‹ XVIIme [i.e. dix-septième] siècleChapitre 33 sur 70 · L'ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

L'ARCHITECTURE

ET LKS ARCHITECTES.

Le Louvre. — Châteaux de Saint-Germain, de Villen-Coteretfl et de Fontainebleau. — Hôte] de ville et place Royale. — Le Luxembourg. — Les Tuileries. — Mansard, — Le Val-de-Grâce. — Hotels Aruelot, Zamtt et Bcipion Bardini, - Château de Vaux. — Le Nôtre. — Versailles, les Invalide.-. — Lepautre.

ks grands architectes de la renaissance, Pierre Lescot, le Primatice, Philibert de l'Orme, étaient morts bien avant la triste journée des Barricades, qui interrompit tous les travaux que le roi Henri 1 1 1 faisait exécuter à Paris et dans les maisons royales. Les deux frères Baptiste et Jacques Androuet du Cerceau, L'aîné sum^^iS^i^r^^ï^-^^iÂM rintendant ou ordonnateur des bâtiments du roi, le second contrôleur et architecte de ces bâtiments, dirigeaient alors la construction de la grande galerie du Louvre, qui devait rejoindre le château des Tuileries et dont le rez-de-chaussée seulement était bâti jusqu'au pavillon de Lesdiguières. Ces deux habiles architectes furent obligés de sortir de Paris, après le départ du roi, parce qu'ils étaient huguenots, et le roi n'osa plus les employer, quoique leur pension de 500 livres par an continuât de leur être payée.

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Pendant la Ligue, où architectes et maçons ne pouvaient guère exercer leur profession, ils s'étaient mis l'un et l'autre au service de Henri IV, qui les chargea de fortifier les villes de Melun et de Pontoise, et sans doute aussi celle de Saint-Denis, dont il avait fait son quartier général.

Dès que Henri IV fut rentré en possession de sa capitale, il songea immédiatement à ordonner la reprise des travaux du Louvre , d'après les plans de Baptiste Androuet du Cerceau , le plus célèbre architecte qui fût en France ; mais, comme cet architecte et son frère, tout dévoués aux intérêts de la religion réformée, devaient se consacrer à l'édification du temple de Charenton, qu'il fallait se hâter de préparer, en prévision de l'édit de Nantes, qui fut accordé aux protestants dans le mois d'avril 1598, le roi s'était vu obligé , par suite d'une concession au parti catholique, d'éloigner de la surintendance et du contrôle des bâtiments de la couronne les deux du Cerceau. Louis Metezeau, fils de Thibaut Metezeau, architecte du roi, qui avait pris part aux travaux du Louvre sous Henri III, fut donc, par lettres patentes du 19 octobre 1594, ce commis et député pour avoir la charge et conduite de la construction de tous les bâtiments royaux, » aux appointements de 800 écus par an.

Il s'agissait, avant tout, de réunir le Louvre et les Tuileries par une galerie, longeant la Seine, que le roi regardait comme indispensable à sa sûreté personnelle, « pour être à la fois dehors et dedans la ville, quand il lui plairoit, » selon le témoignage de Sauvai. Au reste, Henri IV, avant même d'en avoir fini avec la Ligue qui se maintenait dans certaines provinces, tenait à manifester le caractère de son règne pacifique , par un élan général donné aux œuvres de l'architecture : « Dès qu'il fut maistre de Paris, dit le Mercure franchis (dans l'éloge des vertus du Roy, 1G10), on ne veit que maçons en besogne. » Ce que l'historien Matthieu avait déjà constaté en ces termes : (( Du premier jour qu'il entra au Louvre, il desseigna ce qu'il poursuivit et continue maintenant. » La première moitié de la galerie du Louvre, depuis la salle des antiques jusqu'au pavillon de Lesdiguières , fut entièrement achevée dans l'espace de deux an-

L'AUCIUTECTUIÎK ET LES ARCHITECTES

nées, sous la conduite de Louis Metezeau, et le roi put y placer une inscription latine, qu'on y voyait encore à la fin du dix-septième siècle, dans laquelle il déclarait que cette galerie, commencée par Charles IX, durant une paix profonde, il l'avait terminée heureusement, au milieu de la tourmente des guerres civiles, l'an de grâce 15%, de son règne le septième.

Les travaux pour la construction de la seconde moitié de cette galerie monumentale ne furent repris qu'en 1003. Baptiste Androuet

Fig. 1.5G. — Les Tuileries et lu galerie du Louvre, sous Henri IV.

du Cerceau, dont les plans étaient toujours suivis, n'existait plus à cette époque : il était mort, deux ans auparavant, après avoir construit, aux frais du roi, le château de Monceaux, pour Gabrielle d'Estrées, et le château de Verneuil, pour Henriette de Balzac d'Entraigues. Henri IV rendit à Thibaut Androuet du Cerceau le droit de participer à l'achèvement des plans de son frère défunt, en coopérant avec Louis Metezeau et ses deux aides, Plain et Fournier, à la construction de la galerie du Louvre, qui fut complètement achevée en 1609.

Un autre architecte du roi, Etienne du Pérac, mort en 1001 , avait élevé depuis longtemps le pavillon de Flore, auquel cette galerie

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devait venir se relier, et le grand bâtiment, qui formait une aile du château des Tuileries, et qui se rattachait ainsi au pavillon de Flore. La galerie du Louvre ne tarda pas à recevoir sa décoration extérieure et intérieure : superbes sculptures, par P. Biard, Barthélémy Prieur et les frères Lheureux ; magnifiques peintures, par Bunel et Dubreuil, qui y représentèrent une suite de portraits des rois de la branche des Valois, ce qui fit appeler cette galerie la Galerie des Rois. Le 1" janvier 1608, Sully, étant allé voir le roi au Louvre, l'y trouva, « comme il entroit dans sa petite galerie, pour passer à la grande et de là aux Thuilleries, où il vous mena promener, )) disent les secrétaires rédacteurs des Œconomies royales, en s'adressant à l'auteur de ces Mémoires.

Henri IV ne cessa de s'occuper de constructions, dans tout le cours de son règne, où tous ses architectes ne manquaient pas d'ouvrage, car il eut toujours la passion de la maçonnerie. Tl fit bâtir, par du Perac, le château neuf de Saint-Germain en Laye; il fit réparer le château de Villers-Cotterets, par Baptiste Androuet du Cerceau; il augmenta tellement le château de Fontainebleau , en y ajoutant successivement une partie de la tour ovale, le pavillon des Dauphins, le pavillon de Monsieur, la cour des Offices, la galerie des Cerfs, la galerie des Chevreuils, la galerie de Diane ou de la Reine, la porte Dauphineet la porte du Château. Cette dernière porte, qui est d'un style d'architecture noble et majestueux, paraît être l'œuvre d'un architecte, nommé Etienne Jamin, qui avait construit d'abord la cour des Offices : elle offre une inscription, annonçant que les travaux exécutés par ordre de Henri TV furent entièrement terminés en 1600.

Le roi semblait avoir à cœur de mener à fin tous les ouvrages de construction que ses prédécesseurs avaient entrepris et laissés inachevés. L'hôtel de ville de Paris, commencé en 1533 sur les plans et sous la conduite de l'Italien Boccadoro, était à faire presque tout entier. On y travailla, sans désemparer, à partir de l'année 1608, et le prévôt des marchands tint à honneur de finir ce monument municipal, qui semblait abandonné depuis plus d'un demi- siècle. On sait que Pierre Biard, mort en 1609, et Pierre Chambiges, fils de l'architecte de la

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