‹ XIIe Congrès international de géologie [microforme]Chapitre 5 sur 8 · PER · texte numérisé non relu

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l'échelle des couleurs est indépendante des nationalités, il n'en est pas ainsi de la langue. C'est pourquoi le lexique géologique universel reste toujours à faire. On a proposé, Sans succés, une langue artificielle, le volapuk ou l'esperanto. Chaque peuple tient au vocabulaire reçu dans ses écoles, quitte à n'être pas compris par son voisin, Notre laurentien, par exemple, malgré son importance en Géologie locale, ne signifie rien en dehors de l'Amérique et très peu de chose en dehors du Canada,

Mieux vaudrait à mon avis, diriger les bonnes volontés des gouvernants, si jamais elles se rencontrent, ver. l'adoption d'une unité de premier ordre, d'un méridien unique, d'un système unique et universel de poids, de mesures, de monnaies, On sait que les énéreux eflorts tentés à cette fin en divers lieux n'ont abouti finalement qu'à un lamentable échec. Les peuples gardes ront done leur abécé géologique particulier de méme que leur méthode de mesurage et nous Conlinuerons à ne nous entendre qu'à demi.

Dés notre première séance nous pünes constater et toucher du doigt, pour ainsi dire, les ennuis résultant de la variété des classifications et des échelles de valeurs économiques, à propos du premier article du programme de notre congrès qui était — je l'ai dit plus hout le calcul des réserves de charbon.

La commission chargée de ce travail avait pris Son rôle au grand sérieux. Elle nous a présenté un rapport eñ trois gros Volumes in-quarto contenant l'étude de Soixante-quatre pays, dont celle de la Chine. préparée par le Dr Noah Drake, n'est pas la moins intéressante.

Ce rapport nous enseigne que les gisements connus renferment, en chiffres ronds, 7,400,000 billions de tonnes de charbon de toute nature. La consommation totale dans le monde entier, fut. en 1910, de 1,145 millions de tonnes. À ce compte, il en reste pour plusieurs millions d'années à venir. Peu de pays sont absolument dépourvus de charbon. La Suisse toutefois se voit menacée d'une disette. Ses houilliôres ne renferment plus que quelques hillions de tonnes. Le Canada dépense annueliement

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peut corriser.

12 millions de tonnes et il a une réserve en vue de 1,000 billions. L'Angleterre possède 190 billions, l'Allemagne 94 billions, la Russie 235 billions. Les États-Unis, avec leurs 3,225 billions, l'emportent incontestablement sur tous les pays ; ils ont brûlé jusqu’à aujourd'hui 11 billions. Ce qui n'est pas connu de tout le monde, c'est que la Chine est riche de 407 billions de tonnes de charbon dur, M. Define, ingénieur au corps des mines, délégué du wouvernement français, nous dit que les charbounages de la France ne sont opérés nulle part à plus de 4,000 pieds de profondeur et qu'ils renferment encore 20 milliards (billions) de tonnes après en avoir fourni 1 1/2 milliard.

Ces chiffres. quelque rassurar.ts qu.is soient, ne nous renseignent pas parfaitement sur la valeur monétaire du précieux combustible, Car il y a charbons et charbons, de mème qu'il Va fagots el fagots. Nous connaissons l'authracite, la houille, le charbon brun, les liquites, les cannels, les bogheads, ete., dont la valeur peut différer de l'un à l'autre dans la proportion de un à dix, de un à vingt. Faut-il continuer de les classer Simplement suivant cette nomenclature * Ou vaut-il mieux les distinguer par les qualificatifs de charbons flumbants et nonfarmbants, de charbons à longue flamme et à flamme plus courte ? Conviendraitil de fixer une échelle de valeur absolue basée sur le noire de calories que les charbons dégagent dans le foyer ? Et encore. srra-ce par la calorie-gwramme ou pur la bu istish thermal unit) ? Autant de questions, autant de Sujets de diseussion et de divergences issues de la mésentente internationale que tout le monde déplore et que pe

Je dois dire cependant qu'un jeune chimiste a proposé une classification des charbons tout à fait originale. À la surprise de l'auditoire, il a présenté le microscope comme le se * instrument apte à rectifier les vieilles méthodes de classement. en révélant la nature intime des comestibles fossiles et partant leur valeur économique, Sans doute, l'étude microscopique des végétaux fossiles est intéressante 2. instructive, Elle a déjà occupé plu-

sieurs savants, L'un d'eux, M. Renault, 4 imême trouvé, au sein de leur tissu, et à l'état fossile pareillement, la plupart des bactériacées aujourd'hui vivantes à la surface du sol, micro coques, bacilles, <treptocoques, ete. Mais voyez-vous le char bonnier à son comptoir, armé du microscope et examinant la texture des Ssigillaires, des lepidodendrons, des calamites de l'époque carbonifere et des divers étages houilliers avant de conclure ses ventes où ses achats !

Dans la soirée, M, E, de Margerie, ancien président de la Société de Géologie de France, nous cntrelint longuement, en anglais de la carte géologique de notre globe, {nous apprit que la dernière et Ja plus connue des cartes du globe, publiée en 1861, est à peu pres sans utilité aujourd'hui, L'Europe et l'Armée rique du Nord possèdent eh ; une carte nouvelle préparée, la première par une commiss n européenne et Pautre par le bureau de Géologie des Etats Unis avec le concours de la Commission géologique du Canada. Les cartes continentales sont les seule< désirables, vu que l'eau couvre les sept-dixièmes de la terre et que la surface liquide occuperait presque tout l'espace sur une carte mondiale. Le conférencier suggère de confier à des géologues allemands et à des éditeurs allemands la tâche de faire la carte de l'Amérique du Sud, Les Français pourraient se charger de la carte de l'Afrique, Quant à la préparation de la carte de l'Asie, on pourrait utiliser les travaux des commissions particulières des divers gouvernements et demander aux Anglais de l'imprimer. L'Australie serait priée de construire Sa propre earte. Il ne resterait plus à faire que la carte de l'Océanie et des régions polaires, nord et sud, et M. de Margerie pense que ce dernier travail n'est pas le plus pressan’

Les lignes qui précédent disent assez que le premier jour du congrès fut bien rempli. Les jours suivants, plusieur: comités tinrent conseil afin de discuter quelques sujets particulier<. 1]

fut question d'un prix destiné à récompenser le meilleur travail ou la plus grande découverte géologiques ; de la fondation d'une revue internationale de Géologie ; d’une commission Paléontologique ayant une branche spéciale pour l'étude des fossiles de l’homme ; d’un lexique Stratigraphique disposé par ordre alphabétique ; d'une commission internationale des glaciers.

Pendant que les comités délibèrent, les autres congressistes réunis dans le diverses salles de l'édifice de Ja physique, peuvent énteadre une lecture, selon leur gout, où sur la formation des Andes en Argentine, ou sur les mouvements sismiques en Malaisie, ou sur les dépôts de pétrole dans les Iles Philippines, ou sur l'âge des montagnes dela Scandinavie et la ressemblance de celles-ci avec nos Laurentides...

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