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NPRÈS la lecture des rapports d’un intérêt général, l’ordre des iours suivants nous permit de prendre connaissance de plusieurs travaux particuliers.
M. Hobbs, de l'université de Ann Harbor (Michigan) a constaté que les éléments principaux des magmas ignés, tels que l'acide silicique, l’alumine, le fer, se rencontrent en quantité équivalente dans les argilites. Seules la chaux et la soude offrent une divergence notable. De ces rapprochements M. Hobbs con‘'ut que les roches éruptives furent à l’origine des argilites. Celles-ci ont été fondues sur place puis poussées vers la surface. L’excès de chaux et de soude, qu'elles accusent à leur sortie, s'expliquerait par le fait qu'en cheminant vers l’extérieur, elles ont traversé d’autres couches sédimentaires, riches en calcaire et en sel, qui leur ont cédé de la chaux et de la soude. L'hydrogène libre et combiné, les gaz sulfureux, chlorydrique et carbonique, les immenses quantités de vapeur d’eau qui se dégagent dons ces phénomènes de fusion, dans les éruptions volcaniques par exemple, tout cela reçoit une explication satisfaisante par la théorie de M. Hobbs. Car il est connu qu'un pied cube d’argilite renferme presqu'un gallon d'eau. A la température de fusion de cette roche, l’eau se dissocie en ses éléments, hydrogène et oxygène, et la présence de ces gaz à l’état naissant donne le clef des combinaisons diverses mentionnées plus haut.
La même théorie, étudiée sous tous ses aspects et en ses diverses conclusions, jetterait probablement quelque lumière sur les montagnes isolées des vallées du Saint-Laurent et du Richelieu, dont la nature et l'origine ne sunt pas encore parfaitemont démontrées.
Une pensée analogue a conduit M. Daly, de l’université Harvard, à rechercher dans leur genèse même la cause de la
différence de Composition que présentent quelques laccolithes et
batholithes, selon qu'on les observe à la base où an sommet de
leurs dépots, Cette particularité serait due à la température de fusion de ces roches et à leur refroidissement plus où moins lent. Cette puissance mystérieuse partout présente et jalouse de tout Soumettre à son influence, la gravité. est intervenue et a provoqué une sorte de cristallisation fractionnée d'où sont issues des Substances avant droit au même nom mais ne montrant pas dans toute leur masse une composition identique,
M. Harker, de l'université de Cambridiye (Angleterre), corrobore cette opinionet M Coleman, de Toronto. en voit la contirmation dans les champs nikélifères de Sudbury,
L'étude des roches ign
es appelle logiquement l'étude des roches Sédimentaires, M 1
Jrich, de la commission géologique des Etats-Unis. nous initie aux embarras du strati
oraphe et du paléontologiste dans ja t
axonomie des anciennes couches sédimentaires Les classifications anciennes avaient du bon. les etilest probable que celles qui suivront l'emporteront en valeur sur les précédentes. Le malheur « les géologues ne sont pas tous
nôtres Sont meilleures,
st que Pareillement consciencieux. Le désir de découvrir une formation nouvelle ne
peut suppléer aux défaillances de la mémoire,
ni aux lacunes d'une science qui enseignierait que telle.prétendue découverte n'est qu'un accident lithologique dans une formation bien connue. ( l'introduction du terme ordovicien, en vue de désigner les frontières indécises entre le silurien et le cambrien, résulte d'un Compromis entre les partisans obstinés de deux classificateurs non moins obstinés.
Il faut savoir. continue M. Ulrich, que le témoignage des restes organiques n'est pas toujours absolument concluant. La faute n’est pas aux fossiles, mais tirons, Quelle que soit la significs bassin pélagique, sa présence
Test ainsi que
au diagnostie que nous en tion d'un fossile dans un
dans un autre bassin peut comporter une signification différente. I] a trouvé, dit-il, trois qui ont totalement bouleversé
fossiles ses Connaissances passées sur
leur habitat, et. partant, sur leur àge relatif. Combien de faux pas attendent le stratigraphe et le paléontologiste s'ils oublient ou ignorent un fait indéniable, à savoir la récurrence, due sux Courants périodiques ou accidentels, dans un bassin océanique d'espèces animales vivant habituellement © ns un autre bassin, Ce fait se manifeste dans nos Apalaches. Iciles eaux de l'Atlane tique et du Golfe du Mexique ont tour à tour inondé plusieurs bassins et y ont laissé, chaque fois, les traces de leur passage par l'apport de fossiles caractéristiques.
Je ne peux laisser le sujet des formations anciennes sans Signaler la sortie de M. Lawson. de Californie, contre notre laurernien. * Nous avons appris. aflirme-t-il, ce que signifie cette expression géologique et nous voulon: maintenant la riyer de nos traités. Ce que nous demandons, c’est une classiucation, quel qu’en soit le nom. qui comporte un sens défini ”. Déjà, je crois, la Commission géologique du Canada a exprimé un doute sur l’âge relatif de ce terrain ancien que Logan a nommé d'un nom qui nous est cher. Elle à reconnu que s’il était donné à cet illustre géologue de revoir ses champs d'exploration, il nv trouverait plus la confirmation de ses vues, surtout depuis que l’on a étudié à fond les formations de Cobalt et de Sudbury. M. Coleman croit cependant que la nomenclature de Logan n’est pas sans fondement et il d'clare la maintenir au moins pour les granits de Sudbury, sûrement antérieurs à la formation huronienne.
M. Frank B. Tavlor nous fait passer biusquement de l'histoire ancienne aux événements modernes, de l'âge des mollusques à l'âge de l’homme, par un exposé des limites sud du glacier continental. Il y croit encore fermement à ce grand cataclysme,. quoiqu’en d’autres lieux on commence à douter de l'importance de son rôle et même de son existence. I] voit les traces de son passage -et de son action dans les quartzites de Postdam arrachées aux rives du lac Champlain et transportées jusqu'à la latitude de Cincinnati. I] sait que le glacier à cheminé du nord au sud, sensiblement, passant à travers les Grands Lacs, par-
de
dessus le mont Washington des Montagnes blanches, par dessus les plus hauts sommets des Adirondacks, à la façon d’un feuve dont les eaux s'écoulent selon les lois impérieuses de l’hydrostatique. Ii a mesuré l’épai «seur de cette aste carapace de glace et il lui donne quinze à vingt mille pieds. Dans l'état de Wisconsin, M. Taylor a constaté les hésitations du glacier à fixer une borne à son cours. Il semble qu'il a tantôt avancé et tantot rétrogradé. En un point particulier, il a reculé de Quarante milles tandis que la reprise de sa marche en avant n'a été que de trente milles. C’est après des reculs répétés, et de plus en plus accentués, qu'il est finalement remonté vers sa source c’est-à-dire vers l'océan arctique. La preuve de ces multiples hésitations est écrite sur le sol : les cailloux roulés qu'il a semés partout sous la forme de moraines nous permettent de la lire comme dans un livre.
Les quelques travaux dont ie viens d'écrire une analyse succinte ne doivent pas induire le lecteur à conclure que le congrès ne s’est occupé que de questions théoriques. Non, le congrès à été très sobre sur ce point. [l s'est bien gerdé, par exemple, d'entrer dans la * Spécuiation à perte de vue ” touchant l’âge de la terre. Toutefois, un journaliste s'est glorifié d'avoir interrogé un congressiste sur ce problème, et il écrit que “il va des géologues qui ne donnent que 75 millions d'années à la terre. le savant. lui, a déclaré, en aCCOMpagnant son dire d'un geste qui n'avait rien de métaphysique, qu'ilne vovait pas qu'on puisse s’en tirer avec moins de 200 millions d'années,
Sait-on que ces chiffres, apparemment fantaisistes, résument assez bien l'opinion des hommes de scierce ? Les géologues, les géomiètres, les physiciens, les chimistes même se sont prononcés là-dessus, et ils inclinent tous à les accepter, sinon dans leur localité, du moins dans leur ordre de grandeur. Voici la substance des urguments d' uns et des autres.
Les géologues ont trouvé qu'il faut en moyenne 3 à 4 mille ans pour que les eaux forment un dépot d'un pied d'épaisseur.