au langage des conférenciers, les journaux ont déjà fait Connaitre que le francais fut la langue oflicielle du congrès, comme il l'est d'ailleurs de toutes les assises internationales. Sir Charles Fitzpatrick n'oublia pas de proclamer cette entente au début de son discours, * J'apprends. dit-il, que parmi les délégués de ce congrès on ne parle pas moins de vingt-trois langues différentes, et s'il m'est Joux, en cette occasion, de revenir pour quelques instants à celle que m'ont enseignée mes anciens professeurs canadiens-francais, il est aussi de mise. our vous souhaiter la bienvenue. d'adopter la langue officielle du congrès, qui est en même temps l'organe des intellectuels, le our parler de France, De plus le francais est une des deux langues officielles de ce pays. C'est la langue que parlérent les premiers pionniers, prêtres, soldats où marchands. qui remontérent le Saint-Laurent, explorèérent les Grands Lacs, découvrirent le Mississippi et posèrent d’une facon si solide et si profonde les bases de la nation canadienne. ?

Papplandis en moi-meme à ces sénéreuses paroles et je me

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sentis au Cœur une fierté en pensant qu'elles étaient prononcées dans la langue de ma province, par un homme de ma province, et qu'il m'était donné de jouir de ce plaisir dans le milieu le moins français du Dominion. Mon chauvinisme était encore accru par la vue, dans cette belle Convocation Hall de l'Université de Toronto, où nous étions réunis, d’un des plus vrands orgues du Canada — Je plus puissant de la ville de Toronto — que j'avais vu Construire, par des ouvriers Canadiens-français, dans les ateliers éminemment Canadiens-français de MM. Casavant et Frères, de Saint-Hyacinthe (1).

Le français, je lai entendu derechef, ce premier jour du congrès, dans la bouche du septuagénaire autrichien Tietze, ancien président du congrès géologique de Vienne ; dans Ja bouche du Suédois Backstrom, du russe Tscheryschew, de M. Adams, professeur à MeGill et président du présent congres, et, cela va sans dire, dans la bouche du parisien Defline.

J'aurais souhaité que MM. Falconer, recteur de l'Université de Toronto, Hearts, ministre des mines, Miller, chef du service géologique d'Ontario, Brock, secrétaire du congrès nous fissent Pareillement entendre Je doux parler de France : mais pour ces messieurs, tous ontariens, Je protocole fut lettre morte. Il leur serait peut-être permis de présenter plusieurs raisons de cette prétérition ; il m'est également permis d'en soupçonner la premiere et la plus impérieuse ! Serait-il téméraire de conjecturer, en plus, que le maire de Toronto, dont l'absence fut remarquée, et le lieutenant-souverneur d'Ontario qui refusa, avonsnous appris, d’assumer le rôle qui lui revenait obligatoirement en cette séance d'ouverture du congrès, auraient été empêéchés Pour les mêmes motifs de s'exprimer en francais ? Quoiqu'il en Soit, le fait vaut d’être noté que seuls les délégués des Iitats-Unis et les délégués Canadiens, autres que ceux de la province de

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(1 Cel orgue, je ne pouvais oublier qu'il avait sers i, ui Cours de sa Construction, à accompagner le chant de Ja messe en plein air lors des fêtes du centenaire du Séminaire de Saint-ilyacinthe.

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Québec, ne surent pas faire preuve de leur connaissance de la langue francaise. Par contre, la plupart des délégués d’outremer, de même que les délégués du Mexique et de l'Amérique méridionale, parurent glorieux, en toutes les occasions, d’exhiber leur science de la langue protocolaire.

Il ressortait forcément de ce contraste que les derniers revètaient aux yeux des assistants une sorte de lustre ou de supériorité intellectuelle. tandis que les premiers, semble-til, ne devaient pas être éloignés d'éprouver en eux-mêmes un com= mencement d’humiliation et comme un rapetissement à certains égards en l'esprit des centaines de géologues présents.

Toronto qui se flatte d’être la ville des conurés recevait néanmoins un congrès international pour la première fois. Trente. huit pays, vingt-cinq gouvernements et plus d’une centaine de corps enseignants et de sociétés savantes y étaient représentés par 500 délégués, tous versés en leur art, tous désintéressés, tous plus désireux de découvrir une faille ou une anticlinale que le filon métallifère le plus précieux. Ils étaient venus des laboratoires des vieilles universités européennes, aussi bien que des camps miniers des Andes, des Montagnes rocheuses et des Ourals. Il v avait un jeune boëér qui se battit bravement, vers 1900, pour Paul Kruger, et qui aujourd'hui est attaché au bureau des mines à Ottawa. Il ÿ avait un délégué de la Chine. et celuici mérite une mention spéciale. Ce céleste géologue, débarqué au port de San Francisco, avait dû subir toute la rigueur des lois d'exclusion en vigueur chez nos voisins et traverser le territoire américain sous le régime des marchandises en transit (in bond) avant de mettre le pied sur le sol canadien.

La première idée de convoquer un Congrès de Géologie remonte à l'exposition universelle de Philadelphie, en 1876. Sterry Hunt, ancien professeur de chimie à l’Université Laval de

Québec, fut le secrétaire du comité qui élabora à cette fin une ébauche d'organisation, Deux autres Canadiens, Selwynn et Paul de Cases, faisaient pareillement partie de ce premier bureau. Le congrès tint Sa première séance régulière à Paris en 1878, et sa derniére, la onzième, à Stockholhn. il Y a trois ans, Après le Canada, qui voit aujourd'hui Ja douzième. la Belgique. sans prendre fraveur du chittre fatidique, souhaite à l'avance la bienvenue à la treizième séance. en 1917.

Le but d'un Congrès de Géologie n'est pas celui que lui prêtait un journaliste né malin, to rub theory against theory, mais de promouvoir l'avancement de Ja Géologie au double point de vue de la science pure et de ses applications aux arts et à l'industrie,

Outre ce but général, qui reste toujours à l'affiche, chaque réunion du congrès prépare à l'avance, avec le concours des Spécialistes choisis parmi les plus célèbres des cinq continents, une où plusieurs monographies de grande valeur. Le congres de Stockholin à fourni la maticre le deux volumes in-quarto traitant, l'un du Changement de climat depuis l'époque ylaciaire, le deuxième des Gisements de minérais de fer Sur notre ulobe. Au convrès de Toronto avait été assionte Ja täche, dont je parlerai plus loin, de faire le Calcul des réserres de charbon dans les pays civilisés,

[a bien fallu renoncer au projet qui dans l'esprit des fonda teurs devait être le but pratique du congrès de Géologie et lui conférer dés ses débuts une inportance et une autorité de premier ordre. Nos devanciers, en eftet. avaient révé l'adoption d'une Janine internationale de couleurs pour la représentation des terrains aéologiques. et surtout Ja composition d'un lexique technique universel qui fût assez étendu pour comprendre les nos de toutes les formations importantes aujourd'hui connues, et assez intellivibles dans les termes pour permettre aux wéoloaues de comparer entre elles les classifications stratisraphiques particulières usitées chez les diverses nations.

Je crois qu'une gamme de couleurs, au moins pour les principaux terrains, à fini par rallier Ja plupart des suffrages. Mais si

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