XXII LETTRE DE L’ÉDITEUR DE
tenrs qui, par état, ne sont point à môme de consulter et juger ceux d’où M. de Vattel a tiré le sien. Sans y avoir dit du nouveau , on ne saurait lui contester le mérite d’avoir mis à la portée d’un beaucoup plus grand nombre de lecteurs les travaux des grands hommes qui ont ouvert cette importante carrière. Je n’en dirai rien de plus, par la raison que, depuis qu’il a paru, les journaux et le public lui ont sufflsamment rendu justice.
Je ne connais que deux éditions de ce livre, l’une imprimée à Leyde, en 1758, l’autre publiée à Neufchàtel, en 1773, en 2 volumes in-4°. L’édition de Neufchàtel a été faite après la mort de l’auteur, sur un exemplaire où il avait mis quelques additions en marge. Mais de toutes ces augmentations, il parait qu’aucune n’a rien changé au texte, lequel j’ai trouvé tout à fait conforme à celui de Leyde; avec cette seule différence, que l’impression de Leyde est correcte, et que celle de Neufchàtel est cruellement maltraitée par la négligence de l’imprimeur. On est tenté, en lisant, de croire que celui-ci a voulu épargner les frais de la correction, et qu’il a mis ses formes sous presse à mesure que ses ouvriers se hâtaient de les composer. Jetez les yeux au bas de cette page, et vous en verrez des exemples, qui vous feront juger, comme moi, qu’une telle édition devrait être abandonnée à l'épicier comme vraie maculature *.
(*) Dans l'édition de Neufchàtel, page u de la Vie, on a mis madame pour monsieur de Vattel.
Dans la préface, page xvm, vous y verrez comme M. Wolff a raison, au lieu de comme M. Wolff a raisonné.
T. 1, p. ‘230. On a mis prendre pour perdre.
P. 237. L'empire et le domaine ne sont pas inséparables de la nature. Il fallait de leur nature.
P. 2üü. Hondin. C’est Bodin.
V. 282. Le droit de ne pas souffrir l'injustice est parfait, c'est-à-
A MONSIEUR
A cela près, tout ce qn’il y a de [dus dans l’édition de Neufchâtel que dans celle de Leyde, se réduit à un petit «ombre de notes que M. de Vattel avait écrites à la marge de son exemplaire. J’ai donc commencé par relire cette édition de Neufchâtel la plume à la main, et par rétablir l’intégrité du texte avec le secours de l’édition de Leyde.
Elles ont passé sous vos yeux, monsieur, ces remarques; vous les avez presque toutes approuvées, et vous avez si bien caractérisé l’esprit dans lequel je les ai composées, que je ne saurais me refuser à la satisfaction de transcrire ici vos propres paroles : a J’ai lu, dites-vous, vos réflexions, avec toute l’attention possible, et je trouve qu’elles servent presque toutes à bien éclaircir le texte, ou (ce qui est à mon avis plus intéressant ) à donner au lecteur d’autres vues encore que celles de l’auteur, afin qu’il les comj>are, qu’il pense,
dire accompagné de celui de force pour le vouloir. Il fallait pour le faire valoir.
J*. 371. Il ne peut, pour il peut.
P. 415. Compris, pour compromis.
T. Il, p. 50. Après ces mots, Alexandre — fit présent aux Thessaliens de cent talents, on a omis ceux qui suivent, essentiels à l'exemple, que ceux-ci devaient aux Thébains.
P. KiO. Si son vainqueur n'a point quitté l'épée de conquérant pour prendre le sceptre d’un souverain équitablement soumis. Pour rendre cela intelligible, on a remis, d'après l'édition de Leyde, d’un souverain équitable et pacifique; ce peuple n'est pas véritablement soumis.
P. 283. Les Carthaginois avaient violé le droit des gens envers les ambassadeurs [de Rome : on amena à Scipion quelques ambassadeurs] de ce peuple perfide. Ce qui est enfermé entre des crochets, manque dans l’édition de Neufchâtel.
Enfin, toute la feuille signée de la lettre X, au Tome 1, p. 161 à 168, est imposée à rebours, au moins dans l'exemplaire que j’ai sous les yeux, et je ne serais point surpris qu'il en fât de même de tous les exemplaires de cette édition neufchâteloise.