ESSAI SUR LE FONDEMENT DU DROIT NATUREL
» véritable piété; car il ne suffit pas d’ôtre soumis à Dieu » comme on obéirait à un tyran ; et il ne faut pas seule- » ment le craindre à cause de sa grandeur, mais encore » l’aimer à cause de sa bonté. Ce sont des maximes de la b droite raison, aussi bien que des préceptes de l’Écriture; b et c’est à quoi mènent les bons principes de jurisprub dence, qui s’accordent aussi avec la saine théologie et b qui portent à une véritable vertu. Bien loin que ceux qui b font de bonnes actions, non par un motif d’espérance b ou de crainte de la part d’un supérieur, mais par l’effet b du penchant de leur cœur, n’agissent pas justement; b ce sont eux, au contraire, qui agissent le plus justeb ment, puisqu’ils imitent en quelque manière la justice b de Dieu. Car quand on fait du bien pour l’amour de b Dieu ou du prochain, on trouve du plaisir dans sou b action même (telle étant la nature de l’amour), et on n’a b pas besoin d’autre aiguillon, ou du commandement d’un b supérieur. C’est d’une telle personne qu’il est dit, que b la loi n'est pas faite pour le juste '. Tant il est contraire b à la raison de dire, que la loi seule ou la seule conb trainte fasse le juste. Il faut avouer pourtant que ceux b qui ne sont pas parvenus à ce point de perfection , ne b sont susceptibles d’obligation que par l’espérance ou la b crainte; et que c’est surtout dans l’attente de la venb geance divine qu’on trouve une nécessité pleine et enb tière, et qui ait de la force par rapport à tous les homb mes, d’observer les règles de la justice et de l’équité, b
• Thiraotli. i, 9.
DISSERTATION