‹ XIXe siáecleChapitre 6 sur 19 · Strophe 4 dans la dernière rédaction · texte numérisé non relu

Strophe 4 dans la dernière rédaction

Le ciel est mort.

Retour du ciel.

Hantise de l'azur.

comme l'homme qui voit réussir son vœu acharné. La quatrième1 commence par une exclamation grotesque d'écolier délivré : Le ciel est mort ! Et tout de suite, muni de cette admirable certitude, j'implore la Matière. Voilà bien la joie de V Impuissant. Las du mal qui me ronge, je veux goûter au bonheur commun de la foule, et attendre la mort obscure... Je dis : je veux. Mais V ennemi est un spectre, le ciel mort revient et je Ventends qui chante dans les cloches bleues. Il passe indolent et vainqueur, sans se salir à cette brume et me transperce simplement. A quoi, je m'écrie, plein d'orgueil et ne voyant pas là un juste châtiment à ma lâcheté, que j'ai une immense agonie. Je veux fuir encore, mais je sens mon tort et avoue que je suis hanté. Il fallait toute cette poignante révélation pour motiver le cri sincère et bizarre de la fin : l'azur...

Le poème n'est plus une succession d'impressions, mais l'évocation d'un drame, celui de la création poétique, qui torture l'auteur lui-même et se pose, plus généralement, pour tout poète. La difficulté principale, remarque Mallarmé, consistait à combiner l'élément dramatique et l'idée de poésie pure.

Page 1